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Guénaël Guillerme, directeur-général d’ECA: « L’avenir est à la collaboration entre drones »

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Guénaël Guillerme, directeur-général d’ECA: « L’avenir est à la collaboration entre drones »

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Créé en 1936, le groupe français ECA est devenu l’un des grands spécialistes mondiaux de la robotique et des systèmes automatisés conçus pour remplir des missions complexes dans des environnements hostiles ou contraints. Son expertise est notamment reconnue dans le domaine des drones sous-marins et son offre s’adresse à une clientèle internationale très exigeante en termes de sécurité et d’efficacité, essentiellement dans les secteurs de la défense, du maritime, de l’aéronautique, de la simulation, de l’énergie et des équipements industriels.

L’emploi de robots de plus en plus naturel

« Le marché de la robotique est porteur car les robots sont de plus en plus performants et l’humain craint de moins en moins de les utiliser. C’est une évolution culturelle, liée notamment à l’essor des objets robotisés dans les activités de loisirs et entre les mains des enfants. Ce n’était pas le cas il y a 15 ans et cette évolution facilite le développement de tels systèmes chez les professionnels », estime Guénaël Guillerme, directeur général d’ECA.

Le groupe français est très présent dans le monde maritime. Dans le domaine civil, il propose des engins pour l’hydrographie, les travaux maritimes, l’assistance aux plongeurs ou encore la récupération d’objets à grande profondeur. Et pour ECA, l’aquatique ce n’est pas que la mer. « Nous avons aussi développé des produits spécialement conçus pour travailler dans les piscines d’installations nucléaires ou encore inspecter des canalisations d’eau dans les villes. Ces engins ont de vrais similitudes avec les robots sous-marins ».

Mais c’est dans le secteur naval militaire qu’ECA a fait une remarquable percée ces dernières années. La société, s’appuyant sur son expérience historique avec la marine française dans le domaine de la guerre des mines, puis de nombreux contrats à l’export, a développé toute une série de robots télé-opérés (Remotely Operated Vehicles – ROV) et de drones sous-marins autonomes (Autonomous Unmanned Vehicles – AUV) destinés à détecter, identifier et neutraliser des engins explosifs.

 

L'AUV A9 (© : ECA GROUP)

L'AUV A9 (© : ECA GROUP) 

 

Une maturation technologique qui a débuté dans les années 50

L’engouement considérable que connaissent actuellement ces drones est le fruit d’une lente maturation, débutée il y a plusieurs décennies : « Il y a un demi-siècle, ECA concevait son premier robot. Des années 50 à 90, le grand sujet a été de faire des robots capables de voler ou de plonger. Puis, grâce aux progrès réalisés dans l’informatique et l’électronique, l’approche a évolué, avec la volonté de développer des engins autonomes au cours des années 90. C’était particulièrement vrai dans le domaine sous-marin car, sous l’eau, les liaisons acoustiques sont médiocres. Depuis, au fil des années, les robots s’améliorent grâce aux progrès technologiques : dans le domaine du stockage de l’énergie, qui permet avec des batteries plus performantes d’augmenter les capacités et l’autonomie, ou encore les avancées en matière de transmission acoustique sous-marine. La performance accrue des capteurs embarqués est également cruciale », souligne Guénaël Guillerme. En y ajoutant les progrès réalisés dans les systèmes de mission, avec des algorithmes de traitement des informations permettant aux machines d’évoluer seules et de réagir face à différentes situations (évitement d’obstacles, action programmée en cas de détection…), on obtient aujourd’hui des engins fiables et très efficaces.

ECA a développé toute une gamme de ROV et d’AUV pour les missions d’inspection et de travaux sous-marins. L’un de ses principaux produits est l’A18, un engin de 3.8 mètres de long pour 46.5 cm de diamètre et un poids de 370 kg. Capable d’atteindre 6 nœuds et d’opérer pendant 24 heures à des profondeurs de 5 à 300 mètres, cet AUV, qui peut être mis en œuvre par un bâtiment au moyen d’un système de lancement et de récupération automatique, est équipé d’un sonar interférométrique à ouverture synthétique (ISAS) permettant de produire une imagerie 3D en haute résolution du fond marin. D’autres engins, comme l’A9 (1.98 mètre de long, 23cm de diamètre, 70 kg, 5 nœuds, 20 heures d’autonomie), sont pour leur part optimisés pour les missions de renseignement.

 

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