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Grands Ports Maritimes : Première réunion d'un Conseil de surveillance à Nantes

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Grands Ports Maritimes : Première réunion d'un Conseil de surveillance à Nantes

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La réforme des anciens ports autonomes entre dans sa phase concrète. Hier, s'est déroulée la première réunion du Conseil de surveillance du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire. Représentée ces dernières années par une figure très médiatique du monde maritime, l'avocat Michel Quimbert (président du Conseil d'administration du défunt port autonome), la place ligérienne change de visage. Pierre Guénant, président du groupe PGA (10.000 collaborateurs) et de Ouest Atlantique, agence de promotion économique des Pays-de-la-Loire, a été élu au poste de président du Conseil de surveillance de GPM-NSN. Fort de 17 membres (*), le Conseil de surveillance, comme dans les six autres Grands Ports Maritimes, sera en charge d'élaborer le plan stratégique du port et de valider les choix financiers et les grandes décisions du Directoire. Ce dernier, composé de trois membres, aura à sa tête François Marendet (qui sera nommé par décret après avis du Conseil de surveillance), jusqu'ici directeur du port autonome de Nantes Saint-Nazaire. Les deux autres membres du directoire, dont le nom n'est pas encore connu, seront en charge des finances et des ressources humaines. Voulue comme plus opérationnelle et réactive afin de permettre aux ports français de faire face à la concurrence de leurs homologues européens, cette nouvelle gouvernance s'appuiera également sur un Conseil de développement, qui sera réuni une première fois par le préfet à la fin du mois. Composé de 30 membres et chargé de donner des avis, cet organe réunira des représentants des milieux professionnels, sociaux et associatifs, ainsi que des collectivités territoriales et leurs groupements, pour préparer les débats et les décisions du Conseil de surveillance. « L'intérêt de ce changement de gouvernance est de disposer d'une plus grande réactivité pour s'adapter à l'évolution du contexte économique. On passe d'une logique où le port était gestionnaire d'une zone à une logique où le port est un acteur dont le champ d'action dépasse ses frontières naturelles. Ainsi, nous pourrons, par exemple, prendre des participations dans d'autres ports ou investir dans le ferroviaire », explique François Marendet.

Le processus de « détachement » des personnels de manutention en cours

Autre grand volet de la réforme, qui avait d'ailleurs provoqué des mouvements de grève très durs au printemps, le transfert des personnels de manutention au secteur privé se précise. Au port, on préfère néanmoins employer le terme de « détachement », pour qualifier ce processus, qui débutera prochainement sur une phase de négociation. Dans le même temps, les réflexions se poursuivent pour déterminer les espaces dont la gestion sera confiée à des opérateurs extérieurs. Mais la période ne sera peut être pas propice à un tel transfert de responsabilité, les investisseurs privés faisant preuve avec la crise de la plus grande prudence dans leurs investissements. Si, pour certains secteurs, l'opération s'annonce délicate, la question du terminal de Montoir semble plus simple. Affichant une belle progression du trafic et disposant d'un incontestable potentiel, le terminal conteneurs de Montoir, l'un des plus productifs des ports français, ne devrait pas avoir trop de mal à trouver preneur.

Pleins feux sur le conteneur

Bien que leur seul actionnaire reste l'Etat, les GMP doivent, pour Pierre Guénant, se comporter comme de véritables entreprises. « Ce n'est pas la fonction publique. Nous devons nous battre contre des concurrents, dans un monde concurrentiel ». Pour appuyer cette nouvelle organisation, les pouvoirs publics vont, comme prévu dans le plan de relance accompagnant la réforme, augmenter l'enveloppe dédiée aux investissements. Ainsi, en 2009, le GPM-NSN pourra investir 53 millions d'euros, du jamais vu jusqu'ici (42 millions en 2008, dont 36 réalisés). Ces budgets seront notamment alloués au développement de l'activité conteneurisée, sur laquelle le port ligérien fonde de grands espoirs.
Avec 1.67 millions de tonnes manutentionnées (+2.1%), soit 150.000 EVP (Equivalent Vingt Pieds, taille standard du conteneur), Nantes Saint-Nazaire a bien terminé l'année, malgré les soubresauts de la crise économique. Si la place n'ambitionne évidemment pas de se mesurer aux « géants de la boite », comme Rotterdam (10.8 millions d'EVP en 2008) ou même Le Havre (2.6 millions d'EVP et 26.4 millions de tonnes en 2007), elle veut devenir, en matière de logistique conteneurisée, le leader européen de la façade atlantique (Le port concentre déjà de 68% du trafic conteneurisé sur le littoral atlantique français). Pour cela, les infrastructures portuaires font l'objet de développements, qu'il s'agisse des zones logistiques ou des quais. La modification du terminal de Montoir, dont le quai, non rectiligne, empêche la venue de navires de grosse taille, est en projet. Mais, pour les dirigeants du GPM-NSN, la croissance de cette activité passera aussi, et peut être surtout, par le développement des réseaux terrestres, à commencer par les liaisons ferroviaires. En parallèle d'une future « autoroute ferroviaire atlantique », des projets sont notamment à l'étude pour relier l'estuaire de la Loire à la Bourgogne, la région Lyonnaise, puis vers l'Est de l'Europe. « A long terme il y aura des chantiers à mener mais, sur le court terme, les infrastructures existent déjà. Ce qui manque aujourd'hui, c'est l'approfondissement des services », note François Marendet.
Pour mémoire, le trafic conteneurisé représente actuellement moins de 10% du trafic extérieur du port (33.6 millions de tonnes en 2008). Première activité du port, les trafics énergétiques (pétrole brut, produits raffinés, gaz naturel liquéfié, charbon), représentent à eux seuls 22.7 millions de tonnes.
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(*) Le Conseil de surveillance comprend 5 représentants de l'Etat, dont le préfet ; 4 représentants des collectivités territoriales (Région, département, communautés urbaine et d'agglomération de Nantes et Saint-Nazaire), 3 représentants du personnel, et 5 « personnalités qualifiées » nommées par le préfet.

Port de Nantes Saint-Nazaire