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Haropa : deux ministres se penchent sur le berceau du futur ensemble portuaire

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Haropa : deux ministres se penchent sur le berceau du futur ensemble portuaire

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Le 4 janvier, Annick Girardin, ministre de la Mer et Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des Transports se sont rendus à Rouen pour analyser la situation du futur port de l’axe Seine, Haropa. Un article d'Hervé Deiss de Ports et Corridors

Le choix de se rendre à Rouen pour le premier déplacement de cette année de la ministre de la Mer et du ministre chargé des Transports n’est pas le fruit du hasard. Le Grand port maritime de Rouen a toujours fait sentir sa position délicate entre Le Havre et Paris. Port céréalier avec une activité logistique plus réduite que celle du Havre, les professionnels portuaires rouennais ont toujours annoncé vouloir attendre de nouvelles précisions sur Haropa avant de s’engager plus fortement. La décision du gouvernement de « délocaliser » le siège de Haropa de Rouen au Havre, selon le verbatim des rouennais, a été une nouvelle pique mal ressentie par la place.

La première préfiguration

Ce déplacement des deux ministres dans la préfecture du département de la Seine-Maritime a été l’occasion de dévoiler le résultat de la première phase de la préfiguration d’Haropa. Elle a été accompagnée d’une « concertation approfondie de l’ensemble des parties prenantes au projet. Ils (les deux ministres, ndlr) ont ainsi exposé les grands paramètres de la création du nouvel ensemble portuaire Haropa en présence des principaux élus de l’axe Seine et des représentants des trois places portuaires », indique un communiqué du ministère d’Annick Girardin.

Un projet stratégique en quatre axes

La discussion entre les deux représentants du gouvernement et les professionnels portuaires a porté notamment sur le projet stratégique du futur ensemble portuaire. Il s’articulera autour de quatre axes, ont indiqué les deux ministres.

La reconquête de parts de marchés grâce à un système portuaire et logistique de référence à destination des clients et partenaires internationaux ;

L’accélération de la transition écologique par l’amélioration de l’efficacité énergétique et la production d’énergie verte ;

L’innovation et la transition numérique pour déployer de nouveaux services numériques le long du corridor sur l’axe Seine ;

L’accompagnement de la transition et le développement du capital humain.

Une enveloppe à déterminer

Pour réaliser ce projet stratégique, les deux ministres ont annoncé une enveloppe d’investissement. Le Cimer en donnera le montant lors de sa prochaine réunion. Il devrait se tenir fin janvier, selon les services des ministres.

Les deux ministres ont aussi indiqué les modalités de la gouvernance de ce nouvel ensemble. Il est prévu un conseil de surveillance composé de 17 membres (5 représentants de l’État, 4 personnalités qualifiées issues du monde économique, les deux Régions Île-de-France et Normandie, les métropoles du Havre, de Rouen et de Paris). Il sera accompagné par un conseil d’orientation de l’axe Seine qui permettra d’éclairer les décisions stratégiques du conseil de surveillance. Enfin, un conseil de développement territorial au niveau de chaque place portuaire pour permettre de représenter les intérêts locaux et de les porter auprès du conseil de surveillance.

Les prémices de la stratégie portuaire nationale

Ces grandes lignes doivent maintenant être mises en place par le nouveau préfigurateur, Stéphane Raison. Il devra composer avec les orientations données par les deux ministères mais aussi avec les trois places portuaires qui ont des intérêts communs à défendre, notamment au niveau de la gouvernance portuaire.

À l’occasion de ce déplacement, Annick Girardin a rappelé l’importance de disposer de grands ports maritimes. « Il n’y a pas de nation maritime sans grands ports solidement ancrés dans leur territoire. Grâce au rapprochement des trois ports au sein de l’axe Haropa, nous renforçons la vallée de la Seine en lui conférant un rôle économique déterminant pour l’avenir de notre pays. Ce projet constitue l’une des premières briques de notre stratégie nationale portuaire, qui permettra de faire des ports français de véritables actifs stratégiques au service de leur territoire. » Et Jean-Baptiste Djebbari a ajouté que cet ensemble portuaire « va permettre à la France de reconquérir des parts de marché, de renforcer sa compétitivité et l’attractivité de ses territoires. »

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Copie interdite sans consentement du ou des auteurs.