Croisières et Voyages
Hoëdic, contre vents et marées

Reportage

Hoëdic, contre vents et marées

Il y a bien longtemps, Hoëdic n'était qu'un caillou du continent. Au fil des siècles, l'eau l'a encerclé, pour transformer ce
« caneton » (traduction du breton) en une île; la plus petite des îles du Ponant.
Croisières et Voyages
Par Béatrice Montoir

Au large du Morbihan, perdue dans l’Océan Atlantique, Hoëdic couvre une surface de 209 hectares, ne s’étirant que sur 2,5 km de long et 800 mètres dans sa plus grande largeur.

Après une heure de bateau au départ de Quiberon (avec escale à Houat), ce qui surprend quand on met le pied à terre, c’est le parfum de l’île. Et pour cause… Ici, il y a juste un tracteur pour véhiculer les objets imposants et un camion de pompiers (volontaires, évidemment). Ainsi, l’air est sain. De plus, la végétation coriace qui pousse à ras de terre pour se protéger des vents et des marées laisse tranquillement évaporer ses senteurs.

Malgré l’insularité qui parfois peut rendre claustrophobe, à Hoëdic, c’est bien plutôt un sentiment de liberté qui prend le dessus, et bien sûr un sentiment d’infini : d’aucun endroit vous ne pourrez ignorer la mer, à perte de vue. A coup sûr, les innombrables criques vous donneront envie d’une halte, pour profiter plus longtemps de ce paysage sauvage.

Nul n’est besoin d’attendre la belle saison pour venir découvrir les trésors de l’île. Une journée (ou 3h si vous affectionnez les visites au pas de charge !) suffit pour parcourir à pied l’île et se faire ainsi une idée de la vie au milieu de l’Océan. La flore est typique, vu les conditions climatiques et géographiques. La faune est surtout composée d’oiseaux : goélands, volatiles de passage et autres faisans qui viennent, hors période de chasse, se nourrir au seuil des maisons.

Car bien sûr il y a des maisons…. Et une centaine d’habitants. Ils vivent principalement de la pêche et du tourisme. Ces derniers viennent souvent à la journée, à bord du Dravanteg (hors saison, il faut d’ailleurs être vigilent sur les horaires, il n’est pas toujours possible de regagner le continent le jour-même). En été, snack, crêperie et bars sont là pour les accueillir. A ce moment-là, la population passe alors à 3000 habitants !

Evidemment, quand les premiers mauvais jours arrivent, la mer est plus grosse, les nuages plus gris… et quand la nature se déchaîne, difficile de mettre un pied dehors ! mais, rassurez-vous, comme partout en Bretagne, le temps change très vite. Une matinée de pluie n’augure par un après-midi à jouer aux cartes !

Ainsi, vous l’aurez compris, vous ne viendrez pas sur Hoëdic pour visiter des monuments. Néanmoins, il faut signaler la présence au cœur de l’île, d’un fort. Construit en 1859 il n’a jamais été opérationnel et s’est reconverti en gîte d’étape. Propriété du conservatoire du littoral, il accueille en saison des expositions sur les richesses de l’île et du littoral en général. A voir aussi l’église, dédiée à Saint Goustan qui a évangélisé l’île. Elle abrite des ex-voto marins, fidèles reproductions de goélettes et de thoniers, témoignages de reconnaissance des pêcheurs de l'île rescapés de tempêtes ou de naufrages.

Pratique :

Pour venir sur l’île, départ de Quiberon, avec escale à Houat. Attention, hors saison, les traversées sont limitées. Pour les horaires, consultez le site de la Société Maritime de Navigation (*). De mai à septembre, l’île est accessible par vedette au départ de la Turballe du Croisic (se renseigner à l’office de tourisme)

Pour l’hébergement : un seul hôtel : les Cardinaux (du nom du phare qui signale l’île). Ouvert à l’année (ferme juste 2 semaines au début de l’automne). Demandez la chambre 1 : elle a la plus belle vue ; sur la mer, évidemment ! Si le mauvais temps a décidé de s’installer vous pourrez vous consoler bien au chaud dans le petit salon cosy, devant le feu de la cheminée. A l’heure du repas, profitez d’une cuisine qui suit les arrivages de la pêche locale.

Vu la fréquentation croissante, une dizaine de gîtes ont vu le jour. Mais les places sont chères. Il faut donc prévoir bien à l’avance son séjour.

Petite précaution à prendre quand on est un continental habitué à tout avoir sous la main : il n’y a pas de distributeur automatique de billets. Ainsi, afin d’être sûr de pouvoir aller boire une bolée ou une bière chez Jean-Paul (en arrivant du port vous ne pouvez pas manquer l’enseigne, l’endroit est aussi la librairie de l’île), ayez donc bien pris soin de retirer de l’argent avant de prendre le bateau !

Comme tout se passe à pied, prévoyez de bonnes chaussures de marche, un manteau de pluie (on n’est jamais trop prudent) et un bon appareil photo !

Site Internet à consulter : www.iles-du-ponant.com

(*) Voir le site de la SMN
Escales