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HMS Queen Elizabeth, le nouveau fleuron de la Royal Navy

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HMS Queen Elizabeth, le nouveau fleuron de la Royal Navy

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C’est l’évènement de l’année pour l’industrie navale en Europe. Cinq ans après le début de sa construction, le nouveau porte-avions britannique a été baptisé le 4 juillet au chantier Babcock de Rosyth, en Ecosse. Une grande cérémonie a été organisée pour l’occasion, en présence de la reine Elizabeth II et de son époux le prince Philip, qui a servi dans la Royal Navy de 1939 à 1952. Le HMS Queen Elizabeth est le plus grand bâtiment de guerre réalisé jusqu’ici en Europe et le premier porte-aéronefs voyant le jour au Royaume-Uni depuis 40 ans.

 

 

Le HMS Invincible et le HMS Queen Elizabeth à Rosyth (© MOD)

Le HMS Invincible et le HMS Queen Elizabeth à Rosyth (© MOD)

 

Lors de la cérémonie de baptême (© MOD)

Lors de la cérémonie de baptême (© MOD)

 

Lors de la cérémonie de baptême (© MOD)

Lors de la cérémonie de baptême (© MOD)

 

Lors de la cérémonie de baptême (© MOD)

Lors de la cérémonie de baptême (© MOD)

 

 

Long de 280 mètres pour une largeur de 70 mètres et une hauteur de 56 mètres de la quille au sommet des mâts, il affichera un déplacement de 65.000 tonnes à pleine charge. Dernier des trois porte-aéronefs du type Invincible encore en service, le HMS Illustrious, présent au côté du HMS Queen Elizabeth vendredi dernier, donnait une excellente idée du gabarit du nouveau fleuron de la Royal Navy. Ce dernier est, ainsi, plus long de 71 mètres, plus large de 34 mètres et sera trois fois plus lourd que son aîné. Au sein des forces navales européennes, il surclassera également le Charles de Gaulle français (261.5 mètres, 42.500 tonnes), le Cavour italien (244 mètres, 27.000 tonnes) et le bâtiment de projection espagnol Juan Carlos I (231 mètres, 26.800 tonnes). Seuls les porte-avions américains seront plus gros, avec par exemple une longueur de 333 mètres et un déplacement de 98.000 tonnes pour les unités de la classe Theodore Roosevelt. Quant au Kuznetsov russe et au Liaoning chinois, ils sont légèrement plus grands (304 mètres pour 58 à 65.000 tonnes) mais leurs capacités seront moindres, sans compter le fait que la conception de ces bâtiments date de la fin des années 70.

 

 

Différence de gabarit entre le HMS Queen Elizabeth et le HMS Invincible (© ACA)

Différence de gabarit entre le HMS Queen Elizabeth et le HMS Invincible (© ACA)

 

 

 

 

L’erreur stratégique des petits porte-aéronefs

 

 

Pour la Royal Navy, l’entrée en flotte du HMS Queen Elizabeth constituera un tournant majeur. Finie, en effet, l’époque des petits porte-aéronefs, conçus du temps de la guerre froide pour l’escorte des convois dans l’Atlantique. En renonçant à la fin des années 70 aux grands porte-avions conventionnels, le Royaume-Uni avait en fait commis une grave erreur dont il a fait les frais pendant quatre décennies. Car sa marine s’est, ainsi, retrouvée privée d’un véritable outil de projection aéronavale, les trois Invincible, mis en service en 1980 (HMS Invincible), 1982 (HMS Illustrious) et 1985 (HMS Ark Royal) ne mettant en œuvre qu’une douzaine d’Harrier. Des avions à décollage court et appontage vertical, à faible rayon d’action et capacités d’emport, qui ne permettaient plus à la Royal Navy, contrairement à ses homologues américaine et française, de lancer de grands raids aériens depuis la mer vers des cibles terrestres. Les porte-aéronefs britanniques ont essentiellement servi, notamment pendant la guerre des Malouines, à la défense aérienne de la flotte, avec une efficacité amoindrie au fil du temps, l’avion ne pouvant rivaliser, notamment en termes de manoeuvrabilité, avec les chasseurs modernes.

 

 

Porte-aéronefs du type Invincible (© MOD)

Porte-aéronefs du type Invincible (© MOD)

 

Harrier sur un porte-aéronefs britannique dans les années 2000 (© MOD)

Harrier sur un porte-aéronefs britannique dans les années 2000 (© MOD)

 

 

Perte de savoir-faire

 

 

La fusion des escadrons de la Fleet Air Arm avec ceux de la Royal Air Force, dans les années 2000, a de plus conduit à la perte progressive du savoir-faire britannique en matière d’aviation embarquée. Les pilotes de la RAF se sont en effet, dans leur ensemble, montrés peu enthousiastes à l’idée d’opérer sur les plateformes de la marine. L’intervention en Afghanistan a, de plus, mobilisé l’essentiel de la flotte de Harrier (qui n’était plus utilisée sur la fin que pour les missions d’attaque au sol), empêchant le déploiement réguliers d’avions sur les Invincible. Afin de remédier à cette lacune et à la perte de compétence qui en a découlé, la Royal Navy a obtenu, en 2010, de pouvoir rembarquer des Harrier mais le processus de réappropriation n’a pu être mené à son terme, le vénérable avion étant retiré prématurément du service début 2011 pour cause de restrictions budgétaires. Une décision qui a du même coup entrainé le désarmement du HMS Ark Royal (le HMS Invincible était en réserve depuis 2005) et le reclassement du HMS Illustrious en simple porte-hélicoptères.

 

 

Le HMS Illustrious (© MOD)

Le HMS Illustrious (© MOD)

 

 

Réappropriation de l’outil

 

 

L’histoire de la chasse embarquée britannique va donc connaître une interruption de près d’une décennie entre le retrait du service du Harrier et l’arrivée, puis la montée en puissance, de son successeur, le F-35B. Comme son aîné, le nouvel avion de combat, produit par l’Américain Lockheed Martin et dont l’industrie britannique est le premier contributeur étranger, est à décollage court et appontage vertical. Son autonomie, comme sa capacité d’emport, resteront inférieures à celles des avions catapultés, comme le F/A-18 et le F-35C américain, ou encore le Rafale français, mais elles seront toutefois bien supérieures à celles du Harrier. Sur le HMS Queen Elizabeth, les appareils verront leur décollage facilité, comme sur les anciens porte-aéronefs, par la présence d’un tremplin avec un

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