Croisières et Voyages

Reportage

Hurtigruten : L’Express Côtier norvégien fait peau neuve

Croisières et Voyages
Marine Marchande

Depuis huit jours, la corne de brume du Kong Harald donne de la voix un peu plus souvent qu’à l’habitude lorsque le navire entre dans les ports norvégiens. En passerelle, le commandant Asbjorn Dalan annonce ainsi fièrement aux habitants l’arrivée de son bateau. Un véritable évènement local puisqu’il s’agit du premier des 11 navires de la compagnie Hurtigruten assurant la desserte maritime historique de Bergen à Kirkenes, à bénéficier d’une rénovation radicale.

Livré en 1993 par le chantier allemand Wolkswerft de Stralsund, le Kong Harald vient de connaître une véritable cure de jouvence chez Fosen Yard, à Rissa, au nord de Trondheim. Les travaux ont duré 33 jours, soit 11 de plus que ce qui avait été initialement prévu. Un retard qui s’explique par l’ampleur de la rénovation, tant sur le plan des espaces publics, dont la transformation est impressionnante, qu’au niveau technique.

 

Restaurants du Kong Harald (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

 

Adoption du design arctique

Si, extérieurement, le navire a gardé son allure, il n’est clairement plus le même dès que l’on passe la coupée. Toute la décoration et l’aménagement ont été modifiés pour faire du Kong Harald un ambassadeur flottant de la Norvège, avec un mélange très réussi de modernité et de culture traditionnelle. Le bateau, qui transporte aussi bien des passagers locaux que des marchandises et des croisiéristes étrangers, s’est ainsi paré d’un design intérieur, dit « Arctique », faisant la part belle aux boiseries et aux espaces lumineux. La population était très curieuse de voir le résultat, car extrêmement attachée au service historique qu’offre Hurtigruten. Et, comme toute institution, les appréhensions sont inévitables lorsque surviennent de grands changements. « Les gens étaient un peu anxieux mais depuis la première présentation du navire à Tromso, le 25 février, les retours sont très positifs et constructifs », se félicite Kjell Olav Pettersen, directeur hôtelier du Kong Harald. Un navire qui plus est emblématique puisqu’il a été baptisé en l’honneur de l’actuel roi de Norvège.

 

Le Kong Harald la semaine dernière (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Nouvelles cabines

En dehors de celles des ponts 2 et 3, qui bénéficient tout de même de quelques améliorations, les cabines, qui sont au nombre de 227 à bord (465 lits), ont eu le droit à une remise à neuf complète. C’est le cas en particulier des 78 cabines Arctic Superior, situées aux ponts 5 et 6. Elles sont équipées de nouveaux meubles et marqueterie en bois clair, à l’allure très nordique, le grand lit double étant surmonté d’une image typique de la Norvège, comme c’est aussi le cas dans les espaces publics, coursives et cages d’escalier, où l’on peut découvrir des scènes de vie et de paysages du pays et de ses habitants. Très confortables et agréables, les nouvelles cabines, qui disposent d'une bouilloire avec café et thé, permettent grâce à leur hublot d’observer l’extérieur, celles du pont 5 étant situées au même niveau que la promenade faisant tout le tour du navire.

 

Cabine Arctic Superior (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Des espaces ouverts plus conviviaux et interactifs

Le pont 4, qui accueille une grande partie des espaces dédiés aux passagers, a été complètement transformé. A l’avant, les cloisons sont tombées pour aménager le nouveau Kompass, un vaste espace accueillant boutique, réception, bureau des excursions, ainsi que deux zones dédiées aux conférences et projections de films... La bibliothèque a, quant à elle, fait place à de grandes tables avec bancs, les livres étant disposés dans des réceptacles centraux. On y trouve aussi des revues de presse avec les informations en plusieurs langues. « Nous avons opté pour un grand open space beaucoup plus convivial et interactif. Les passagers peuvent se rencontrer, lire, faire les boutiques, écouter les conférences ou visionner un film. Ils ont aussi accès directement au bureau des excursions et à la réception, qui était auparavant située en dessous, ce qui obligeait les gens à monter et descendre dès qu’ils avaient besoin d’un renseignement. La traditionnelle bibliothèque a également été supprimée car le nouveau navire a été conçu pour offrir de nombreux espaces où l’on peut lire ou jouer aux cartes, avec comme objectif de favoriser les rencontres et échanges », explique Thess Appleberg, responsable des excursions à bord du Kong Harald. « Avant la rénovation, les critiques portaient principalement sur le manque de modernité et d’autres détails, comme la boutique, qui était petite et logée dans un coin. Maintenant, elle est au cœur du nouvel espace et deux fois plus vaste », ajoute Kjell Olav Pettersen. Fermée dans la configuration originale, la salle de conférence est donc désormais dédoublée et ouverte sur l’ensemble du Kompass. « Nous pouvons maintenant y organiser deux rendez-vous simultanément et si les passagers arrivent un peu en retard, ils n’hésitent plus à entrer ».

