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Histoire : le Narvik, bâtiment anti-mine océanique (BAMO)
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Histoire : le Narvik, bâtiment anti-mine océanique (BAMO)

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Si les anciens Lorientais se rappellent de son histoire, qui a pris un tournant inattendu il y a trente ans, les plus jeunes n’en ont pas forcément entendu parler, bien qu’ils peuvent apercevoir depuis longtemps sa silhouette atypique dans la rade, à l’entrée du Scorff. Depuis de longues années, est amarrée au port de la base des fusiliers-marins et commandos de Lanester une coque grise. Contrairement aux vieux bâtiments désarmés de la Marine nationale qui protègent le plan d’eau en rendant un ultime service en tant que brise-lames, ce bateau n’est, lui, jamais entré en service. 

Cette coque particulière, en forme de gros catamaran, est celle de l’ex-Narvik, imaginé dans les années 80 et qui devait être la tête de série d’une nouvelle génération de bâtiments anti-mines océaniques (BAMO).

 

L'ex-BAMO Narvik en 2012 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'ex-BAMO Narvik en 2012 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'ex-BAMO Narvik en 2019 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'ex-BAMO Narvik en 2019 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'ex-BAMO Narvik en 2019 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'ex-BAMO Narvik en 2019 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Alors que la flotte française met en service en 1984 ses premiers chasseurs de mines tripartites (CMT), dans le cadre d’un programme mené en coopération avec la Belgique et les Pays-Bas, la question du remplacement des derniers vieux dragueurs océaniques se pose. Il s’agit des anciens DO américains du type MSO, dont 15 exemplaires avaient été construits aux Etats-Unis et donnés à la France au titre des plans d’assistance militaire mis en place par Washington auprès de ses alliés durant la Guerre froide. Lancés en 1953 et 1955, les DO sont transférés sitôt leurs essais achevés, avec des mises en service s’échelonnant de 1953 à 1957. Ces bâtiments de 50 mètres de long et 780 tonnes de déplacement en charge disposent d’une coque en bois. En 1987, la Marine nationale compte encore cinq DO en service (Berlaimont, Ouistreham, Alençon, Berneval et Baccarat), ainsi que le Narvik, transformé en 1976 en bâtiment d’expérimentation pour la guerre des mines. S’y ajoutent cinq anciens DO refondus entre 1976 et 1979 en chasseurs de mines océaniques (les Dompaire, Garigliano, Mytho, Cantho et Vinh-Long).

 

Le dragueur de mines océanique Berlaimont en 1987 (© : BERNARD PREZELIN)

Le dragueur de mines océanique Berlaimont en 1987 (© : BERNARD PREZELIN)

Le dragueur de mines océanique Alençon en 1987 (© : BERNARD PREZELIN)

Le dragueur de mines océanique Alençon en 1987 (© : BERNARD PREZELIN)

Le chasseur de mines océanique Mytho dans les années 80 (© : BERNARD PREZELIN)

Le chasseur de mines océanique Mytho dans les années 80 (© : BERNARD PREZELIN)

 

En plus des CMT, qui seront réalisés à 10 exemplaires par la France (au lieu des 15 initialement prévus), la Marine nationale dispose également des cinq chasseurs de mines du type Circé, construits aux CMN de Cherbourg et entrés en service en 1972-73.

 

Le CMT Sagittaire (© : MICHEL FLOCH)

Le CMT Sagittaire (© : MICHEL FLOCH)

L'Edremit, ex-Circé français cédé avec ses sisterships en 1997 à la Turquie (© : JEAN-LOUIS VENNE)

L'Edremit, ex-Circé français cédé avec ses sisterships en 1997 à la Turquie (© : JEAN-LOUIS VENNE)

 

La question de la succession des DO intervient à un moment où une nouvelle menace a émergé du côté de l’URSS. La marine soviétique entreprend en effet de développer des mines pouvant être mouillées par grands fonds, en réaction aux avancées techniques réalisées par les Occidentaux dans ce domaine de lutte. Alors que les sonars font des progrès significatifs, avec les Circé arrivent en France dès les années 70 les premiers robots télé-opérés de chasse aux mines. Ce sont les fameux poissons auto-propulsés (PAP) développés par la société varoise ECA et qui permettent grâce à des caméras et une capacité d’emport et de dépose de charge explosive, d’identifier et neutraliser des mines à distance, en complément

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