Défense
Gros plan sur les frégates de défense et d’intervention (FDI)
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Gros plan sur les frégates de défense et d’intervention (FDI)

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La découpe de la première tôle de l’Amiral Ronarc’h, première des cinq nouvelles frégates de défense et d’intervention (FDI, ex-FTI) de la Marine nationale, s’est déroulée le jeudi 24 octobre sur le site Naval Group de Lorient. Alors que les deux dernières unités du programme des frégates multi-missions (FREMM), l’Alsace et la Lorraine, sont en cours de construction, le chantier breton ouvre une nouvelle page de son histoire industrielle avec les FDI. Premiers bâtiments de combat entièrement numériques (si l’on excepte les Zumwalt américains), ces unités appelées à remplacer les cinq actuelles frégates du type La Fayette, et qui sont aussi déclinées par Naval Group sur le marché export, vont constituer le cœur de la production lorientaise dans la décennie qui vient.

 

 

La FREMM Alsace en achèvement à flot à Lorient (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La FREMM Alsace en achèvement à flot à Lorient (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Lorient se modernise pour relever le défi

Le site, qui s’était déjà profondément modernisé au cours des années 2000 dans le cadre du programme FREMM, a lancé un nouveau plan d’investissement de grande ampleur pour s’adapter aux enjeux de la FDI et de sa version export, la Belharra. Mais aussi poursuivre sur sa lancée avec les corvettes de la famille Gowind, exclusivement vendues sur le marché international. Sur deux ans (2019-2020), 27 millions d’euros sont investis dans l’outil industriel, en particulier l’acquisition de nouvelles machines, la construction de trois cabines de peinture à température dirigée, ou encore le déploiement d’outils de réalité virtuelle, lunettes et tablettes, afin par exemple de contrôler certains équipements en sortie de production, comme des tuyaux, et vérifier le montage à bord des bateaux. Avec FDI, les plans papiers vont disparaitre, les ouvriers et techniciens étant progressivement équipés de tablettes sur lesquelles ils pourront consulter la maquette numérique 3D des frégates et de leurs différents locaux. Une petite révolution pour l’ancien arsenal, dont la forme de construction couverte date de 1920. L’arrivée de nouveaux outils et l’optimisation des process industriels doit permettre de gagner en qualité et en rapidité d’exécution, l’objectif étant de pouvoir produire les futures frégates en 30 mois seulement, contre 42 au mieux pour les FREMM.

 

 

Cinq unités à mettre en service entre 2025 et 2030

L’Amiral Ronarc’h, qui devrait débuter ses essais en mer en 2022, est prévu pour rejoindre la flotte française au second semestre 2023. Le temps de s’approprier cette frégate de nouvelle génération, expérimenter ses capacités, faire au besoin des mises au point et éprouver le bâtiment avec une traversée de longue durée en eaux chaudes comme en eaux froides, la Marine nationale pense prononcer l’admission au service actif de la première FDI en 2025. La même année, Naval Group livrera la seconde unité de la série, qui prendra le nom d’Amiral Louzeau et aura deux ans de décalage par rapport à son aînée. La cadence de production sera ensuite d’une frégate tous les 18 mois. Les troisième (Amiral Castex) et quatrième (Amiral Nomy) FDI rallieront la Marine nationale entre 2026 et 2028, la cinquième (Amiral Cabanier) devant les rejoindre en 2029 pour une mise en service en 2030.

Bien plus puissants que les La Fayette (unités de 125 mètres de long pour 15.4 mètres de large et environ 3800 tonnes en charge) mais plus compacts que les FREMM (142 x 20 mètres, 6000 tpc), les « Amiraux » mesureront 121.6 mètres de long pour 17.7 mètres de large et auront un déplacement en charge de 4460 tonnes au neuvage.

 

(©  DGA)

(©  DGA)

(©  NAVAL GROUP)

(©  NAVAL GROUP)

 

La révolution numérique

C’est avec ces frégates que la révolution numérique va pleinement s’installer sur les bâtiments de combat. Fini les calculateurs et baies informatiques dédiés à chaque grand système, comme le système de combat (CMS) ou le système intégré de management de plateforme (IPMS). Premières frégates digitalisée, les FDI s’appuient sur une architecture informatique de nouvelle génération, la quasi-totalité de la puissance de calcul embarquée étant concentrée dans deux data centers. Elle sera ensuite employée au profit des différents systèmes sous la forme d’applications. Ce changement complet de paradigme présente plusieurs avantages, comme une grande facilité à intégrer de nouveaux logiciels ou équipements numérisés, à une époque où la technologie évolue à grande vitesse. Ce sera donc un atout crucial pour permettre à ces bateaux d’évoluer très vite et, ainsi, rester au meilleur niveau tout au long de leur durée de vie, soit une trentaine d’années au moins. Cette architecture va aussi offrir une puissance de calcul plus importante pour les différents systèmes et répond à l’un des grands enjeux du moment : la cyberdéfense.

