Défense
Les FREMM de défense aérienne
ABONNÉS

Focus

Les FREMM de défense aérienne

Défense

Vendredi 13 novembre, la Lorraine est sortie de la forme de construction du site Naval Group de Lorient. Il s’agit de la huitième et dernière frégate multi-missions (FREMM) française, mais aussi de la seconde de la série optimisée pour la défense aérienne. La première FREMM DA est l’Alsace, mise à l’eau en avril 2019 et qui a débuté en octobre ses essais mer, en vue d’une livraison à la Marine nationale en avril 2021. La Lorraine doit quant à elle prendre la mer dans un an et être réceptionnée en novembre 2022.

 

Mise à l'eau de la FREMM DA Lorraine le 13 novembre (© NAVAL GROUP)

L'émission organisée par Naval Group à l'occasion de la mise à l'eau de la Lorraine (© NAVAL GROUP)

La FREMM DA Alsace (© NAVAL GROUP)

La FREMM DA Alsace (© NAVAL GROUP)

 

Développées suite à l’abandon des FDA 3 et 4

Initialement appelé FREDA, ce projet est étudié discrètement à partir de 2003/2004, au moment où la France et l’Italie concluent un accord pour mener le programme FREMM en coopération. Le développement des FREDA est acté en 2005, lorsqu’est décidé l’abandon des troisième et quatrième frégates de défense aérienne (FDA) du type Horizon, seules les Forbin et Chevalier Paul, mises en service en 2010 et 2011, étant finalement réalisées pour remplacer les anciennes frégates lance-missiles Suffren (1967-2001) et Duquesne (1970-2008) . Alors que les FDA 3 et 4 devaient succéder aux frégates antiaériennes Cassard (1988) et Jean Bart (1991), l’annulation de ces bâtiments au profit d’une adaptation à la défense aérienne de deux FREMM (la série devant comprendre initialement 17 unités) est une alternative présentée comme moins coûteuse. Sachant qu’à l’époque la France comme l’Italie (qui renonce aussi à ses troisième et quatrième Horizon) cherchent des ressources budgétaires pour lancer FREMM, leur second grand programme naval en coopération après Horizon. De plus, on estime que les Cassard et Jean Bart, bien que leur système d'armes principal n’est plus au goût du jour, peuvent encore attendre une décennie. Certains espèrent entretemps une refonte de ces FAA avec le remplacement de la rampe Mk13 et de la soute associée (40 missiles SM-1 MR) par des lanceurs verticaux pour missiles Aster. Mais ce projet ne voit pas le jour.

 

La FDA Chevalier Paul (© JEAN-LOUIS VENNE)

La FDA Chevalier Paul (© JEAN-LOUIS VENNE)

La FAA Jean Bart (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

La FAA Jean Bart (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Plusieurs design étudiés au fil des années

La gestation des FREDA, puis FREMM DA, sera longue et subira les vicissitudes politiques et budgétaires autour du programme, dont la cible est réduite à deux reprises, pour être ramenée à seulement 8 frégates au lieu de 17. En tout, quatre design seront étudiés pour ces FREMM de défense aérienne. Au départ, il est plutôt question de les développer sur la base de la défunte version AVT (action vers la terre) qui ne dispose pas de sonar remorqué. Mais ce modèle (9 exemplaires prévus) est abandonné en 2008 lorsque le programme est ramené à seulement 11 frégates. La question du radar est centrale car, pour assurer des missions de défense aérienne, en particulier d’unités précieuses comme le porte-avions ou des bâtiments amphibies, il faut de puissants senseurs et réduire au maximum les effets de masque engendrés par les mâts. En 2003/2004, les ingénieurs de Naval Group avaient d'ailleurs déjà travaillé sur une mâture unique intégrant un radar tournant sous radôme, concept qui sera ultérieurement retenu pour le patrouilleur hauturier L’Adroit et les corvettes de la famille Gowind.

 

Le projet FREMM (alors appelé FMM) avec mâture unique 

Le projet FREMM (alors appelé FMM) avec mâture unique 

 

Mais pour les FREMM, la solution de la mâture unique est écartée au profit du radar multifonctions Herakles de Thales, surplombant la passerelle. Une autre option se dessine dans les années 2010. A l’époque, le groupe d’électronique planche sur le premier radar français à panneaux fixes (sa filiale néerlandaise en ayant déjà développé), qui deviendra le Sea Fire. En 2013, Naval Group travaille sur son intégration aux FREMM, alors que la France propose des frégates de ce type équipées du nouveau radar à l’Arabie Saoudite, puis au Canada. L’objectif est évidemment de profiter d’un programme export pour financer le développement du Sea Fire et son adaptation sur FREMM, dont la Marine nationale pourrait alors bénéficier. Sauf que le projet saoudien SAWARI III échoue et le ministère français de la Défense n’a pas les moyens de financer cette évolution. Un second espoir du même type était né avec le Canada, lorsque celui-ci avait lancé en 2010 un vaste plan de renouvellement de sa flotte, mais le volet portant sur les frégates prend beaucoup de retard et, au final, c’est le modèle des T26 britanniques qui est retenu en 2018.

 

La FREMM Extended Range (ER) proposée à l'Arabie Saoudite (© NAVAL GROUP)

La FREMM Extended Range (ER) proposée à l'Arabie Saoudite (© NAVAL GROUP)

Naval Group | Actualité industrie navale de défense Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française