Construction Navale
Grandweld : Un chantier bien ancré sur le marché du Moyen-Orient

Reportage

Grandweld : Un chantier bien ancré sur le marché du Moyen-Orient

Construction Navale

Dubaï Maritime City : à quelques encâblures des buildings et hôtels de luxe, le complexe portuaire, appartenant au groupe Dubaï World, abrite un important pôle de reparation et de construction navale. Le chantier Grandweld en est un des acteurs principaux. Créé en 1984, il a commencé par une activité de réparation navale, puis s’est tourné vers la construction une quinzaine d’années plus tard, porté par le marché local, principalement offshore.

Construire jusqu’à 30 navires en même temps

« Nous avons commencé avec une trentaine d’employés, nous sommes 1600 aujourd’hui », souligne Jamal Abki, directeur général du site. Un premier hangar de construction en 1999, des navires en aluminium et en acier puis, en 2012, les nouvelles installations de Dubaï Maritime City (DMC). Et là, en plein boom offshore, le chantier prend une nouvelle dimension : 30.000 m2, dont 13.500 couverts, qui permettent de construire 30 bateaux en même temps. « Aujourd’hui, nous sommes capables de mener un projet de construction de A à Z, du design à la mise en service et au service après-vente. Nous effectuons 80 à 90% de la construction des navires sous la nef et nous les armons à quai. Se trouver dans l’enceinte de DMC facilite grandement notre logistique », poursuit le directeur.

 

Le hangar de construction de DMC (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le hangar de construction de DMC (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Une clientèle principalement régionale

Sur le quai d’armement, il y a les deux navires de travaux et de support de plongée commandés par ADNOC (Abu Dhabi National Oil Company) : 50 mètres de long, une puissance de traction de 65 tonnes et une grue de 35 tonnes. Le Tawam 1 vient tout juste d’être livré, le Remah 1 devrait l’être dans les semaines à venir. « La majorité de nos clients travaillent au Moyen-Orient, même si nous avons des bateaux qui opèrent dans le monde entier, comme la série de navires de support sismique que nous avons livrés à Bourbon. Nous développons donc plutôt une gamme de design de navires adaptés aux contraintes de notre région, notamment ses petits fonds ».

 

Le navire de support sismique Bourbon Gannet (MICHEL FLOCH)

Le navire de support sismique Bourbon Gannet (MICHEL FLOCH)

 

Des bateaux de travail pour le portuaire et l’offshore

Remorqueurs, navires de servitude portuaire ou de travaux, crew boats ou unités de ravitaillement offshore : le département design de Grandweld, qui compte 40 employés, développe des gammes originales, à la fois en acier et en alu. La stratégie de positionnement du chantier est bien définie : « nous proposons des constructions de qualité européenne à un coût pouvant rivaliser avec les chantiers asiatiques ».

« Notre segment principal de marché se situe dans des unités moyennes, de 38 à 60 mètres, des remorqueurs avec une capacité de traction comprise entre 45 et 70 tonnes ». En 2015, Grandweld a construit 18 bateaux, « ce sera évidemment moins en 2016, la crise de l’offshore n’épargne pas la région. Mais, rien qu’entre juillet et septembre, nous avons enregistré sept commandes et nous en attendons deux supplémentaires ». 

 

Le Tawam 1 récemment livré (GRANDWELD)

Le Tawam 1 récemment livré (GRANDWELD)

Le FSIV Axelle, un des quinze navires construits pour Bourbon (GRANDWELD)

Le FSIV Axelle, un des quinze navires construits pour Bourbon (GRANDWELD)

 

Beaucoup de chantiers de conversion

En cette période de fort ralentissement du marché offshore, le chantier a également effectué de nombreuses conversions de bateaux de servitude, « les armateurs sont beaucoup plus précautionneux quant aux investissements dans des bateaux neufs. Alors ils viennent nous voir pour rajouter des grues, des systèmes Fi/Fi ou passer de DP1 en DP2 sur leurs navires en flotte ».

En attendant la reprise du marché, Grandweld continue à travailler sur des designs et prospecte le reste du secteur maritime, « nous nous intéressons à toutes les activités en mer, et notamment l’éolien offshore ».

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