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Harland and Wolff devrait participer à la construction des T31 britanniques

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Harland and Wolff devrait participer à la construction des T31 britanniques

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Placé en redressement judiciaire cet été, le mythique chantier de Belfast, d’où est notamment sorti le Titanic en 1912, devrait participer à la construction des cinq nouvelles frégates du type 31 de la Royal Navy. Il s’avère en effet qu’Harland and Wolff fait partie de l’équipe retenue par le ministère britannique de la défense (MoD) pour mener à bien ce programme. Un consortium piloté par Babcock, dont le chantier écossais de Rosyth a été en charge de l’assemblage des porte-avions britanniques, et le bureau d’ingénierie BMT à qui l’on doit la conception des nouveaux ravitailleurs de la Royal Fleet Auxiliary. Derrière ces deux têtes d’affiche se trouvent d’autres partenaires, dont le danois Odense Maritime Technology, l’offre du consortium étant basé sur une évolution des dernières frégates danoises, le chantier Ferguson Marine de Glasgow et donc Harland and Wolff. Alors que le chantier nord-irlandais, qui a surtout travaillé dans l’éolien offshore ces dernières années, est en quête d’un repreneur, on ne connait pas encore l’implication qu’il pourra avoir exactement dans la construction des T31. On peut néanmoins imaginer que Babcock souhaite reproduire un schéma industriel voisin de ce qui a été mis en place pour les nouveaux porte-avions britanniques, réalisés en méga-blocs dans plusieurs chantiers, les sections étant ensuite acheminées vers le site d’assemblage de Rosyth.

Harland and Wolff, qui a compté jusqu'à 30.000 employés dans les heures de gloire connues depuis sa création en 1861, emploie actuellement 120 personnes et s'est spécialisé depuis 2008 sur le marché des énergies marines renouvelables. Longtemps public, le capital de ce véritable symbole industriel et politique en Irlande du Nord appartient, depuis 1989, au groupe norvégien Fred Olsen ainsi qu'à une partie des salariés.

Prévues pour être livrées entre 2023 et 2028, les cinq futures T31 seront des bâtiments de 138.7 mètres de long pour 19.8 mètres de large, 4.8 mètres de tirant d’eau et plus de 4000 tonnes de déplacement. Leur vitesse maximale sera de 28 nœuds et leur autonomie de 9000 milles à 12 nœuds. Pouvant accueillir jusqu’à 160 personnes, dont un équipage d’une centaine de marins, elles seront équipées d’un système de combat M-Cube (Tacticos) et d’un radar NS100, ainsi que de moyens de lutte anti-sous-marine (avec la possibilité d’embarquer un sonar de coque et un sonar remorqué). Ces systèmes seront fournis par Thales. En matière d’armement, les T31 pourront mettre en œuvre des missiles à lancement vertical (jusqu’à 32) dont le système surface-air Sea Ceptor, 8 missiles antinavire, une tourelle de 127mm, un canon de 40mm, de l’artillerie légère, un système RAM ainsi qu’un hélicoptère (Merlin ou Wildcat) et un drone aérien. Quatre baies latérales sont conçues pour le déploiement d’embarcations rapides et des engins autonomes de surface ou sous-marins (USV ou AUV). Des emplacements réservés permettront de plus d’embarquer des conteneurs afin d’ajouter des matériels spécifiques selon les missions.

Ce programme est marqué par des contraintes budgétaires extrêmement fortes puisque le MoD a imposé une enveloppe de seulement 250 millions de livres par bâtiment.

 

Vue des futures T31 (© MOD)

Vue des futures T31 (© MOD)

 

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