 

Le Kompass (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Des saveurs locales pour une restauration remarquable

Au même pont, on trouve les trois restaurants du navire. Là aussi, les locaux ont fait peau neuve et se révèlent particulièrement réussis et agréables. Un grand bar fait face au Bistrot et au restaurant à la carte. Toujours en cours d’aménagement la semaine dernière, cet espace sera séparé en deux entités par une cave à vin. Un aquarium, intégré au milieu du bar, va quant à lui accueillir des king crabs, ces crabes géants introduits par les Russes en mer de Barents et qui se sont développés au nord de la côte norvégienne ces dernières années, devenant une véritable attraction touristique tout en intégrant la gastronomie norvégienne. « La cuisine nordique est un élément très important chez Hurtigruten. A bord de nos navires, nous proposons de nombreux plats constitués en grande majorité de produits locaux, ce qui permet aux passagers, en particulier nos clients internationaux, de découvrir les saveurs norvégiennes », souligne Oystein Knoph, qui travaille au bureau de la compagnie à Oslo. Cabillaud, saumon, crevettes, king crab, viande de renne, fromages locaux…  Hurtigruten a, clairement, amélioré son offre culinaire ces dernières années et propose aujourd’hui une excellente cuisine et de très belles découvertes gustatives, avec des plats variés et l’emploi de nombreux ingrédients frais, embarqués au fil des escales des navires à travers les régions productrices. Alors que des dégustations sont également proposées, par exemple le saumon frais relevé à l'Aquavit, un alcool norvégien, d'autres breuvages locaux sont disponibles à bord, comme les bières Mack.  

 

Dégustation de saumon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Au restaurant du Kong Harald (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Le bistrot et le restaurant à la carte

Alors que le bistrot offre un service de restauration rapide, avec salades, sandwiches, burgers et pizzas, des versions locales des snacks sont proposées, par exemple une pizza au renne ou des wrap au poisson. Le restaurant à la carte dispose quant à lui d’un service à table avec chaque jour un menu thématique en lien avec les ports visités. Parmi les nombreux petits détails sur lesquels la compagnie a travaillé, on remarquera la carte, qui apporte en plus de l’explication des plats des informations sur la culture et la tradition norvégiennes. Le tout traduit en Anglais, en Allemand et en Français.

 

Le Bistrot (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Le self-service

Si ces deux restaurants nécessitent un supplément tarifaire, le grand buffet situé à l’arrière du navire est en accès libre. Cet espace de 200 couverts a, lui aussi, été complètement rénové. Confortable et très élégant, avec des bibliothèques séparant les banquettes et tables, la cuisine, ouverte sur la salle, permet de voir le chef et sa brigade préparer les nombreux plats proposés aux passagers. Ce self-service est ouvert matin, midi et soir. « Comme dans le restaurant à la carte, nous proposons de la nourriture typique des endroits où nous naviguons, avec des plats traditionnels et revisités des lieux où passe le navire ».

 

L'entrée du self-service (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Comme chez mamie

Le dernier espace du Kong Harald offrant une restauration légère est situé au pont 7, là où l'on trouvait auparavant le Café Panorama. Là encore, le changement de décor est total. « Nous avons voulu faire un espace très particulier, qui donne l’impression, quand on y pénètre, d’arriver chez ses grands-parents », sourit Thess. Les cloisons se sont en effet parées d’une vieille horloge et autres bibelots qu’affectionnent les mamies. Mais le design n’a rien de vieillot, bien au contraire. Comme dans les autres espaces publics du Kong Harald, tout a été changé du sol au plafond, en passant par le mobilier, afin d’offrir une ambiance moderne et lumineuse. Comme au Kompass, une grande table centrale en bois dotée de bancs améliore la convivialité, alors que des baquettes ont été aménagées dans des structures reprenant la forme de lits de bébés. Un bar permet de déguster café, thé, chocolat et autres boissons, avec un en plus une sélection de sandwiches, de gâteaux et de glaces, avec là aussi des saveurs locales uniques, y compris un sorbet au cabillaud ! Cet espace très réussi est aussi très calme et agréable pour contempler les extérieurs. 

