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Hausse du gasoil : A bout, les pêcheurs font le blocus du port des Sables d'Olonne

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Hausse du gasoil : A bout, les pêcheurs font le blocus du port des Sables d'Olonne

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« C'est le blocus total. Temps qu'on n'aura pas obtenu satisfaction, le barrage restera fermé », indiquait hier Claude Tessier, patron du chalutier vendéen l'Astrée. Face à la hausse du coût du carburant, les pêcheurs des Sables d'Olonne ont débuté samedi dernier le blocage du chenal d'accès aux ports de commerce et de plaisance. Sept chalutiers interdisaient toute entrée et sortie. Hier, les pêcheurs ont seulement consenti à laisser l'accès libre durant une demi-heure, à l'occasion de la fin du week-end prolongé, pour permettre aux plaisanciers de faire mouvement. Mais après cette brève ouverture, les accès au port ont de nouveau été barrés. Alors que le prix du baril de pétrole a atteint la semaine dernière la barre des 125 dollars, les professionnels estiment avoir perdu la moitié de leur salaire en un an. Quant au plan de relance promis par le président de la République et mis en oeuvre par le gouvernement, il ne semble pas convaincre. « Sarkozy assassin de la pêche » pouvait-on lire sur les banderoles déployées par les pêcheurs vendéens, en même temps qu'un marin pendu, harnaché de son gilet de sauvetage. Selon Claude Tessier : « S'ils veulent une pêche chalutière en France, il faut qu'ils fassent quelque chose. Tous les ports en sont au même point ». Ecoeurés, les pêcheurs n'en restent pas moins très mobilisés. Et les patrons et matelots vendéens de prédire que, faute d'avancée, « ça va suivre » dans les autres ports.

« On a eu des aides, c'est vrai, mais ça ne suffit pas »

Au coeur du conflit se trouve donc l'impact de la flambée du pétrole, qui a fait grimper le prix du gasoil à près de 70 centimes le litre. Dans ces conditions, impossible pour les pêcheurs de joindre les deux bouts. « Vu la consommation qu'on a, on est pieds et poings liés », lance le patron de la Cangue, un navire de 16 mètres. « Nous, on consomme 1200 litres par jour et il y a des bateaux qui consomment jusqu'à 2500 litres. Faites les comptes ! » Il estime que les pêcheurs devraient payer « 40 centimes le litre pour que ce soit rentable ». Le poste carburant pèse aujourd'hui un poids démesuré dans l'activité des chalutiers. « C'est 50 % de notre chiffre d'affaire », assure le patron de la Cangue. Pour lui, les aides débloquées en novembre à l'issue du premier conflit sur le prix des carburants par Michel Barnier, le ministre de la pêche, ne compensent pas tout, loin de là. « On a eu des aides, c'est vrai, mais ça ne suffit pas », estime-t-il. « Il faudrait qu'on trouve des échéances à long terme. Mais avec Bruxelles, on y arrive pas, on est jamais euro-compatibles ». Son navire qui mesure 16 mètres a bénéficié de 5000 euros d'aides. C'est beaucoup et peu à la fois, selon le pêcheur : « 5 000 euros c'est valable pour 4 mois. Mais divisé par le nombre de personnes à travailler et ce qu'on laisse pour le bateau ca fait 550 euros pour une personne et pour 4 mois ». Le conflit semble s'installer dans la durée. « On est à bout, ca sert plus a rien d'aller travailler », explique-t-il gravement en désignant un matelot. « C'est un gars qui vient de rentrer de 10 jours de mer. Il a touché 250 euros. Bientôt, il va falloir qu'il donne des sous à son patron pour payer les dettes ».

Aux Sables, Pierre-Baptiste Vanzini
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- A noter que la photo illustrant cet article provient du site Survol de France, qui propose de superbes vues aériennes du pays et des territoires d'outre-mer.