 

Le data center situé dans le mât intégré (©  NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

Le data center situé dans le mât intégré (©  NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

 

Taillées pour affronter les menaces cyber

La FDI est en effet nativement conçue, « by design » comme on dit dans le jargon, pour résister aux attaques informatiques, avec des défenses passives et actives, le tout étant géré par un nouveau dispositif développé par Naval Group : le système de management de la cyber-sécurité (CyMS). Ce dernier offrira à l’équipage une vue centralisée en temps réel des informations sur l’état cyber du bâtiment. Cela, par la récolte des informations en provenance des équipements et  leur analyse fine au regard des modes de fonctionnement du navire, permettant la détection d'attaque sur les systèmes. Mis à jour en permanence par des experts en cyberdéfense du ministère des Armées en collaboration avec Naval Group, le CyMS aura pour mission de surveiller l’ensemble des systèmes informatiques du bord, détecter d’éventuelles intrusions par l’analyse continuelle du réseau et proposer à l’équipage des mesures pour réagir en cas d’attaque. Avec différentes options et conséquences afférentes (par exemple l’indisponibilité de telle ou telle installation pendant une durée donnée) tenant compte de la situation opérationnelle et tactique du bâtiment. Une fois la décision prise par l’opérateur, le logiciel appliquera de manière automatique le suivi des actions de remédiation en direction des équipements concernés.

De plus, si l’attaque est trop complexe, une liaison dédiée permettra à des spécialistes à terre d’aider les marins à contrer une agression informatique. Le recours à des data centers facilitera la défense contre les menaces cyber, y compris physiquement, puisqu’il sera beaucoup aisé de contrôler l’accès à seulement deux cœurs informatiques plutôt qu’à des dizaines de systèmes et baies répartis à travers la plateforme et qui constituent autant de points d’entrée et de vulnérabilités potentielles. A ce titre, les phases les plus redoutées par les militaires sont les arrêts techniques, lorsque des centaines de personnes de dizaines de sociétés viennent assurer la maintenance des équipements. Avec le risque de voir un ou plusieurs intervenants effectuer volontairement ou non une connexion avec un outil infecté, comme une clé USB.

Comme c’est le cas avec les frégates d’ancienne génération, l’ensemble du système est parfaitement redondé, cette fois par la présence de deux data centers au centre de réseaux distincts et étanches. Ces cœurs informatiques sont situés dans des locaux protégés à deux endroits bien distincts du bateau, l’un à la base de la mâture et l’autre à l’arrière de la frégate. En cas de panne majeure ou d’avarie, la frégate peut continuer de combattre en s’appuyant sur un seul data center.

Digitalisation des systèmes

La digitalisation des FDI s’entend évidemment à ses systèmes, qui peuvent grâce à la puissance informatique embarquée être exploités au maximum de leur potentiel. Ce changement radical de l’architecture informatique des frégates répond d’ailleurs à la problématique de l’augmentation significative des flux de données et des besoins de connectivité par la démultiplication des échanges en réseau, de la numérisation des équipements (comme la guerre électronique et le radar), de l’accroissement de leur nombre à bord, ainsi que des puissances de calcul accrues nécessaires aux systèmes de nouvelle génération.

C’est le cas par exemple pour le radar principal des FDI, le Sea Fire, qui pourra émettre de manière quasi-permanente à 360 degrés, nécessitant par conséquent une coordination très poussée avec les moyens d’écoute afin de ne pas réduire les capacités de la guerre électronique passive. Seule la numérisation permettra un bon fonctionnement en tandem. Un autre exemple du nécessaire recours à la puissance de ces architectures informatiques est celui de la lutte anti-sous-marine. Les FDI vont en effet bénéficier du nouveau système Bluescan de Thales, qui offre un traitement multistatique. Grâce au recours à l’intelligence artificielle et à la fusion de l’ensemble des données fournies par les sonars du bâtiment mais aussi de moyens déportés (hélicoptère, avions de patrouille maritime, drones…), ce système augmentera sensiblement les capacités de détection sous la surface de l’eau.

