Marine Marchande
Le voilier cargo Grain de Sail mis à l'eau

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Le voilier cargo Grain de Sail mis à l'eau

Marine Marchande

Grain de Sail s’apprête à franchir le pas du transport à la voile. L’entreprise morlaisienne qui commercialise cafés et chocolats devrait très prochainement disposer de son cargo à voiles.

Grain de Sail (il portera le nom de l’entreprise) a été mis à l’eau début août par les chantiers Alumarine de Couëron, près de Nantes. Dans la foulée, cette goélette en aluminium de 22.9 mètres de long pour 6 de large a été équipée, à Frossay, aux Portes de l’Atlantique, de sa quille avec son impressionnant bulbe de 13 tonnes, avant d’être maté au Pellerin.

 

Mise à l'eau chez Alumarine (© DR)

Mise à l'eau chez Alumarine (© DR)

Mise à l'eau chez Alumarine (© GRAIN DE SAIL)

Mise à l'eau chez Alumarine (© GRAIN DE SAIL)

Quille posée à Frossay (© GRAIN DE SAIL)

Quille posée à Frossay (© GRAIN DE SAIL)

 

Ce tour ligérien terminé, le navire va être remorqué cette semaine vers Lorient, où « on va le terminer totalement, notamment en achevant les finitions », indique à Mer et Marine Jacques Barreau, directeur général de Grain de Sail. Il devrait aussi y subir son expérience de stabilité et recevoir sa visite de mise en service. « On essaie de tout grouper là-bas pour qu’en quittant Lorient on ait un navire qui soit tamponné et prêt à naviguer ». Le fait que ce bateau soit un navire de charge entraine son homologation dans la division 222, avec des contraintes bien supérieures à celles de la plaisance. Autorisé à naviguer, il pourra réaliser sa toute première navigation à la voile vers Saint-Malo, port d’attache préféré à Morlaix en raison de l’imposant tirant d’eau du voilier (4.5 mètres en charge).

 

Le navire au Pellerin (© GRAIN DE SAIL)

Le navire au Pellerin (© GRAIN DE SAIL)

Le navire au Pellerin (© DR)

Le navire au Pellerin (© DR)

Le navire au Pellerin (© DR)

Le navire au Pellerin (© DR)

 

Grain de Sail espère que la goélette pourra faire son entrée dans le port malouin autour du 18 ou du 19 septembre. Le temps presse, car le nouvel armateur compte toujours enchaîner par une première transatlantique cet automne. Le navire sera chargé en vin bio pour New-York où il passera une semaine pour faire connaître le projet, avant de rallier la République Dominicaine pour récupérer une cargaison de cacao destinée à la France.

Un premier test avant de mettre en place deux boucles transatlantiques de trois mois chacune à l’automne et au printemps. Cette fois, « il n’y aura peut-être pas de café sur la première importation, mais ça va évoluer au fil des voyages. On a déjà besoin d’appréhender et de vérifier le comportement du navire sur cette première transat. Nous allons voir comment tout se passe et roder l’équipage et les procédures ». Quatre marins professionnels (un capitaine, son second, un chef de quart et un matelot) manœuvreront Grain de Sail. Maintenant, « il ne faut pas qu’on traîne », dit Jacques Barreau, en raison des conditions météorologiques qui vont se dégrader dans l’Atlantique nord. « Il ne faut pas qu’on arrive trop tard sur New York, en décembre ou en janvier, où les conditions peuvent être extrêmement dures. Il ne faut pas partir trop tard et la fenêtre n’est pas si grande ».

 

(© DR)

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L’origine du projet remonte à 2013, lorsque la jeune société bretonne cherche à vendre du café et du chocolat bio dont les matières premières seraient transportées par des voiliers. Elle souhaite ainsi la création d’une ligne maritime transatlantique écologique pour l’acheminement de produits de base qui puissent ensuite être transformés en Europe. Le café et le cacao sont achetés à des petits producteurs sud-américains avant d’être ramenés en France. Ce commerce équitable et bio suscite un grand engouement auprès des consommateurs en quête de qualité et d’éthique. Après avoir créé un atelier de torréfaction en 2013, une chocolaterie en 2015 et consolidé le modèle économique, Grain de Sail a donc pu financer la construction de son premier voilier-cargo. En plus de Jacques Barreau, son frère Olivier est également là depuis les débuts du projet. Il y avait également François Liron, ce dernier ayant maintenant quitté l'aventure. A terme, Grain de Sail veut arriver à décarbonner le transport de ses marchandises en mer, et contribuer plus globalement à promouvoir des solutions plus vertueuses sur le plan environnemental.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Alumarine Shipyard | Actualité du chantier de Couëron spécialisé dans l'aluminium