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Greenpeace s'offre le Clemenceau et la base navale de Toulon

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Greenpeace s'offre le Clemenceau et la base navale de Toulon

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L’organisation écologiste a lancé hier une nouvelle opération commando. Après le bloquage d’un cargo russe transportant des produits nucléaires, au Havre, le 1er décembre, les activistes s’en sont pris cette fois au Clemenceau. Un groupe de militants a fait irruption hier matin dans la rade de Toulon sur des parapentes motorisés et des embarcations. Trois d’entre eux sont parvenus à prendre pieds sur l’ancien porte-avions de la Marine nationale. L’appontage annoncé d’un ULM s’est toutefois soldé par un échec et l’appareil est allé se poser sur une plage du Mourillon. Alors que les fusillers marins et les gendarmes maritimes interceptaient deux zodiacs et une vedette, quatre militants parvenaient quant à eux à monter sur la grue de déchargement située à proximité du navire pour y déployer des banderoles intitulées « porte-amiante, ni ici ni ailleurs ».

Impossible d’aller plus loin dans le désamiantage

Greenpeace proteste contre le démantèlement en Inde du Clemenceau, un projet de ferraillage qui a déjà fait l’objet d’une longue procédure judiciaire, toujours inachevée. « L’Etat français viole la convention de Bâle, qui stipule qu’il est interdit d’exporter des déchets toxiques vers des pays non OCDE. L’Etat doit assumer ses responsabilités en imposant le démantèlement du Clemenceau en France ou en Europe ou son désamiantage intégral avant son exportation vers l’Inde », déclare Pascal Husting, directeur de Greenpeace France. La Marine nationale, de son côté, rappelle que « tous les travaux de désamiantage pouvant être réalisés en France l’ont été. Aller plus loin, c’est mettre en péril la structure du navire et donc la sécurité nautique lors de son remorquage ». Après plusieurs campagnes de travaux, le bâtiment, désarmé en 1997, serait désamianté à 90%. « Tout a été prévu pour que le reste soit effectué dans de bonnes conditions en Inde. Le chantier qui a été retenu, à Alang, est l’un des rares de la région à être certifié ISO 9002 ». Un contrat est en cours de négociation entre la société SDI, à qui l’Etat a confié les travaux, et des sociétés de remorquages.

La sécurité des ports en question

Hier soir, à 60 mètres au dessus de l’eau, deux membres de Greenpeace restaient agrippés à la mâture du Clemenceau. Une action qualifiée de « dangereuse et totalement inconsciente » par un officier. La position est en effet particulièrement périlleuse, car la structure du navire a souffert de l’usure du temps. En fin d’après-midi, les militaires avaient donc décidé de ne pas tenter de les déloger et les ont appelé à descendre. Concernant le reste du groupe, trois personnes interpellées en début de matinée ont été relâchées et quatre autres, celles présentes sur la grue, ont été placées en garde à vue. Cette action spectaculaire de Greenpeace pose également la question de la sécurité des ports français. Pour l’opération du cargo russe, les mesures de sûreté avaient été déjouées, alors que le port du Havre venait d’adopter les mesures de protection anti-terroristes du code ISPS. Cette fois, l’organisation est parvenue, par voie de mer et par voie de terre, à pénétrer dans la principale base de la marine française. Le Clemenceau est certes amarré près de la zone de commerce, mais l’irruption dans le ciel toulonnais de « moyens aéroportés » laisse quand même songeur.

Greenpeace Clemenceau