Et bien d’autres applications numériques s’appuieront sur la puissance des data centers, comme les systèmes Sentinel (guerre électronique) et Aquilon (communications) de Thales. Les marins des FDI auront par exemple à leur disposition le nouveau logiciel de communication interne Partner-C et son interface Comtics, imaginée pour les jeunes marins habitués à utiliser des smartphones. Ils auront à leur disposition via Comtics, en plus des unités de communication fixes, des portables (mobiles ou tablettes) personnalisables et sécurisés avec différentes applications. Celles-ci auront trait au travail mais aussi aux périodes de repos. Ils pourront ainsi accéder à des services multimédia (des flux vidéo et données générés à bord jusqu’au web et réseaux sociaux publics si la situation opérationnelle le permet), chatter avec ses collègues ou simplement se connecter à tout type de radio militaires ou communications par satellite.  Le tout étant évidemment sécurisé et conçu pour traiter la menace cyber.

 

Le PSIM des futures FDI (©  NAVAL GROUP)

Le PSIM des futures FDI (©  NAVAL GROUP)

 

Une mâture unique sous forme de module intégré

Le gros des senseurs sera intégré dans une mâture unique, une première pour la marine française. Celle-ci va reprendre le concept PSIM (Panoramic Sensors and Intelligence Module) développé par Naval Group et dont les premiers exemplaires ont été produits pour les corvettes du type Gowind vendues à l’export. Ce module, réalisé indépendamment de la plateforme, regroupe en une même structure la mâture avec l’essentiel des senseurs et moyens de communication, le Central Opérations ainsi que les locaux techniques associés. Cela permet notamment d’offrir une « vue » dégagée à 360 degrés pour le radar principal et les systèmes de guerre électronique. Le mât unique facilite aussi l’intégration des équipements et évite les interférences électromagnétiques entre les senseurs. Et il permet des gains sensibles sur les délais de construction puisque la mise au point des systèmes ne dépend pas de l’état d’avancement de la plateforme, et vice-versa. Ainsi, Naval Group estime à 12 mois la réduction globale des délais de production grâce au PSIM. D’autant que toute la phase de mise en route et de tests des équipements est conduite sur une plateforme d’intégration à terre implantée sur le site de la DGA à Saint-Mandrier, près de Toulon. Le mât intégré de la FDI y a été implanté et reçoit actuellement ses équipements, dont le Sea Fire, en vue d’une intense campagne d’essais avant la livraison du premier radar, celui de l’Amiral Ronarc’h, prévue en 2020 à Lorient.

 

La mâture FDI installée à Saint-Mandrier (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La mâture FDI installée à Saint-Mandrier (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'une des quatre antennes du Sea Fire sur la mâture installée à Saint-Mandrier (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'une des quatre antennes du Sea Fire sur la mâture installée à Saint-Mandrier (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le radar plaques Sea Fire

Développé par Thales, ce radar de nouvelle génération sera l’atout maître des FDI en matière de surveillance de leur environnement. Premier radar multifonctions entièrement numérique à antennes actives, il est conçu pour la défense étendue du navire contre des menaces aériennes et de surface, conventionnelles, asymétriques ou émergeantes, y compris les missiles antinavire supersoniques et les missiles balistiques. Capable de suivre et d’identifier simultanément jusqu’à un millier de pistes, le Sea Fire, au-delà de la surveillance, sert à la poursuite des cibles, la désignation d’objectifs et la conduite de tir des missiles antiaériens, si besoin jusqu’à l’interception. Ses performances lui permettent selon ses concepteurs de pouvoir, le cas échéant, gérer l’engagement simultané de plusieurs dizaines de cibles, offrant ainsi une réponse aux attaques saturantes, par exemple d’aéronefs et/ou de missiles antinavire. Cela va dans l’absolu au-delà de la dotation en missiles surface-air Aster prévue à ce stade pour les FDI (16 armes) mais le nombre de lanceurs pourra au besoin être doublé et cette capacité s’inscrit aussi dans le cadre du développement des engagements coopératifs, c’est-à-dire la neutralisation par un bâtiment de menaces sur la base des informations transmises par une autre plateforme.

Le Sea Fire offrira aussi une fonction de conduite de tir pour la tourelle principale, constituant une redondance avec le système principal (STIR 1.2 EO Mk2) et même une capacité de contre-batterie, qui pourrait être utile dans des combats d’artillerie contre des canons adverses installés en zones côtières, situation face à laquelle les frégates françaises se sont retrouvées lors de l’intervention en Libye en 2011. Le Sea Fire est en effet conçu pour détecter l’origine d’un tir ennemi, prédire sa trajectoire et calculer le point d’impact de l’obus. L’idée est sur la base de ces informations de s'écarter de la zone de danger tout en ripostant sur la position de la batterie adverse. Cette capacité est toutefois, à ce stade, moins intéressante pour les plateformes navales que pour la version terrestre du radar, le Ground Fire, prévu pour être associé à des canons automoteurs comme le Caesar (155mm) dont la portée, et donc le temps de réaction, sont bien supérieurs à ce qu’offre l’artillerie navale choisie par la marine française, qui se limite aujourd’hui aux pièces de 76mm.

