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Interview

Gildas Bernard : « Navexpo sera le premier salon à flot professionnel organisé en France »

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La France va enfin disposer, l’an prochain, d’un grand salon maritime professionnel comportant une exposition à flot. Tourné vers l’international, en particulier vers l’Europe, le bassin méditerranéen et l’Afrique, Navexpo se déroulera du 10 au 12 mai 2016 au port de Lorient La Base, en Bretagne. Organisé par des professionnels pour des professionnels, ce salon offrira plusieurs milliers de mètres carrés de stands couverts, s’ouvrant sur les quais et pontons où seront disposés des dizaines de bateaux. Gildas Bernard, directeur de Navexpo, détaille sur Mer et Marine le concept de ce nouvel évènement et les objectifs poursuivis par les organisateurs.  

MER ET MARINE : Pourquoi organiser un tel évènement ?

GILDAS BERNARD : Navexpo sera le premier salon à flot professionnel organisé en France et l’un des très rares dans le monde. Nous sommes partis du constat que Seawork, qui a été créé à Southampton en 1998 et attire de nombreux acteurs internationaux, rencontre un très fort succès et ne cesse de grandir. Alors que l’industrie navale et maritime française est l’une des plus performantes d’Europe, il nous semblait qu’il y avait un vide dans l’Hexagone et que cela serait pertinent d’y organiser un salon à flot. Nous avons donc décidé d’importer l’idée de Seawork,  afin de proposer un évènement complémentaire aux autres types de salons et de répondre aux besoins des professionnels. Ceux-ci veulent du concret et un évènement où ils viennent avant tout faire du business.

Quels sont les atouts d’un salon à flot par rapport à un salon classique ?

Je prendrais l’image de l’automobile : quand on souhaite acheter une voiture, on préfère l’essayer. C’est l’idée pour Navexpo. En plus des échanges sur les stands d'affaires, les visiteurs pourront voir et toucher les bateaux, et même naviguer avec. C’est un avantage indéniable pour un vendeur comme  un acquéreur.

Au-delà de son aéroport et de ses liaisons ferroviaires, qui en facilitent l’accès, pourquoi avoir choisi Lorient ?

Lorient jouit d’une image maritime forte, où tous les secteurs sont représentés. C’est le premier port de pêche français en valeur, un pôle de construction et de réparation navales important dans les domaines civils et militaires, et on y trouve des activités très variées, allant du transport de passagers aux travaux maritimes, en passant par la servitude et la course au large. Le port de Lorient La Base dispose d’infrastructures permettant d’accueillir un grand évènement à la fois terrestre et à flot. Et le site a  démontré avec la Volvo Ocean Race qu’il était très adapté à l’organisation de grands rendez-vous. Géographiquement, nous avons par ailleurs l’avantage de nous situer dans une région maritime forte, la Bretagne, et près d’autres régions où la filière navale est importante, comme les Pays de la Loire, la Normandie ou encore le nord de la France. Sans oublier les pays à proximité, à l’image du Royaume-Uni, de l’Espagne et du Portugal.

Navexpo sera un salon exclusivement professionnel dont le but est, très concrètement, de favoriser les affaires ?

Oui, nous voulons être le bras armé commercial des entreprises navales et maritimes. Navexpo se positionne comme le nouveau salon d’affaires international du secteur. Cela, dans toutes ses composantes : conception, construction, réparation et exploitation.

Quelles activités visez-vous plus particulièrement ?

Nous axerons cette première édition sur les navires de travail, en couvrant les domaines de l’offshore pétrolier et gazier, des énergies marines, des sciences, de la servitude portuaire, des travaux maritimes, du transport  ou encore de la pêche. En matière de navires, nous parlons donc, par exemple, de crew boats, de vedettes à passagers, d’unités de soutien, de travaux et de dépollution, de pilotines, de remorqueurs, de canots de lamanage, de vedettes hydrographiques, de semi-rigides, de chalutiers, de fileyeurs… Et puis nous ferons la part belle aux équipementiers. Il y aura un vaste espace d’exposition couvert sur les quais, qui offrira la possibilité de présenter de nombreux produits.

