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Grenelle de la Mer : Louis Le Pensec démissionne de la mission Pêches profondes

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Grenelle de la Mer : Louis Le Pensec démissionne de la mission Pêches profondes

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Coup de tonnerre, hier, dans le milieu de la pêche. Louis Le Pensec a démissionné de la mission sur le chalutage en eau profonde. Dans le cadre du Grenelle de la Mer, il en assurait la présidence depuis la mi-août, avec pour objectif de rendre des conclusions fin octobre. Mais, selon l'ancien ministre socialiste, « le sort de ces pêches est scellé ». Dans ces conditions, il a expliqué, dans une lettre adressée à Jean-Louis Borloo et citée par l'AFP, que la mission n'avait plus lieu d'être. Louis Le Pensec « justifie sa décision en expliquant que la France a déjà arrêté sa position en faveur de "l'arrêt des pêches profondes" et qu'elle la défendra devant l'Assemblée générale de l'ONU, les 17 et 18 septembre. "Qui peut penser qu'ensuite elle prendrait une autre position pour la zone économique exclusive de l'Union (européenne)?" », écrit l'agence de presse.
Accusé par des associations de défense de l'environnement de provoquer des dégâts sur l'écosystème, le chalutage en eaux profondes concerne, en France, quelques dizaines de navires.
Les professionnels de la pêche, qui ont vivement réagi, hier, après la démission de Louis Le Pensec et l'annonce que la position française sur la pêche en eau profondes était arrêtée. « Les organisations des pêcheurs français ont cru en la parole donnée et en la loyauté des ministères concernés : ils ont accompagné le Grenelle de la mer et la mise en place de la mission Le Pensec dans un esprit ouvert, transparent et constructif. Mais force est de constater que la position française était déjà tranchée ».

« Exemplarité jetée aux orties »

Comité national des pêches, Union des armateurs à la pêche, Coopération Maritime, Entrepreneurs et pêcheurs de France, France Filière Pêche, Association nationale des Organisations de producteurs, FROM Nord, Pêcheurs de Manche et Atlantique, Comité régional des pêches de Bretagne... Tous se disent consterné. « Les membres de la Commission, et en premier lieu les pêcheurs, ont été trompés, et la parole même du chef de l'Etat semble vaciller dans cet arbitrage incompréhensible, qui condamne une pêcherie exemplaire, et les milliers d'emplois qui en dépendent dans les ports de notre littoral », s'indignent les professionnels. Dans un communiqué commun, les pêcheurs mettent en avant leur souci de l'environnement : « Comme le gouvernement et nos concitoyens, les pêcheurs partagent une vision d'avenir des usages de la mer respectueux de l'environnement et des ressources marines. Ils militent pour des collaborations poussées avec les scientifiques et pour un respect des règles instituées pour la protection des écosystèmes et des ressources de la mer. Or les pêcheurs français d'espèces d'eau profonde, qu'ils soient de Boulogne, Concarneau, Lorient, Le Guilvinec, Loctudy, Saint-Guénolé, Saint-Jean de Luz, sont exemplaires de ce que l'on attend d'une pêche moderne, responsable et vertueuse. Leur activité est reconnue comme la plus encadrée et transparente qui soit : quotas, efforts de pêche, numerus clausus, fermetures de zones pour protéger les écosystèmes et les espèces, maillages, déclarations, suivi satellite, ports désignés, etc. Ils ont noué un partenariat unique avec les experts scientifiques en transmettant le détail de 26.000 opérations de pêche pour que des avis scientifiques « fiables, indépendants et partagés » (selon les mots du chef de l'Etat) puissent être rendus dès 2010. Mais cette exemplarité, pouvant servir de modèle dans le secteur des pêches, est jetée aux orties ».