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Groix se barricade et interdit l’accès aux résidents non-permanents

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Groix se barricade et interdit l’accès aux résidents non-permanents

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Face à l’afflux de passagers vers l’île de Groix depuis lundi, le maire a pris un arrêté, mardi 17 mars, interdisant l’accès à l’île et à son port de plaisance aux résidents non permanents. Une mesure prise en urgence pour protéger les Groisillons. Reste désormais à l’appliquer.

« On se serait cru un 15 août ! ». Dominique Yvon, réélu, dimanche 16 mars, pour la quatrième fois à la mairie groisillonne, n’imaginait pas un tel début de mandat. « C’est bien simple, je n’ai pas arrêté de la journée. C’est de la folie ». La raison ? Depuis lundi soir, et l’annonce des mesures de confinement, l’île connaît une arrivée massive de résidents non-permanents venus se mettre « au vert » face à la rade de Lorient. Pour beaucoup, des habitants de l’Île-de-France qui y possèdent une résidence secondaire. Conséquence, raconte le maire, « des commerces ont été pris d’assaut, tout comme la pharmacie du bourg », qui a connu une fréquentation digne d’un mois d’été. Problème, cet « exode sanitaire » a aussitôt alerté le maire sur les risques encourus par la population groisillonne, jusqu’alors « épargnée de toute contamination ».

L’île et son port de plaisance interdits

Face à une situation qu’il considère comme « anormale », Dominique Yvon a durci le ton, arguant de son pouvoir de police pour protéger la population. « Des restrictions d’accès aux îles ont été prises dans le Finistère. Pourquoi pas chez nous ? », déplore Dominique Yvon, qui s’est appuyé sur l’exemple de l’île d’Yeu (Vendée) et le décret du 16 mars 2020, pour promulguer un arrêté municipal interdisant l’accès à Groix à toute personne non titulaire d’une carte de résident permanent. Une interdiction étendue au port de plaisance de Port-Tudy. « On a été submergé de demandes ». Le maire en appelle désormais aux services de l’État. « À eux de prendre leurs responsabilités. Une telle affluence va fragiliser notre système de santé qui est, par nature, contraint dans un contexte insulaire ».

Un arrêté légal ?

L’arrêté, pris dans l’urgence, doit s’appliquer « jusqu’à nouvel ordre ». En principe. Car les services de la sous-préfecture ont déjà fait savoir en mairie qu’ils émettaient de sérieux doutes sur la légalité d’une telle réglementation. « On verra bien. Je dois avant tout protéger la population. S’il le faut, on réglera cela devant le juge administratif », tonne Dominique Yvon, surpris de ne pas avoir été contacté « pour la mise en place de mesures pour préserver l’île de toute propagation du Covid-19 ». Dans son viseur, la Compagnie Océane qui assure la desserte de l’île. « Ont-ils pris toutes les précautions avant d’embarquer les passagers ? Je ne le crois pas ». Dès ce mercredi, seules deux rotations quotidiennes seront assurées avec une limitation à 100 places. Désormais, les passagers sont prévenus : l’île se barricade.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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