Construction Navale
Grain de Sail : la construction du voilier-cargo avance chez Alumarine

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Grain de Sail : la construction du voilier-cargo avance chez Alumarine

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Marine Marchande

Après la signature de sa commande, le 25 octobre dernier, la construction du premier voilier-cargo de la société bretonne Grain de Sail a débuté mi-février au chantier Alumarine de Couëron, près de Nantes. Au fil des semaines, le bateau commence à prendre forme. Si tout se passe comme prévu, il devrait être mis à l’eau en fin d’année et commencer ses premières navigations commerciales entre Morlaix et les Amériques à partir de mars 2020.

 

 

Le bateau est dénommé VOTAAN72 pour Voilier Océanique de Transport trAns Atlantique iNnovant de 72 pieds. Il prendra la forme d’une goélette à deux mâts. Les études ont été menées par les architectes navals Clément David et Sébastien Sibiril. Alumarine a lui apporté son expertise dans le domaine de l’aluminium, matériau dans lequel la coque est construite. À l’origine, les porteurs du projet tablaient sur un navire de taille importante. Mais, dans un souci de rationalisation économique et technique, ils ont préféré se positionner sur une unité plus petite avant de peut-être lancer d’autres programmes plus ambitieux dans le futur. Le bateau mesurera 22.9 mètres de long pour 6 mètres de large et sera à même de transporter 35 tonnes de marchandises. Le VOTAAN72 se différencie des bateaux de plaisance par son homologation comme navire de charge, dans la division 222. Une norme, qui bien que rajoutant de la complexité, permet d’avoir un bateau sûr et endurant pour le transport de marchandises. Le Bureau Veritas a aussi certifié l’architecture en aluminium (NR600).   

 

Vue de synthèse du voilier (© DR)

Vue de synthèse du voilier (© DR)

Vue du dessus de l'architecture du VOTAAN72 (© DR)

Vue du dessus de l'architecture du VOTAAN72 (© DR)

 

L’équipage se composera de quatre marins dont un capitaine et un second-capitaine, tous les deux détenteurs du brevet Capitaine 3000, ainsi que d'un chef de quart et un matelot. Ils seront embauchés directement par Grain de Sail qui deviendra de fait un armateur. La goélette pourra par ailleurs embarquer deux passagers supplémentaires.

Les rotations consisteront chaque année en deux boucles transatlantiques de trois mois chacune. Le bateau emportera au départ de Morlaix du vin bio français. Celui-ci sera déchargé à New York. Cap ensuite sur les Caraïbes et l’Amérique du Sud, d’où le voilier ramènera en Bretagne des graines de café et de cacao, ainsi que des épices récupérées en passant aux Açores.

 

Le projet de ligne transatlantique (© DR)

Le projet de ligne transatlantique (© DR)

 

L’origine du projet remonte à 2013, lorsque la petite société Grain de Sail, basée à Morlaix, cherche à vendre du café et du chocolat bio dont les matières premières seraient transportées par bateau à voile. Elle souhaite ainsi la création d’une ligne maritime transatlantique écologique pour l’acheminement de produits de base qui puissent ensuite être transformés en Europe. Le café et le cacao sont achetés à des petits producteurs sud-américains avant d’être ramenés en France. Ce commerce équitable et bio suscite un grand engouement auprès des consommateurs en quête de qualité et d’éthique. Après avoir créé un atelier de torréfaction en 2013, une chocolaterie en 2015 et consolidé le modèle économique, Grain de Sail a donc pu financer la construction de son voilier-cargo. Avec comme but ultime est d’arriver à décarbonner le transport de ses marchandises en mer.

Le projet a été monté dès le début par François Liron et les deux frères Jacques et Olivier Barreau. C’est autant le goût de l’aventure que la recherche d’un modèle économique nouveau et éthique qui ont motivé les trois hommes. Ils ne partent pas de rien, car ils connaissent le milieu maritime. « Je pense qu’il valait mieux venir de ce milieu de marin et ensuite devenir torréfacteur que l’inverse. On sait déjà vers quoi on va aller, on ne découvre pas le transport maritime du jour au lendemain alors que c’est notre objectif final  », indiquait en octobre dernier Jacques Barreau. Il a travaillé, tout comme son frère Olivier, dans différents domaines, dont l’éolien offshore. De son côté, François Liron a été actif pendant dix ans dans la mise au point de voiliers divers et s’est distingué dans la course en remportant deux fois le Tour de France à la Voile.

- Voir notre article détaillé sur l'aventure de Grain de Sail

 

Alumarine Shipyard