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Guerre des mines : la Marine nationale doit trouver une alternative au drone A27
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Guerre des mines : la Marine nationale doit trouver une alternative au drone A27

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La mise au point d’un nouveau concept de guerre des mines basé sur l’emploi de différents types d’engins robotisés se poursuit dans le cadre du programme franco-britannique Maritime Mine Counter Measures (MMCM), qui est côté français l’une des briques du système de lutte anti-mine futur (SLAM-F). MMCM, dont la maîtrise d’œuvre a été confiée à Thales, porte pour mémoire sur le développement d’un module de lutte contre les mines (MLCM) composé de plusieurs engins. D’abord, deux drones de surface (USV) pouvant mettre en œuvre deux charges utiles : soit un sonar remorqué TSAM de Thales pour la détection, la classification et la localisation des mines, soit un robot télé-opéré (ROV) pour leur identification et leur neutralisation. S’y ajoute un drone sous-marin (AUV) agissant indépendamment de l’USV et remplissant les mêmes fonctions que le sonar remorqué mais de manière plus discrète tout en étant capables de plonger plus profondément. L’ensemble, contrôlé par des opérateurs depuis un poste opérationnel (POC), est conçu pour être déployé depuis la côte ou un bateau-mère.

A l’issue des phases d’essais et de qualification, le choix de l’USV (un engin de 12 mètres en composite réalisé par la société britannique  L3Harris ASV) ainsi que celui du ROV (capable d’emporter trois charges explosives et développé par le groupe suédois Saab) ont été validés. Tel n’est pas le cas en revanche de l’AUV. Le modèle qui avait été retenu est l’A27 de la société française ECA Group. Un engin d’environ 5 mètres et d’un poids d’1 tonne pouvant opérer jusqu’à 270 mètres de profondeur. Il est doté d’un sonar SAMDIS à ouverture synthétique et balayage latéral identique à l’antenne équipant le TSAM. Ce qui lui permet de scanner les fonds jusqu’à 300 mètres environ (contre 100 pour le moment et 200 ultérieurement pour le sonar remorqué). L’autonomie de l’A27 est de l’ordre de 30 heures, dont au moins 18 heures sur la zone d’opération (avec émission sonar), pour une distance franchissable d’une soixantaine de nautiques (aller-retour), soit une capacité transhorizon.

 

L'A27 avec sur chaque côté une antenne du sonar à ouverture synthétique SAMDIS 

L'A27 avec sur chaque côté une antenne du sonar à ouverture synthétique SAMDIS (© : THALES)

 

Un AUV qui a donné satisfaction mais est devenu obsolète

Le problème ne réside pas dans les performances de cet AUV. « Lors des essais, il a bien performé et rempli ses objectifs, le couple A27/SAMDIS constitue un drone sous-marin à hautes performances fournissant une imagerie de très haute résolution, mais le drone est frappé d’obsolescence », explique-t-on chez Thales à Mer et Marine. Le souci rédhibitoire, c’est que l’A27 est désormais un engin à la conception ancienne dont certains éléments ne seront plus fabriqués dans les années qui viennent. Conçu dans les années 2000, ce modèle a servi de base au plan d’études amont Espadon (2009-2016), qui visait à évaluer la faisabilité de l’emploi simultané de différents types d’engins robotisés pour la guerre des mines. Un PEA dont les résultats ont servi à définir le concept retenu pour MMCM, programme lancé en 2015 par la France et le Royaume-Uni et qui devait initialement voir la qualification du système avant la fin 2019. Depuis, la technologie a fait des progrès sensibles, notamment dans le domaine des engins sous-marins robotisés, qu’il s’agisse d’architecture ou d’énergie. Des standards auxquels ne répond plus l’A27. « Il souffre d’un certain nombre d’obsolescences programmées, en particulier au niveau des batteries. Nous avons acheté des modules qui permettront de maintenir ces engins en service quelques années mais on sait qu’on ne pourra pas changer les batteries longtemps et qu’il faudra alors arrêter ce drone », nous explique une source militaire. « Un autre problème majeur est que les drones de cette époque ont une architecture dite sèche, qui nécessite de faire le vide dans une ambiance saine, ce qui est beaucoup plus compliqué pour la maintenance, en particulier sur un bâtiment. Aujourd’hui, les drones de nouvelle génération ont une architecture humide, où les batteries par exemple sont immergées ».

Quelques drones commandés en attendant le plan B

Ces considérations techniques expliquent qu’un nombre

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