Le Sea Fire s’appuie sur quatre imposantes antennes fixes de 2x2.5 mètres pour un poids de 2 tonnes chacune. Cela permet, par rapport à un radar tournant traditionnel, d’améliorer la disponibilité et la redondance, tout en offrant une couverture hémisphérique 3D (360°x90°) pour créer une bulle de surveillance de plus de 400 km dans les airs et 80 km en surface.

 

(©  THALES)

(©  THALES)

 

Les performances seront significativement améliorées grâce à une surveillance permanente et l’augmentation de la puissance d’émission sur un angle réduit (90° pour chaque antenne). Il en résultera une plus grande précision et une réactivité accrue, tant pour la détection que pour la poursuite. L’efficacité du Sea Fire tiendra non seulement aux performances de ses antennes constituées de centaines de capteurs d’émission et de réception entièrement numériques, mais également à leur couplage avec un management des ressources radar. Ce système intelligent mettra en œuvre des formes d’ondes et des  algorithmes d’extraction et de poursuite afin d’optimiser le fonctionnement du radar en zones complexes, notamment face à des effets d’échos (clutter) près du littoral ou face à des opérations de brouillage. Il sera, ainsi, capable de faire la part des choses entre les informations utiles et les informations perturbantes.

 

Vue du futur CO des FTI (©  NAVAL GROUP)

Vue du futur CO des FTI (©  NAVAL GROUP)

 

Le Central Opérations

Dans le PSIM, sous le niveau abritant le data center, on trouvera un local technique et une salle de réunion pouvant servir à un état-major. Cet espace sera situé juste derrière la passerelle. Le niveau inférieur du PSIM accueillera le Central Opérations, équipé de 15 consoles multifonctions, sur lesquelles les opérateurs pourront accéder aux différentes applications du système de combat - en l’occurrence la dernière génération du SETIS de Naval Group - et des autres systèmes qui s’appuieront, comme on l’a vu, sur la puissance informatique des data centers. Les consoles, de nouvelle génération, seront composées de deux écrans au lieu de trois, avec un grand écran présentant la situation tactique et un écran tactile dévolu aux fonctions spécifiques gérées par l’opérateur.

 

Vue du futur CO des FTI (©  NAVAL GROUP)

Vue du futur CO des FTI (©  NAVAL GROUP)

Vue du futur CO des FTI (©  NAVAL GROUP)

Vue du futur CO des FTI (©  NAVAL GROUP)

 

Guerre électronique et veille optronique panoramique

Au-dessus des antennes du Sea Fire se trouveront quatre autres antennes, celles du radar secondaire d’identification des aéronefs amis ou ennemis (identification, friend or foe - IFF) du type Bluegate de Thales. Ce dernier fournit également, toujours dans la mâture, le nouveau système de guerre électronique Sentinel, composé d’un intercepteur de communications (CESM) du type Altesse-H, d’un détecteur numérique d’émissions radar (RESM) et des systèmes de traitement associés.

 

L'une des quatre antennes IFF sur la mâture installée à Saint-Mandrier (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'une des quatre antennes IFF sur la mâture installée à Saint-Mandrier (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le PSIM va par ailleurs intégrer un système de veille optronique panoramique (SVOP) développé par Bertin Technologies. Cette couronne de caméras TV/IR offrira une vue permanente, à 360 degrés, autour de la frégate, de jour comme de nuit. Un dispositif complété, toujours au niveau de la base de la partie conique du mât, par deux nouveaux systèmes optroniques Paseo XLR. Fournis par Safran, ces IRST (Infrared Search & Track) stabilisés offriront grâce à leurs capteurs d’importantes capacités d’identification et de poursuites à longue distance contre des cibles aériennes et navales. Cela, de jour comme de nuit et, selon Safran, même dans des conditions météo extrêmement dégradées.

 

Le nouveau Paseo XLR (©  SAFRAN)

Le nouveau Paseo XLR (©  SAFRAN)

 

Complémentaires du SVOP en apportant une meilleure précision sur les pistes d’intérêt, les Paseo pourront aussi assurer une conduite de tir pour l’artillerie secondaire télé-opérée, contribuant ainsi comme le système panoramique de caméras à l’autodéfense des frégates, en particulier contre les menaces asymétriques.

