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Guerre des mines belgo-néerlandaise : le recours d’EDR rejeté

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Guerre des mines belgo-néerlandaise : le recours d’EDR rejeté

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(Article publié le 03/05/19) Le Conseil d'État belge a rejeté la demande de suspension introduite par le chantier Engine Deck Repair (EDR) d’Anvers contre l’attribution du programme de renouvellement des moyens de guerre des mines de la Belgique et des Pays-Bas au consortium Belgium Naval & Robotics (BNR). Constitué par les sociétés françaises Naval Group et ECA Group, ce dernier avait été choisi le 15 mars par le gouvernement belge, en charge de piloter ce programme pour les deux pays. « Cette décision lève l'avant-dernier obstacle à la signature du contrat, attendue dans les prochaines semaines, après le feu vert définitif que doit encore donner la deuxième Chambre (chambre basse du parlement néerlandais) - en principe dans deux semaines - pour ratifier l'accord simultané donné par les deux gouvernements à cet important achat », indique l’agence de presse Belga.

Détenu majoritairement par l’armateur suisse Mediterranean Shipping Company, EDR était pour mémoire allié aux Chantiers de l’Atlantique, à Socarenam et à Thales au sein du consortium Sea Naval Solutions, également en lice pour le programme de guerre des mines belgo-néerlandais. Les autres membres de ce consortium ne l’avaient pas suivi dans son recours contre l’attribution du marché à Belgium Naval & Robotics.

Après l’ultime feu vert du parlement néerlandais, le contrat devrait être notifié fin mai. D’une valeur de plus de 2 milliards d’euros, il porte pour mémoire sur la construction de 12 nouveaux navires (6 pour chaque pays) de d’environ 80 mètres et 3000 tonnes de déplacement mettant en œuvre des systèmes de drones conçus pour la détection, l’identification et la neutralisation de mines.

Les bâtiments seront réalisés par les chantiers Piriou et Kership de Concarneau et Lorient, avec des livraisons prévues entre 2023 et 2030. Une quarantaine de sociétés belges seront également impliquées dans le programme, dont le chantier Flanders Ship Repair, qui assurera notamment le maintien en condition opérationnelle des futurs unités. Une usine implantée à Zeebrugge produira par ailleurs les drones conçus par ECA et qui équiperont les bâtiments belges et néerlandais.

Ces bateaux succèderont aux chasseurs de mines tripartites conçus dans les années 80 en coopération entre la Belgique, les Pays-Bas et la France. Cette dernière prévoit également de remplacer ses CMT par quatre à six bateaux-mères mettant en oeuvre des systèmes robotisés. Mais le ministère des Armées penchait plus pour l'offre présentée par Sea Naval Solutions, qui intègre le concept de drones développé par Thales dans le cadre du programme franco-britannique MMCM. Des outils qui, en l'état, ne pourraient pas être mis en oeuvre par le modèle retenu par la Belgique. Il faudrait donc, pour que cela soit possible, modifier le design de BNR, à moins que la France choisisse un autre type de bateau-mère. Alors que le système MMCM doit être qualifié en 2020, la définition des futures plateformes françaises être conduite cette année en vue d'une commande d'ici l'année prochaine et une livraison des deux premiers bâtiments à la Marine nationale entre 2023 et 2025. 

 

Marine belge Naval Group (ex-DCNS) Piriou