Marine Marchande

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Grande America : point de situation mardi soir

Marine Marchande

Suite au naufrage du porte-conteneurs roulier italien Grande America, les conditions météorologiques sur la zone des opérations, nettement meilleures que les jours précédents, ont permis mardi 19 mars la mise en oeuvre d’un dispositif complet de lutte antipollution.

Voici le point de situation communiqué par la préfecture maritime de l’Atlantique dans la soirée :

Les opérations ont été menées de manière simultanée :

- à la verticale de l’épave, où une irisation de surface parsemée d’amas de fioul lourd est toujours visible. Les remorqueurs espagnols Alonso de Chaves et Maria de Maetzu, et le VN Partisan associé au remorqueur TSM Kermor ont travaillé en continu ;

- sur la pollution initiale émise par le Grande America à la date de son naufrage, qui a dérivé et est constituée d’amas de fioul lourd disséminés en surface, avec l’engagement des BSAA* Argonaute et VN Sapeur, du BSAM* Rhône et du Ria de Vigo.

Des barrages hauturiers ont été déployés, avec la technique du chalutage en boeuf pour confiner (concentrer) le polluant et le pomper ensuite à bord des navires de lutte anti-pollution.


L’amélioration de l’état de la mer sur zone a permis de réaliser une meilleure observation aérienne de la pollution. Plusieurs vols de surveillance maritime ont eu lieu aujourd’hui par les aéronefs de la Marine nationale (Falcon 50, Atlantique 2, hélicoptères Caïman et Dauphin) et un aéronef de la compagnie Finist’air, affrété par l’armateur.

Les vols réalisés ont permis la relocalisation de cinq conteneurs et deux radeaux pneumatiques. Ces positions ont été transmises à l’armateur qui planifie, en lien avec la préfecture maritime de l’Atlantique, leur récupération.

A la verticale de l’épave (zone A de la carte), une irisation de surface parsemée d’amas de fioul lourd est visible. La pollution initiale émise par le Grande America à la date de son naufrage a dérivé (zone B de la carte). Elle est constituée de petits amas de fioul disséminés qui produisent beaucoup d’irisation en surface. Ces amas ont une dimension moyenne comprise entre 50 et 100 cm.

A ce stade, compte-tenu des conditions environnementales (météorologique et océanographique) au centre du golfe de Gascogne, de la distance à la côte et des résultats des modèles fournis par le comité de dérive, une arrivée sur le littoral français d’amas de fioul lourd semble très peu probable avant 10 jours.

Des prélèvements d’échantillon en mer ont été réalisés ce matin par l’Argonaute sur le front avant de la pollution. Ils ont été transférés aujourd’hui pour analyses au Cèdre* et au LASEM*, par l’hélicoptère Caïman de la Marine nationale.

De plus, le navire Maxiplon (société Atlantique Scaphandre) affrété par l’armateur, a procédé à la récupération puis au remorquage vers Port-Joinville (île d’Yeu) de l’un des deux canots de survie du Grande America.

Le remorqueur Union Lynx, également affrété par l’armateur, a procédé au remorquage d’un containeur de matière non dangereuse vers le port de La Rochelle, où il est arrivé ce midi.

Les avis urgents aux navigateurs émis par la préfecture maritime de l’Atlantique sont consultables sur son site internet.

 

 

Conditions météorologiques sur zone :

Vent de secteur Nord Nord-Est 05/10 noeuds

Mer agitée, avec des creux de 1.5 à 2 mètres par houle de Nord-Ouest.

Glossaire :

CEPPOL : Centre d’Expertises Pratiques de Lutte Antipollution

EMSA : Agence Européenne pour la Sécurité Maritime

BSAA : Bâtiment d’Assistance et de Soutien Affrété

BSAM : Bâtiment de Soutien et d’Assistance Métropolitain

SASEMAR : agence gouvernementale espagnole en charge de la sauvegarde maritime

LASEM : Laboratoire d’Analyses, de Surveillance et d’expertise de la Marine

CEDRE : Centre de documentation, de recherche et d’expérimentation contre les pollutions

BISCAYE Plan* : le Biscaye plan est un plan d’intervention en cas de sinistre en Atlantique dont l’activation repose sur un accord franco-espagnol. Signé 1999, il prévoit le partage des eaux du golfe de Gascogne en deux parties. Toute intervention se déroulant au sud de la ligne de partage est sous l'autorité espagnole, la zone nord restant sous contrôle français. Dans tous les cas, l'ensemble des moyens de sauvetage français et espagnols seront à la disposition du pays chargé de l'opération.

Comité de dérive : le comité de dérive est constitué d’experts dans les domaines de la météorologie, de l’océanographie, du comportement des produits pétroliers et de lutte contre la pollution maritime.

CleanSeaNet : depuis Avril 2007, l’agence européenne pour la sécurité maritime a mis en place le dispositif CleanSeaNet, qui permet grâce à des images satellites de prévenir très rapidement un État membre que des rejets polluants illégaux ou accidentels ont lieu près de ses côtes.