Un PC dédié pour la lutte contre les menaces asymétriques

Ces dernières ont d’ailleurs fait l’objet d’une attention toute particulière lors du développement des FDI. Ces frégates seront, ainsi, les premières à intégrer un Asymetric Warfare Center (AWC), que la Marine nationale a baptisé PCLCMA (PC de lutte contre les menaces asymétriques). Version moderne des actuelles passerelles de défense à vue, ce local dédié, situé juste en arrière de la passerelle mais isolé de celle-ci, sera chargé de gérer l’auto-défense rapprochée du bâtiment. Le PCLCMA vise à fluidifier l’information et permettre aux marins de détecter le plus tôt possible un danger potentiel, comme une embarcation suicide ou des drones, puis en cas de menace avérée, de réagir rapidement avec les moyens d’autodéfense à courte portée de la frégate. Des écrans diffuseront en temps réel les images vidéo issues de la couronne de caméras et des Paseo XLR.

 

Le PCLCMA (©  NAVAL GROUP)

Le PCLCMA (©  NAVAL GROUP)

 

Cette situation autour de la frégate pourra être agrémentée avec l’emploi de la réalité augmentée, afin d'aider les opérateurs en enrichissant la situation visuelle avec des informations provenant de différents senseurs ou bases de données. C’est également depuis le PCLCMA, qui sera armé par cinq marins, que seront contrôlés les moyens actifs d’autodéfense de proximité de la frégate. Ceux-ci comprendront deux canons télé-opérés de 20mm du type Narwhal (Nexter).

Des affûts installés de manière originale, soit un sur l’aileron de la passerelle à bâbord avant et l’autre sur la pointe du débordement de la superstructure au niveau du hangar, à tribord arrière. Une disposition retenue afin d’offrir la meilleure couverture possible de l’artillerie secondaire autour du bateau. De plus, les FDI seront équipées de moyens non létaux, avec sur une même tourelle un projecteur stroboscopique permettant de lancer des signaux d’alerte lumineux à des bateaux en approche ou d’aveugler le pilote d’une embarcation au comportement hostile, ainsi qu’un système à ultrasons de type LRAD. Une tourelle de moyens non létaux de ce type sera installée sur chaque bord, comme les Narwhal, dans les emplacements parallèles aux canons de 20mm (sur l’aileron de passerelle tribord et à bâbord arrière).

Equipage et propulsion

Armées par 125 marins (111 pour l’équipage et 14 pour le détachement aéronautique) avec la possibilité d’embarquer 25 personnels supplémentaires, les futures frégates pourront dépasser la vitesse de 27 nœuds et franchir 5000 milles à 15 nœuds, leur autonomie sans ravitaillement pouvant atteindre 45 jours. La propulsion sera très classique, de type CODAD, basée sur quatre moteurs diesels MTU 16V 8000 M91L de 8000 kW, soit une puissance totale de 32 MW. Les moteurs, situés dans deux compartiments séparés pour permettre une redondance en cas de sinistre, entraineront deux lignes d’arbre aboutissant chacune à une hélice à cinq pales fixes. Bien que dépourvues de mode électrique silencieux, comme les FREMM, les FDI répondront selon Naval Group, grâce à différentes solutions techniques, à des exigences très élevées en matière de discrétion acoustique. Un critère impératif pour la lutte anti-sous-marine.

 

 

L'appareil propulsif des FTI (©  NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

L'appareil propulsif des FTI (©  NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

(©  NAVAL GROUP)

(©  NAVAL GROUP)

Un design furtif et pour la première fois une étrave inversée

En matière de design, les FDI sont dans la lignée des frégates furtives développées par la France depuis les La Fayette dans les années 90. Le travail de conception très poussé sur les formes de la coque et des superstructures, vise toujours à réduire au maximum la surface équivalente radar des bateaux, ainsi que la signature infrarouge par la limitation des sources de chaleur. Au final, il s’agit au regard des senseurs adverses de faire passer une bête de guerre de plus de 4500 tonnes pour un petit bateau insignifiant, tel un pêcheur.

Alors que les FDI bénéficient des travaux les plus récents en matière de furtivité, leur design se caractérise aussi par leur étrave inversée. Une première dans la marine française. Cette forme permet au bateau de mieux franchir les vagues, et donc de réduire la résistance à l’avancement et la puissance propulsive. Ce qui a permis de concevoir une frégate de premier rang compacte capable d’atteindre au moins 27 nœuds avec seulement quatre gros moteurs diesels et non une turbine à gaz. Pour le confort de l’équipage et la stabilité de la plateforme, on notera la présence de deux ailerons stabilisateurs. Le système de stabilisation via les safrans, adopté sur FREMM, n’a en effet pas donné les résultats escomptés et la marine a donc préféré revenir aux traditionnels ailerons.

