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Hervé Morin : Le nouveau VRP de la navale française

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Hervé Morin : Le nouveau VRP de la navale française

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Le ministre de la Défense, qui a inauguré hier le salon Euronaval, a largement vanté les mérites de l'industrie française. Hervé Morin réaffirme fortement son intention de soutenir le développement des ventes à l'export. Face à un marché national tendant à se réduire faute de crédits, l'Etat souhaite compenser les réductions de format en aidant les industriels décrocher plus de contrats à l'étranger. Pour cela, le ministre met en avant le savoir-faire national. « La France est une des seules nations à pouvoir concevoir seule toute la gamme de navires et systèmes que souhaitent les clients. Elle peut fournir un service complet : spécification personnalisée, formation technique et opérationnelle, assistance et soutien dans la durée. De ce fait, un client qui s'adresse à elle peut compter sur une homogénéité et une interconnexion totales de ses navires et systèmes », a-t-il expliqué hier, dès le début de son discours, avant de décliner le catalogue de DCNS : frégates FREMM et FM400, corvettes Gowind, bâtiments de projection et de commandement, sous-marins Scorpène et Andrasta. Les équipementiers, comme le missilier MBDA et ses missiles Aster, Exocet et Scalp Naval, tout comme Eurotorp et sa torpille MU90, n'ont pas été oubliés. Même chose pour Thales, dont les compétences en matière de radars et sonars ont été saluées.

Des PME « déterminantes pour l'innovation »

Hervé Morin a également tenu à vanter les mérites des PME du secteur : « Ces dernières ne sont pas des acteurs de second rang. Elles sont déterminantes pour l'innovation qui fonde la performance de nos systèmes d'armes ». Devant les chefs d'entreprises, dont son ministère assure aujourd'hui la plus grande partie du carnet de commandes, Hervé Morin a réaffirmé « l'appui de l'Etat français » dans leurs démarches pour se développer à l'international. En décembre 2007, le ministre avait d'ailleurs lancé un plan d'action ayant deux objectifs principaux : « fluidifier les procédures de contrôle et dynamiser les mécanismes de soutien ». En clair, le ministère entend réduire les délais de traitement des demandes d'exportation, alléger et faciliter les démarches des industriels et aligner la liste française des matériels de guerre sur les normes européennes. Le Plan Export vise aussi à renforcer le dialogue avec les industriels, avec un effort particulier en direction des PME-PMI, ainsi qu'à faciliter les échanges avec les partenaires européens et alliés. En termes de soutien aux exportations, le ministère de la Défense va dynamiser son action autour de trois axes : élaboration d'un plan national stratégique de soutien aux exportations, modernisation des outils de coordination du soutien, ainsi que réorganisation des actions de ventes et de cession d'équipements d'occasion. « La plupart des objectifs annoncés pour le 31 décembre sont d'ores et déjà atteints, voire dépassés. En particulier, le délai de traitement moyen des dossiers est passé en un an de 80 à 40 jours, et l'objectif de près de 6 milliards d'euros de contrats d'exportation signés en 2008, en hausse de près de 10% par rapport à 2007, est pour le moment tenu », se félicite le ministre.

Equipements : 200 milliards d'euros d'ici 2020

Malgré l'impact de la crise financière et économique, Hervé Morin, à la veille de la présentation du projet de loi de programmation militaire, a redit le cadre budgétaire du Livre Blanc sur la Défense, publié en juin dernier, alors que la situation économique était meilleure. « 377 milliards d'euros d'ici 2020, dont 200 milliards pour les équipements ». Sur les cinq prochaines années, 185 milliards devraient être dépensés, la marine voyant conforté son rôle par le Livre Blanc. « Dans le domaine naval, il accrédite le besoin d'une marine de premier rang. La composante sous-marine est confirmée : quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, six sous-marins nucléaires d'attaque. La composante aéronavale est réaffirmée : un porte-avions avec son groupe aérien embarqué, et une décision sur un second porte-avions en 2011-2012. Le nombre de frégates envisagé est celui d'une marine de premier rang : 18 », a expliqué le ministre, qui a assuré hier que, dans le cadre du projet de LMP, « les grands programmes navals sont confortés, et nous avons veillé à ce que cela se fasse en assurant le maintien de l'outil industriel ». Le ministre faisait notamment référence aux inquiétudes portant sur l'étalement des programmes. Alors que les SNA du type Barracuda ne devraient subir que six mois de retard sur l'ensemble du programme (plus de 18 ans), le rythme des FREMM, qui devait initialement être d'une livraison tous les sept mois, serait d'un bateau tous les 10 à 12 mois. Cet étalement est jugé acceptable chez DCNS. « On peut le faire sans plan social », assure-t-on à la direction du groupe. En tout, 11 FREMM seront réalisées (3 nouvelles commandées en 2009, en plus des 8 notifiées en 2005), dont les deux antiaériennes (FREDA), pour lesquelles les études de développement seront bientôt lancées. « Pour équiper les FREMM et les Barracuda et leur donner une capacité inédite de frappe dans la profondeur, le programme de missiles de croisière naval est lui aussi confirmé, et une nouvelle commande sera passée dès 2009 de manière à disposer de 200 missiles ».

Des projets européens sur la surveillance et le déminage maritime

Dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, Paris prône la mutualisation des moyens et les développements communs. « En ce qui concerne la surveillance maritime, il s'agit en particulier de renforcer notre capacité à lutter contre la piraterie et les trafics. Pour cela, la France pousse pour le lancement de deux projets au niveau européen. L'un autour des drones dédiés à la surveillance maritime. La présidence française permettra d'obtenir dans les tous prochains jours une avancée très concrète avec le lancement du stade de préparation à l'Agence Européenne de Défense. L'autre pour la mise en réseau des systèmes nationaux de surveillance et l'élaboration d'une image de la situation maritime à l'échelle européenne, tout en préservant la liberté d'action des Etats. Nous espérons une conclusion avant la fin de la présidence française ». La lutte contre les mines fait également partie des priorités du moment, ces engins, pouvant être acquis à bas coûts, faisant toujours planer une grave menace sur certains axes d'échanges majeurs, comme le détroit d'Ormuz, reliant le Golfe à l'océan Indien. Face à l'émergence de nouvelles générations de mines, les industriels français sont très actifs, notamment en matière de drones. « Nous voulons porter au niveau européen les travaux de réflexion sur les ruptures opérationnelles et technologiques liées à la robotique sous-marine. C'est un domaine prioritaire et nous devrions également être en mesure d'obtenir un accord pour le lancement d'un projet à l'AED d'ici la fin de l'année avec plusieurs partenaires ».

Le président de DCNS, Hervé Morin et le Délégué général pour l'armement (© :MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)
Le président de DCNS, Hervé Morin et le Délégué général pour l'armement (© :MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)