Construction Navale

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Gléhen : Des investissements pour des commandes diversifiés

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Encore un chalutier achevé par le chantier finistérien Gléhen ! Un an à peine après le Caraïbes 2, c’est au tour du Corail, troisième sistership d’une série de quatre bateaux de 14.9 mètres dessinés par Coprexma, d’être livré par l’entreprise familiale. Un quatrième (Oasis II) a d’ores et déjà été commandé par le même armateur, Julien Le Brun. La construction va bientôt débuter. Une nouvelle addition dans un carnet de commandes bien rempli, avec notamment un autre chalutier de 25 mètres pour l’Armement Bigouden livrable en 2019, que diversifié.

 

Le Bara Breizh, chalutier de 25 mètres, livré en 2017 à l'Armement Bigouden (© LE TELEGRAMME)

 

Ainsi, à côté de la pêche qui reste un marché toujours prometteur, Gléhen, installé à Douarnenez et au Guilvinec, continue de remporter des marchés publics. Ces dernières années, le chantier a ainsi livré deux bâtiments pour la Marine nationale : la Caouanne, engin remonte-filets pour la Guyane en 2015 et le Jules, embarcation d’instruction à l’hélitreuillage achevée en 2016.

Des pousseurs pour la Marine nationale et une vedette à passagers

Fin 2017, Gléhen s’est vu notifier un marché pour la construction de 7 pousseurs de 10 mètres pour la Marine nationale. Conçus par Bureau Mauric, les PC 6 auront pour mission de participer aux manœuvres portuaires, en particulier l'assistance aux bâtiments de surface de la marine française dans les bases et rades. Offrant une capacité à pousser de 6 tonnes et une capacité de traction de 2 tonnes, ils remplaceront le vieux pousseur de 4 tonnes basé à Dégrad-des-Cannes, en Guyane, tout en renforçant la flotte de pousseurs en service à Brest, Cherbourg et Toulon. Destiné à la Guyane, le premier PC 6 devrait être mis en chantier à la fin de l'été en vue d'une livraison au premier semestre 2019. Les autres suivront en 2020 et 2021.

 

Futur pousseur du type PC 6 (© BUREAU MAURIC)

 

Gléhen est également en train de construire une vedette à passagers de 24 mètres destinée aux Vedettes de l’Odet. La superstructure, construite dans les ateliers d’Acco en Loire-Atlantique, est arrivée en avril dernier à Douarnenez. Le bateau, qui pourra accueillir 200 passagers et sera exploité vers les Glénans, est actuellement en cours d’assemblage. Son achevement est prévu à l'été. 

 

La superstructure de la future Vedette de l'Odet (© LE TELEGRAMME)

 

Le constructeur breton poursuit donc sa stratégie multi-secteurs. « Nous nous positionnons sur tous les types de navires, pêche, passagers, servitude, Marine nationale, que ce soit en acier ou en alu », explique Pierre-Yves Gléhen, qui se dit « confiant » pour l’avenir mais fait montre d'une sage prudence. « Pour le moment le marché est porteur mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers ». Le chantier travaille par conséquent avec ses architectes partenaires pour améliorer à chaque fois les bateaux qu’il produit, en particulier dans le domaine des économies d’énergie, du confort pour les marins ou de l'efficacité des outils de travail, comme la chaîne de traitement du poisson et la qualité du produit pour la pêche . « Nous nous appuyons sur des bureaux d'études extérieurs, comme Coprexma, mais nous sommes aussi moteurs dans la conception grâce à nos ressources internes et notre expérience ». 

Nouvelle nef au Guilvinec et réhaussement d'un hall à Douarnenez

Ce joli carnet de commande a incité le constructeur breton à accroitre ses capacités de production en achetant des nouvelles surfaces et en agrandissant les infrastructures existantes. Ainsi, début septembre, Gléhen a fait l'acquisition, au Guilvinec, d'une nef avec accès direct à la mer. Dédié à la construction de navires de moins de 20 mètres, ce nouvel outil va notamment servir à la construction de l'Oasis II, dont les trois aînés ont vu le jour à Douarnenez. Il faut dire que ce site va connaître d'importants travaux visant à réhausser le hall 2 pour offrir une capacité sous crochet de 7 à 13 mètres. Ces travaux, prévus pour être lancés cet été et durer environ trois mois, vont permettre à Douarnenez d’accueillir sous abri des unités jusqu’à 38 mètres pour finition et assemblage. 

 

Les nefs de Douarnenez (DROITS RESERVES)

 

« Le rehaussement de la nef est très important pour nous car il va nous permettre de mieux finir les gros bateaux, en particulier lors des phases de mise en peinture pour lesquelles nous sommes obligés de composer avec la météo. Nous n’aurons donc plus ce problème puisque nous pourrons tout faire à l’intérieur et comptons gagner en qualité ». L'entreprise, qui emploie en tout une cinquantaine de personnes, en profite pour améliorer les conditions de travail avec notamment une nouvelle ergonomie et la réfection des vestiaires réservés au personnel. 

Un vieux slipway qu'il va falloir moderniser

Côté infrastructures toujours, mais cela ne dépend pas directement du chantier, l'un des grands sujets du moment est à Douarnenez celui du slipway, engin de levage de 420 tonnes. Cet outil crucial du port de pêche, qui sert à la mise à l'eau des bateaux neufs mais aussi à sortir tous ceux devant passer en réparation, en carénage ou en refonte, est considéré comme obsolète par les professionnels. Ceux-ci souhaitent que la région Bretagne, la CCI et à la société d'économie mixte peche/plaisance s'emparent du dossier. « Nous demandons à ce que ce moyen soit rénové. C'est essentiel car c'est le slipway qui permet de maintenir nos activités ». Le sujet est notamment porté au sein de la nouvelle Interprofession Portuaire Ouest Cornouaille (IPOC), créée en 2017 et qui regroupe 32 entreprises. 

 

Chalutier, ici le Kronos livré en 2017, sur le slipway de Douarnenez (© CHANTIER NAVAL GLEHEN)

Gléhen Chantiers Navals 2018