 

(©  NAVAL GROUP)

(©  NAVAL GROUP)

 

L’armement

Unités de premier rang, les FDI pourront œuvrer dans tous les domaines de lutte (anti-sous-marin, antisurface, antiaérien) à l’exception pour le moment des frappes en profondeur contre des cibles terrestres. Ce seront également d’excellentes plateformes de renseignements grâce à la puissance de leurs senseurs.

En matière d’armement, elles mettront en œuvre 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3c et seront équipées de deux lanceurs Sylver A50 pour 16 missiles surface-air Aster 15 et Aster 30. Un emplacement conservatoire permettra d’installer deux lanceurs supplémentaires afin de doubler la capacité d’emport de ces missiles. Cet espace vide a toutefois été dimensionné pour permettre également l’intégration de Sylver A70, plus grands et conçus pour abriter des missiles de croisière navals (MdCN). Un armement qui équipe pour le moment uniquement les frégates multi-missions (FREMM) mais qui pourra donc, le cas échéant, être ajouté aux FDI. On en parle d’ailleurs de plus en plus, surtout avec le projet d’acquisition de deux frégates de ce type par la Grèce, qui souhaite la capacité MdCN. On s’orienterait alors plutôt vers la mise en place de trois Sylver A50 pour 24 missiles surface-air Aster et un lanceur Sylver A50 pour 8 missiles de croisière. Une configuration qui conviendrait à la Marine nationale. 

 

Rampes MM40, ici sur une FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Rampes MM40, ici sur une FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Tir de missile Aster, ici sur une frégate de défense aérienne (©  MARINE NATIONALE)

Tir de missile Aster, ici sur une frégate de défense aérienne (©  MARINE NATIONALE)

Tir de MdCN, ici sur une FREMM (©  MARINE NATIONALE)

Tir de MdCN, ici sur une FREMM (©  MARINE NATIONALE)

La section de coque de la FDI comprenant les espaces réservés aux lanceurs verticaux (©  NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

La section de coque de la FDI comprenant les espaces réservés aux lanceurs verticaux (©  NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

 

On notera que dans le cadre du programme FDI, MBDA développe de nouvelles installations de tir permettant de gérer tous ses missiles avec un seul système.

L’armement des nouvelles frégates françaises sera complété par une tourelle de 76mm Leonardo, avec comme conduite de tir principale un système STIR 1.2 EO Mk2 de Thales, dont vont être équipées les FREMM de défense aérienne Alsace et Lorraine. L’artillerie secondaire sera, comme on l’a vu, constituée de deux canons télé-opérés de 20mm, ainsi que de mitrailleuses manuelles et de mini-guns. Les FDI seront par ailleurs équipées de quatre tubes lance-torpilles (MU90), soit une paire de chaque côté. Contrairement aux FREMM, les futures frégates ne disposeront pas d’une soute associée pour des torpilles supplémentaires. Un stockage pour des MU90 (mais aussi des nouveaux missiles antinavires légers aéroportés ANL/Sea Venom) est néanmoins prévu au niveau du hangar hélicoptère, situé à proximité des tubes lance-torpilles.

 

TLT pour MU90, ici sur FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

TLT pour MU90, ici sur FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Canon de 76mm, ici sur FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Canon de 76mm, ici sur FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Conduite de tir STIR 

Conduite de tir STIR (© : THALES)

Canon de 20mm Narwhal, ici sur FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Canon de 20mm Narwhal, ici sur FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
 

Installations aéronautiques

Le vaste hangar pourra abriter et assurer le soutien technique d’un hélicoptère de la classe 10/11 tonnes, typiquement un Caïman Marine (NH90). Mais aussi, en même temps, un drone aérien du type VSR 700 dont la marine va acquérir 15 exemplaires dans le cadre du programme SDAM, qui prévoit des livraisons au plus tard en 2028.

Pour ce drone aérien, qui embarquera un radar de surveillance, une boule électro-optique et un système d’identification automatique des navires (AIS),  un espace dédié est prévu dans le hangar ainsi qu’une petite porte donnant sur la plateforme, qui sera équipée d’une grille d’appontage et d’un système de manutention Samahé pour sécuriser les manœuvres de l’hélicoptère même lorsque la mer est forte. 

 

Les FDI mettront en oeuvre un drone aérien VSR 700 (©  NAVAL GROUP)

Les FDI mettront en oeuvre un drone aérien VSR 700 (©  NAVAL GROUP)

Le hangar des FDI (©  NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

Le hangar des FDI (©  NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

 

(©  NAVAL GROUP)

(©  NAVAL GROUP)

Le PC avia et la salle de briefing des FDI (© NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

Le PC avia et la salle de briefing des FDI (© NAVAL GROUP / PHOTO MER ET MARINE)

Caïman Marine (©  MARINE NATIONALE)

Caïman Marine (©  MARINE NATIONALE)

 

La possibilité d’accueillir un Caïman permettra d’accroître sensiblement les capacités de détection et d’action de la frégate, en particulier dans le domaine de la lutte ASM. Mais l’hélicoptère organique prévu pour les FDI sera plutôt le futur Guépard Marine, issu du programme des hélicoptères interarmées légers (HIL) qu’Airbus Helicopters développe sur la base de son nouveau H160. Cette machine de la classe 6 tonnes sera disponible dans sa version navale vers 2028 et pourra mettre en œuvre les missiles ANL/Sea Venom développés par MBDA dans le cadre d’un programme franco-britannique.

