Disp POPIN non abonne!
Vie Portuaire

Reportage

Hambourg : un des berceaux Airbus

Vie Portuaire

Sur le tarmac du site hambourgeois d’Airbus, un A320 flambant neuf fait un « touch-and-go ».  Juste derrière lui, un autre atterrit en provenance de Toulouse avec des employés de la compagnie à bord. Airbus à Hambourg, c’est une ville dans la ville : 3.7 km2, plus d’une centaine de  bâtiments, 12.500 employés, une piste et un terminal roulier où accoste les bateaux dédiés au transport des pièces aéronautiques.

L’histoire du site de Finkenwerder, le nom de la commune qui accueille le site sur la rive gauche de l’Elbe, remonte aux années 30 quand les frères Blohm, du chantier naval Blohm+Voss décide de s’intéresser à l’aviation, et en particulier aux hydravions. Ils créent une entreprise nommée Abteilung Flugzeugbau der Schiffwerft Blohm und Voss, (littéralement «  division construction d’avions du chantier naval Blohm et Voss »). Après la guerre, les activités reprennent et le site est intégré au groupe MBB (Messerschmitt – Bülkow- Blohm) dans les années 60 avant de rejoindre Airbus. Aujourd’hui, Hambourg est le deuxième site de l’avionneur après Toulouse. En tout, Airbus compte 17 usines dans toute l’Europe, chacune spécialisée dans la construction d’une partie de l’avion.  Les pièces sont ensuite acheminées, par air ou par mer, dans un des deux sites d’assemblage européens du groupe (Hambourg et Toulouse) ou vers les sites de Tianjin en Chine ou Mobile en Alabama.

Au fil des années, Hambourg a développé une expertise particulière en matière de fuselage et de cabines et est devenu le « centre de compétence » du groupe en la matière.   C’est ainsi que pour toutes les gammes d’avion, de la famille des monocouloirs A320 (qui comporte sept modèles allant de 100 à 240 passagers), à l’A 330, l’A350 XWB et l’A380, Hambourg fournit et équipe les fuselages. Pour cela, des chaînes dédiées par type d’avion sont réparties sur le site. Chaque partie du fuselage est isolée, câblée et équipée avec des modules de plus en plus pré-assemblée. Les cabines et leur décor intérieur sont adaptés en fonction des souhaits des clients puis installées.

 

Assemblage des fuselages (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Assemblage des fuselages (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Pour toute la famille A320, qui surfe actuellement sur une très grosse vague de commande, l’assemblage se fait soit à Hambourg, soit à Tianjin, soit à Mobile. Là aussi les hangars accueillent des chaînes où les avions sont positionnés à la queue-leu-leu puis avancés au fur et à mesure de l’installation des équipements. La première station de la chaîne est le rivetage des parties avant, avec le cockpit, et arrière du fuselage. Les équipements lourds, comme le galley et les sanitaires, sont ensuite placés avant le montage du reste de la cabine.  Ce sont ensuite les trains d’atterrissage qui sont installés, puis les ailes jointées au fuselage. Enfin, c’est au tour des moteurs puis des sharklets (concept Airbus de winglets, les ailettes verticales au bout des ailes). L’avion est ensuite peint, puis subit une série d’essais, la première avec un équipage Airbus, les suivants avec les clients. Les autres avions (A330, A350 et A380) sont assemblés à Toulouse. Les A380 reviennent à Hambourg pour s’y faire peindre dans un hall dédié.

 

Chaîne d'assemblage de l'A320

Chaîne d'assemblage de l'A320 (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le hall de peinture, avec un A380 et un A320 côte-à-côte (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le hall de peinture, avec un A380 et un A320 côte-à-côte (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Avec autant de sites en Europe et dans le monde, la logistique d’Airbus est particulièrement complexe. Jusqu’à l’arrivée de l’A380 et l’ouverture des usines en Chine et aux Etats-Unis, la plupart des envois de pièces s’effectuaient grâce à l’avion cargo de transport Beluga. L’arrivée des colis plus imposants de l’A380 et les distances jusqu’aux nouveaux sites de production ont amené l’avionneur à avoir recours au transport maritime.

 

Le Beluga paré à rejoindre la piste de décollage

Le Beluga paré à rejoindre la piste de décollage (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Depuis 2005 et l’arrivée du Ville de Bordeaux, puis des City of Hamburg, Ciudad de Cadiz, tous trois armés par LDA sous pavillon français, et plus récemment des affrété Spirit of Montoir et Stena Forecaster, le schéma logistique maritime s’est densifié. Géré par LD Seaplane, une filiale de LDA, ce dernier est désormais organisé en rotations entre Hambourg et Saint-Nazaire, qui tend à devenir « le » hub d’Airbus. Des sections complètes d’avions destinées à être assemblées à Toulouse ou, de plus en plus, Mobile, y sont expédiées par Hambourg.  De Saint-Nazaire, elles sont acheminées vers Toulouse via Pauillac et vers les Etats-Unis, à raison de quatre avions par mois. Effectué actuellement par le Spirit of Montoir actuellement, cette rotation transatlantique sera pérénisée à compter de 2020, date d'entrée en flotte de l'avion de transport Beluga XL. Les pièces à destination de Tianjin sont, quant à elles, chargées sur les porte-conteneurs de l’armement Cosco depuis le terminal de Hambourg.

En tout, chaque année, 650 rotations de bateaux et 1200 de Beluga s’effectuent au départ de Hambourg. Et si l’on rajoute la logistique terrestre de pré-acheminement de pièces et d’équipements, 7000 camions entrent chaque année sur le site.

 

Airbus Louis Dreyfus Armateurs