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Guerre des mines : où en est le programme SLAM-F ?
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Guerre des mines : où en est le programme SLAM-F ?

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Basé sur l’emploi de systèmes de drones, le renouvellement des moyens de guerre des mines de la Marine nationale est un projet stratégique. Ce domaine de lutte est en effet essentiel pour assurer la sûreté des bâtiments de combat, depuis la projection sur un théâtre d’opération lointain jusqu’aux chenaux et enceintes portuaires nationales. Cette capacité est par exemple indispensable pour les opérations de débarquement comme la sécurisation des départs et retours de patrouilles des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) stationnés en rade de Brest. Mais aussi pour garantir le fonctionnement des ports civils et la liberté de navigation dans les détroits et à travers les routes maritimes vitales pour le commerce international et l’approvisionnement du pays. Sans oublier la dépollution permanente et encore durable des engins explosifs historiques (bombes, obus et mines) datant des précédentes guerres, que l’on découvre très régulièrement sur les plages et devant les côtes françaises.

 

Pétardage d'une munition historique en Manche, ici lors d'une opération OTAN en en avril (© OTAN)

Pétardage d'une munition historique en Manche, ici lors d'une opération OTAN en en avril (© OTAN)

 

Une rupture technologique et dans la doctrine d’emploi

C’est aussi un projet particulièrement novateur, complexe et de longue haleine, l’un des plus ambitieux du moment.  Car il va constituer non seulement une rupture technologique majeure, mais aussi un changement de paradigme complet dans la doctrine d’emploi et la manière de travailler des marins spécialisés dans la chasse aux mines et aux IED maritimes. Une révolution donc, comme les forces navales n’en ont en fait pas connu depuis l’avènement du missile ou de la propulsion nucléaire.

 

Le CMT Orion (© JEAN-LOUIS VENNE)

Le CMT Orion (© JEAN-LOUIS VENNE)

 

Remplacer les CMT, BRS, BBPD et BEGM

Connu sous le nom de SLAM-F (système de lutte anti-mines du futur) ce programme à plusieurs étages vise d’abord à remplacer les chasseurs de mines tripartites (CMT) de la Marine nationale, mis en service entre 1984 et 1988 (à l’exception du Sagittaire, construit entre 1993 et 1996 pour remplacer un premier CMT du même nom vendu au Pakistan). Réalisés en matériaux composites pour disposer d’une coque amagnétique, ces chasseurs de 51 mètres de long et 640 tonnes de déplacement en charge étaient auparavant au nombre de treize, dont trois anciens belges acquis en 1997. Trois ont déjà été désarmés : le Persée (2009), le Verseau (2010) et l’Eridan (2018). Les autres doivent être retirés du service d’ici 2029. Les Cassiopée, Andromède, Pégase, Croix du Sud, L’Aigle, Céphée et Sagittaires sont basés à Brest, alors que les Orion, Lyre et Capricorne ont Toulon pour port d’attache.

 

Le BRS Aldébaran (© MICHEL FLOCH)

Le BRS Aldébaran (© MICHEL FLOCH)

 

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