 

Le futur Guépard avec missile ANL (© ERIC RAZ)

Le futur Guépard avec missile ANL (© ERIC RAZ)

 

ECUME et opérations spéciales

Comme pour les FREMM, les deux niches à embarcations (une sur chaque bord) masquées par des rideaux pour ne pas dégrader la surface équivalente radar, sont quant à elles dimensionnées pour accueillir non seulement une EDO NG d’environ 6.5 mètres, mais aussi le plus grand semi-rigide des commandos marine, l’ECUME. En pouvant embarquer deux de ces embarcations de 9 mètres, en plus de ses capacités aériennes et d’un nombre important de couchages, la FDI devrait être une excellente plateforme de projection pour les forces spéciales.

 

ECUME (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

ECUME (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(©  NAVAL GROUP)

(©  NAVAL GROUP)

 

Emploi de différents types de drones

De plus, le bateau est nativement conçu pour la mise en œuvre de drones, non seulement aériens, mais aussi de surface et sous-marins. Ces derniers, à l’image des planeurs (gliders) permettront en agissant comme des capteurs déportés d’accroître les capacités de surveillance des frégates et la connaissance de leur environnement. Les planeurs sous-marins, déjà expérimentés avec succès sur une frégate du type F70 et dont la marine souhaite acquérir une centaine d’exemplaires, peuvent évoluer en toute autonomie pendant des semaines, plonger à plusieurs milliers de mètres et effectuer des mesures à différentes profondeurs, pour obtenir par exemple la température et la salinité de l’eau, informations très utiles pour déterminer le profil bathymétrique d’une zone et aider à la calibration des sonars. Ces engins peuvent aussi embarquer une antenne acoustique passive (avec système de traitement embarqué) et, ainsi, contribuer aux missions ASM en recueillant les bruits ambiants dans les secteurs qu’ils traversent.  

 

Déploiement d'un Captas 4 depuis une FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Déploiement d'un Captas 4 depuis une FREMM (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Les moyens de lutte anti-sous-marine

La lutte anti-sous-marine, justement, sera l’un des grands points forts de ces nouvelles frégates. A ce titre, elles seront équipées par Thales, avec un sonar de coque KingKlip Mk2 (retenu également pour les trois FLF qui vont être rénovées) intégré dans le bulbe d’étrave, ainsi que la version compacte du sonar remorqué Captas 4 équipant déjà les FREMM. Ce système offre par rapport au Captas 4 classique une masse globale 20% inférieure (24 tonnes au lieu de 32) et une emprunte sur le pont réduite de moitié. Le sonar est quant à lui identique, avec UMS 4249 intégré dans un corps remorqué comprenant quatre anneaux en céramique émettant des ondes actives à très basse fréquence sur de longues portées. S’y ajoute, pour l’écoute, une antenne linéaire passive déployée indépendamment et qui comprend aussi une fonction d’alerte torpille. La seule différence notable entre le C4 et sa version compacte est que cette dernière a une longueur de câble de remorque un peu moins longue (de l’ordre de 10% en moins), ce qui limite légèrement la profondeur maximale d’immersion, de l’ordre de 300 mètres sur le C4.

 

Le Captas 4 Compact (©  THALES)

Le Captas 4 Compact (©  THALES)

Le sonar de coque KingKlip Mk2 (©  THALES)

Le sonar de coque KingKlip Mk2 (©  THALES)

 

Pour se protéger des torpilles qui seraient éventuellement tirées par un sous-marin adverse, les FDI seront dotées du Contralto. En liaison avec le CMS, ce système conçu par Naval Group pour tromper les torpilles de nouvelle génération, définit sitôt l’alerte donnée les paramètres de déploiement des contre-mesures et la manœuvre évasive la plus adaptée à la situation tactique du moment. Les contre-mesures seront comme sur les FREMM et les frégates de défense aérienne du type Horizon des leurres Canto-V, qui seront ici déployés par des lanceurs pneumatiques (un sur chaque bord) produits par Naval Group. Une fois à l’eau, les Canto, basés sur le concept de « confusion/dilution », génèrent de façon simultanée de multiples fausses cibles acoustiques suffisamment crédibles pour être analysées par la torpille, dont le système de traitement est alors saturé. Pendant ce temps, le navire a le temps de s’éloigner, non sans avoir lui-même tiré une torpille afin de faire fuir le sous-marin qui l’a attaqué et ainsi rompre le système de fil de la torpille assaillante, qui est théoriquement plus facilement leurrable si elle n’est plus filoguidée.

