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Grain de Soleil : les familles créent un fonds pour la sécurité en mer

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Grain de Soleil : les familles créent un fonds pour la sécurité en mer

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Suite à la disparition, en avril, du Grain de soleil au large des Açores, un fonds de dotation vient d'être créé par les familles des victimes et les acteurs des recherches. Son but : aider à la sécurité en mer des navires qui traversent l'Atlantique.


« Si au bout de tout ça, on arrive à sauver une seule vie, on aura gagné ». Tel est le credo qui anime aujourd'hui les membres du collectif Grain de soleil, plus de six mois après la disparition du voilier éponyme. Le 24 avril dernier, le navire déclenchait sa balise de détresse à quelque 500 milles nautiques des Açores, zone balayée par une énorme dépression. Les recherches officielles ne donnant pas de résultat, un collectif prend rapidement le relais des autorités. Deux voiliers sont notamment affrétés pour quadriller la zone, des dizaines de navires se déroutent pour participer à l'effort de recherche. En vain.

 

« Aberrations »

 

Aujourd'hui, les familles des trois disparus, Guillaume Moussette, Etienne Esteulle et Franck Cousin, ainsi que quelques-uns des acteurs de ce déploiement (la navigatrice Anne Quéméré en tête), ont décidé de reprendre le combat, sous une autre forme. L'idée : créer un fonds de dotation pour améliorer et mieux diffuser l'équipement de sécurité des navires lancés dans une transatlantique. Et ainsi donner, en cas de fortune de mer, toutes les chances aux marins de pouvoir être sauvés. Le tout nourri de leur propre expérience et des « aberrations » qu'ils ont pu constater. Un exemple : quand il s'est agi de lancer leurs propres moyens de recherches, les membres du PC crise ont exploité des simulations de dérive du navire, fournies par Météo France. Problème : « Les calculs sont basés sur la dérive de containers. Il n'existe rien pour les hommes, les radeaux ou navires, dont le modèle de dérive est totalement différent et peut les amener à un point opposé à celle d'un container ! », s'étonne Eric Moussette, président du fonds.

 

Tests grandeur nature

 

Autre écueil, la visibilité sur zone. Quand la mer est formée, un navire ne distingue pas grand-chose à l'horizon. Même problème pour les Atlantique 2 de la Marine, à bord desquels il peut être difficile de différencier la crête d'une vague et un bateau. Une solution existe pour faciliter ce repérage: un modèle de cerf-volant, tout simplement. « Des prototypes ont été développés. Anne Quéméré avait d'ailleurs pu être repérée grâce à l'un d'eux sur une de ses traversées de l'Atlantique. On a pris contact avec une société qui pourrait développer un modèle, qu'on se chargerait de tester ». Car l'objectif est de passer rapidement à la pratique, avec le concours d'entreprises du secteur. « L'idée est de tester, dès le mois d'avril ou de mai, le matériel en conditions réelles. Faire des essais de dérive avec un radeau de survie et des mannequins, tester le cerf-volant, un téléphone satellitaire avec des touches pré-affectées pour les messages de détresse, des balises offrant une géolocalisation la plus rapide et la précise possible », liste Eric Moussette.

 

Location mode Velib'

 

Le Fonds espère obtenir le concours des autorités pour cette phase de validation. Dans la foulée, il se chargera de diffuser ce matériel. « Un téléphone satellitaire et une balise efficace, c'est 2.000 €. Or les équipages ont du mal à boucler leur budget et coupent souvent sur ces équipements ». L'idée : réaliser des « kits » de survie, avec le matériel validé en mer, et le mettre en location. « On veut que l'argent ne soit pas un frein à la sécurité. On louerait les kits, 30 € max, dans les capitaineries d'où partent les transatlantiques : en Bretagne, à la Corogne, les Açores et aux Antilles. Sur un principe identique à celui du Velib': on dépose le kit à la capitainerie d'arrivée. Et au départ, chaque équipage remplit une fiche avec leurs noms, les contacts en cas de problème, la couleur des voiles et de la coque pour faciliter les recherches, etc. ». Reste la question des moyens. Le Fonds fait appel aux particuliers et entreprises, en rappelant que son ambition est « tout sauf mercantile ». On l'avait compris.

 

Contact : fondsgraindesoleil.com

 

Un article de Pierre Chapin, de la rédaction du Télégramme

 

Sécurité maritime