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Gros plan sur le nouveau canot tous temps de la SNSM

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Au lendemain de sa mise à l’eau au chantier Sibiril Technologies de Carantec, le tout nouveau canot tous temps de la SNSM a réussi vendredi ses tests de retournement. Ce bateau a, en effet, été conçu pour être insubmersible. Auto-redressant, son centre de gravité lui permet de reprendre sa position normale au cas où il serait amené à se retourner. Cela, en restant opérationnel grâce à l’étanchéité de sa cabine et d’équipements, y compris les moteurs, capables de rester fonctionnels après un retournement complet.

 

Le premier CTT NG (© : JOSEPH MOYSAN)

Retournement du CTT NG (© : FRANCIS SALAUN)

 

Une capacité qui renforce la sécurité des sauveteurs et des occupants du canot lors des interventions par des conditions extrêmes. Car c’est bien là la spécificité des canots tous temps : pouvoir intervenir loin des côtes et quelles que soient les conditions de mer.

 

 

Un puissant bateau de près de 18 mètres

Dessiné par Pantocarène, le nouveau navire amiral de la SNSM adopte le design ORC 178.R avec un rostre devenu la marque de fabrique du cabinet d’architecture installé à Port Navalo, dans le Morbihan. Long de 17.8 mètres pour une largeur de 5.2 mètres, le canot tout temps de nouvelle génération (CTT NG) présente un tirant d’eau de 1.62 mètres. Conçu pour être robuste, très stable et manoeuvrant, ce bateau construit en composite verre/résine est puissamment motorisé. Il dispose de deux moteurs Scania de 650 cv chacun, lui permettant d’atteindre la vitesse de 25 nœuds.

 

 

Prévu pour un équipage de 8 marins, il pourra accueillir jusqu’à 40 passagers, avec 15 places assises et deux espaces dédiés aux civières. « La taille de ce nouveau bateau n’est pas fondamentalement différente de celle des précédents canots tous temps. Mais il constitue une mise à niveau avec les dernières règles et normes de construction. Nous avons insisté dès sa conception sur la protection et l’amélioration des conditions d’intervention des sauveteurs. La sécurité, les conditions de vie à bord, ainsi que les capacités d’accueil de naufragés sont renforcées. De même, il dispose d’équipements modernes, en particulier l’électronique pour la détection et la navigation. Avec ce canot tous temps de nouvelle génération, nous donnons aux sauveteurs les moyens de réussir leurs missions en limitant les risques au maximum », explique Christian Helou, directeur technique de la SNSM. Ce dernier souligne par ailleurs que le CTT NG répond aux dernières normes environnementales, notamment en matière de rejets gazeux, et dispose d’un système de retraitement des eaux de cale.

 

 

Arrivée à l’île de Sein prévue en janvier

Destiné à la mythique station finistérienne de l’île de Sein, le bateau sera baptisé Yves et François Olivaux, selon la volonté de Nelly Olivaux, donatrice dont le legs à la SNSM a permis de financer la construction du bateau, d’un coût de 1.4 million d’euros. Avant d’entrer en service, le premier CTT NG doit être achevé. Après avoir regagné Carantec, il sera remis au sec chez Sibiril Technologies afin de recevoir sa mâture (trop haute pour l’atelier où le bateau a été construit) et ses équipements (radar, antennes de communication, projecteurs…) Une fois le matériel intégré et les câblages réalisés, le canot sera remis à flot début décembre et doit réaliser ses essais en mer d’ici Noël. Les sauveteurs prévoient une réception technique dans la foulée et une livraison officielle courant janvier. « L’objectif est qu’il soit opérationnel dès sa livraison et le moment où il rejoindra l’île de Sein ». Là-bas,  le premier CTT NG succèdera au Ville de Paris, canot tous temps datant de 1980. Trop vieux pour rester opérationnel, ce bateau pourrait être transformé en pièce de musée.

 

 

Deux autres CTT NG pour Les Sables d’Olonne et Sète

Quant au programme CTT NG, il va se poursuivre avec la notification de la commande, début décembre, du second bateau de cette série. Prévu pour équiper la station des Sables d’Olonne en 2016, il sera suivi l’année suivante par une troisième unité, qui rejoindra Sète. Contrairement à Sein avec le Ville de Paris, les actuels canots tous temps de ces deux stations sont moins anciens (1986-87) et d’une génération plus récente. La SNSM pourrait donc les rénover ou les revendre, la décision n’étant pas encore prise.

C’est en 2009, face à la nécessité de renouveler leurs canots tous temps vieillissants, que les sauveteurs en mer ont commencé à réfléchir à leur succession. Pendant trois ans, un groupe de travail associant les stations et les équipes du siège a planché sur le sujet. Ces réflexions ont servi de base aux études, lancées en 2012 et ayant abouti à la signature du contrat avec Sibiril Technologies en juin 2014.

 

Canot tous temps (© : MICHEL FLOCH)

 

De nouveaux bateaux hauturiers à l’étude

Sur les 40 canots tous temps dont dispose la SNSM, 25 devront être remplacés d’ici 2025-2030, dont une dizaine d’ici 7 à 10 ans. Pour autant, leurs successeurs ne seront pas systématiquement des CTT NG. L’association travaille en effet sur un projet de nouveau bateau hauturier dont la définition sera étudiée en 2016 et 2017. L’objectif est de concevoir un bateau offrant les mêmes capacités que le CTT NG tout en réduisant son prix de plusieurs centaines de milliers d’euros. En fait, la SNSM, qui construisait auparavant ses nouveaux bateaux au coup par coup, empêchant les effets de série, souhaite disposer à l’avenir d’une flotte plus homogène afin de diminuer les coûts de conception, de fabrication, de maintenance et de formation.

Standardiser l’ensemble de la flotte

Une stratégie valable pour les unités hauturières comme pour les vedettes. « Alors que notre flotte est aujourd’hui très hétérogène, nous espérons grâce aux nouveaux programmes disposer de trois grandes catégories de bateaux, les plus standardisés possibles, pour correspondre à nos trois grandes zones d’intervention, plus ou moins éloignées du littoral », précise dans un entretien à Mer et Marine Xavier de la Gorce, président de la SNSM.

En plus d’établir des séries pour chaque grande catégorie, l’association mène son projet de manière globale. « Nous voulons resserrer la gamme et optimiser la conception de tous les types de bateaux, pour qu’ils soient moins coûteux. Il faut chercher des communalités et standardiser au maximum ce qui peut l’être. Dans cette optique, nous allons initier une collaboration conceptuelle avec les chantiers, l’idée étant ensuite de répartir la construction des bateaux », note Christian Helou.

 

(© : MICHEL FLOCH)

 

7000 bénévoles et 450 embarcations

Pour mémoire, la Société Nationale de Sauvetage en Mer arme aujourd’hui 219 stations le long du littoral français. L’association, qui dispose de 450 embarcations, du semi-rigide au canot tous temps, s’appuie sur 7000 bénévoles, dont 4400 sauveteurs embarqués, auxquels s’ajoutent 1300 nageurs sauveteurs assurant en été la sécurité des zones de baignade. Chaque année, plus de 7000 personnes sont secourues et de nombreuses vies sauvées grâce à leur engagement.

A eux seuls, les CTT ont réalisé 749 interventions en 2014, soit 1712 heures de mer. L’histoire des canots tous temps date d’il y a 65 ans. C’est en effet en 1950 que le premier CTT, long de 14 mètres, a fait son apparition, c’est-à-dire avant la fusion de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés avec la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons, qui a donné naissance à la SNSM en 1967.  

 

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