Y-a-t-il une limite de taille pour les bateaux intéressant Navexpo ?

Non, il n’y aura pas de limite de taille, sauf pour la partie exposition à flot, où nous nous concentrerons sur des bateaux de moins de 40 mètres.

Quel intérêt pour les acteurs étrangers de venir à ce nouveau salon organisé en France ?

En fait, il n’y a actuellement que deux salons à flot dans le monde : Seawork et, depuis un an, une déclinaison à Shanghai. Or, la demande est très forte, ce qui conduit d’ailleurs Seawork à s’agrandir. Je rappelle en outre que ce salon britannique est surtout axé sur l’offshore et la servitude, et qu’il est en plus très focalisé sur le marché nord-européen. Tous les secteurs ne sont donc pas couverts et les pays d’Europe du sud sont très peu représentés.

Vous proposez donc un salon complémentaire pour couvrir un plus vaste panel d’activités et rayonner plus largement d’un point de vue géographique ?

Navexpo a en effet pour ambition d’être un rendez-vous international ciblant le marché européen, non seulement le Nord mais également le bassin méditerranéen, tout en s’adressant aussi aux pays africains, où le marché est important.

Qui viendra exposer à Navexpo ?

Nous voulons couvrir toute la filière : les chantiers, les architectes, les équipementiers ainsi que les acteurs de la réparation navale. L’objectif est aussi d’accueillir des armateurs afin qu’ils viennent exposer leurs navires et présenter leurs services. Il y a une vraie volonté de s’ouvrir aux opérateurs pour présenter leurs savoir-faire et compétences.

Et les visiteurs ?

Navexpo va permettre aux entreprises et aux clients potentiels de se rencontrer. Nous attendons des armateurs, des responsables d’achats, des entreprises privées ou des administrations, des autorités portuaires… Le salon va permettre une mise en relation pour faciliter le business et compléter les actions quotidiennes des entreprises en leur donnant accès à des visiteurs internationaux qualifiés.

On imagine que des rendez-vous d’affaire seront organisés ?

En effet. Il n’y aura pas de grandes conférences mais des présentations d’offres techniques devant un panel de visiteurs internationaux préalablement sélectionnés en fonction de leurs activités. Ces réunions en petit comité permettront de faire découvrir aux clients potentiels de nouveaux bateaux, des équipements, des services ou encore des innovations. Et l’un des arguments des entreprises pourrait être, ensuite, de prolonger la théorie par la pratique en proposant de faire visiter et tester les bateaux présents.

Quels types de sorties en mer pourraient être organisées ?

Enormément de choses en fonction des besoins et des demandes des exposants et des clients. On peut imaginer de tester le bollard pull d’un remorqueur, effectuer des sondages avec une vedette hydrographiques, mesurer les qualités nautiques d’une carène ou les performances d’une propulsion…

La création de Navexpo intervient au moment où l’on voit les entreprises françaises, notamment les PME et PMI, chercher à développer leur activité à l’export. Pour ces sociétés, le salon peut-il constituer un tremplin, ne serait-ce qu’en leur offrant l’opportunité de présenter leurs produits et services à des prospects internationaux ?

Très clairement. Les entreprises françaises ne peuvent plus, aujourd’hui, se contenter du marché national. Elles doivent impérativement se développer à l’export et le salon doit leur offrir une chance supplémentaire de se faire connaître auprès de décideurs internationaux. Mais Navexpo présentera également un intérêt pour les sociétés étrangères, y compris nord-européennes, qui cherchent à vendre leurs produits en Europe du sud et en Afrique. Sans oublier les chantiers étrangers qui sont en quête de nouveaux fournisseurs et pourront en trouver à Navexpo. 

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Interview réalisée par Vincent Groizeleau © Mer et Marine, septembre 2015

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