Leurres antimissile et brouilleurs prévus mais pas immédiatement

En matière de leurres antimissile, les réflexions se poursuivent mais, pour des questions budgétaires notamment, les premières FDI ne devraient pas être équipées de système de ce type, pas plus que de brouilleurs. Elles sont néanmoins prévues pour intégrer ces deux dispositifs à terme, plutôt à brève échéance selon un officier en charge du programme. 

C’est pourquoi on parle au sein de la DGA et de la Marine nationale du standard 1 pour l’Amiral Ronarc’h, les frégates suivantes étant livrées ou portées à des standards supérieurs au fil des décisions et évolutions technologiques. Des améliorations qui pourront bénéficier aux unités précédentes à l’occasion d’arrêts techniques.

 

(©  NAVAL GROUP)

(©  NAVAL GROUP)

 

Une frégate compacte mais qui tient la comparaison avec FREMM

Les FDI représentent donc un challenge important car sur une plateforme nettement plus compacte que FREMM, Naval Group est parvenu à développer un bâtiment de premier rang qui s'annonce extrêmement performant. Avec pourtant 2000 tonnes de moins, la future frégate l’emporterait même sur son aînée dans de nombreux domaines. Selon ses concepteurs, la elle sera en effet au moins équivalente et même souvent supérieure à la FREMM sur 10 des 15 critères principaux de performances opérationnelles.

Ces nouvelles unités sont conçues pour pouvoir évoluer de manière autonome, au sein d’une force internationale ou en escorte d’unités précieuses, comme le porte-avions ou les porte-hélicoptères amphibies (PHA). Elles auront comme on l’a vu des capacités proches, équivalentes ou supérieures aux frégates de premier rang déjà en service mais, c’est l’un des compromis liés à leur compacité, ne sont pas prévues pour pouvoir comme une FREMM ou une FDA assurer le commandement d’un dispositif étendu de défense aérienne ou de lutte ASM.

 

Un PHA escorté par une FDA et une FREMM (©  MARINE NATIONALE)

Un PHA escorté par une FDA et une FREMM (©  MARINE NATIONALE)

 

Un programme rapidement mis sur les rails

C’est pour mémoire début 2016 que les travaux relatifs à ce bâtiment ont débuté au sein d’un plateau collaboratif réunissant les industriels, la marine et la DGA. Une organisation qui a permis d’aller plus vite que pour les précédents programmes et ainsi d’aboutir à une notification du contrat de développement et de réalisation de la tête de série dès avril 2017. En mai 2019, définition générale des FDI était acceptée, ouvrant la voie au lancement de la construction de la première frégate. Ses quatre sisterships doivent être commandés d’ici 2025 et la fin de l’actuelle loi de programmation militaire. En 2017, le coût du programme était annoncé à 3.8 milliards d’euros.

Des unités basées à Toulon et à Brest

Avec les FDI, la Marine nationale va notamment renforcer significativement ses moyens de lutte anti-sous-marine, à un niveau (en nombre de plateformes) similaire à ce que l’on connaissait durant la guerre froide mais avec des performances bien supérieures.

Deux des cinq nouvelles FDI devraient d’ailleurs être basées à Brest, où elles viendront renforcer les moyens de protection des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), à un moment de fort regain d’activité de la flotte russe. Les trois autres FDI seront stationnées à Toulon, où elles remplaceront les trois FLF rénovées.

 

Le Courbet, l'une des cinq FLF actuelles (©  JEAN-CLAUDE BELLONNE)

Le Courbet, l'une des cinq FLF actuelles (©  JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Les FDI complèteront à Toulon les FDA Forbin et Chevalier Paul, les FREMM DA Alsace et Lorraine, ainsi que les FREMM Provence et Languedoc. A Brest, elles s’ajouteront aux FREMM Aquitaine, Auvergne (actuellement basée à Toulon mais qui sera transférée à Brest en 2022), Bretagne et Normandie.

 

La FDA Chevalier Paul (©  JEAN-CLAUDE BELLONNE)

La FDA Chevalier Paul (©  JEAN-CLAUDE BELLONNE)

La FREMM AUVERGNE (©  BERNARD PREZELIN)

La FREMM AUVERGNE (©  BERNARD PREZELIN)

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)