 

Le salon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

A quelques pas de là, les passagers qui veulent garder la forme ou éliminer les calories engrangés dans les restaurants ont à leur disposition une petite salle de sport. Située derrière une baie vitrée permettant d’observer la nature tout en faisant du sport, elle dispose de différentes machines et d’un banc de musculation. Lui-aussi refait, cet espace est complété par un nouveau sauna, qui n’est plus mixte, comme c’était le cas auparavant, mais a été dédoublé. « Il y a désormais un sauna pour les hommes et un pour les femmes. Traditionnellement, en Scandinavie, ces espaces sont mixtes mais ce n’est pas habituel dans de nombreux pays, c’est pourquoi, afin de répondre aux usages des passagers internationaux, nous avons opté pour cette solution ».  

 

Espace fitness (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Toujours au pont 7, à l’avant, se trouve le grand salon d’observation (ex-Bar Panorama). Cet espace panoramique offre une vue imprenable sur la mer et les fjords que traverse le navire, sans oublier les aurores boréales en hiver. Tout au long de la baie vitrée sont installés de confortables fauteuils, d’où l’on peut apprécier le paysage ou faire une sieste. Au centre, un bar est ouvert jusque tard, les passagers appréciant tout particulièrement le nouveau salon et son ambiance très cosy pour prendre un dernier verre en soirée.

 

Le salon d'observation (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Un navire connecté

On note aussi la présence de très nombreuses prises électriques devant les fauteuils, mais aussi à de nombreux endroits du navire. Hurtigruten a eu en effet l’excellente idée d’offrir à ses passagers la possibilité de recharger facilement leurs téléphones portables, tablettes et ordinateurs un peu partout sur le bateau. Le Kong Harald a, en outre, été équipé d’un nouveau système de communication par satellite avec un très bon accès Internet, qui plus est gratuit. « C’était une demande des passagers locaux et des voyageurs internationaux. Il fallait répondre au développement des nouvelles technologies et au besoin des gens de rester en contact avec le monde extérieur », explique-t-on à bord. Et pour la compagnie, c’est aussi un vecteur de communication extrêmement important car les clients peuvent ainsi partager en temps réel, sur les réseaux sociaux, les incroyables beautés naturelles qu’offrent les voyages à bord de l’Express côtier norvégien.

 

 

Les Lofoten (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

 

Sur le trajet de l'Express côtier (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Les ponts extérieurs

Celles-ci peuvent, bien entendu, être appréciées pleinement depuis les ponts extérieurs. L’arrière du pont 7 comprend une vaste terrasse en plein air, doublée de chaque côté d’espaces (fumeur à tribord et non-fumeur à bâbord) couverts. Ceux-ci disposent d’un nouveau mobilier et de lampes chauffantes pour les traversées hivernales, permettant de se relaxer ou prendre un verre à l’abri du froid et de la neige. Le pont promenade (5) est également très prisé des passagers car il fait tout le tour du bateau et donne un point de vue plus proche de la mer et des ports visités. Comme au pont 7, des chaises longues y sont disposées aux endroits les plus spacieux pour, en été et lorsque la météo le permet en hiver, profiter du soleil.

 

Le pont supérieur du Kong Harald (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

On notera enfin, concernant la vie à bord, la gentillesse et le professionnalisme du personnel, qui contribue grandement à la convivialité du navire.

 

 

Mise à niveau technique et courant à quai

En plus des espaces passagers, la rénovation du Kong Harald a été importante d’un point de vue technique. Mis en service il y a plus de 20 ans, le navire de 11.200 GT de jauge, long de 121.8 mètres pour une largeur de 19.2 mètres, a bénéficié de différentes amélioration. « Le réseau informatique, ainsi que les systèmes de sécurité et de lutte contre les incendies ont été mis aux standards les plus récents », explique Asbjorn Dalan. Le Kong Harald a aussi été pré-équipé pour se brancher lors des escales les plus longues sur le courant terrestre. Un système qui permet d’éviter de faire tourner les machines lorsque le navire est à quai et, ainsi, supprimer les émissions polluantes. Sans oublier la réduction du bruit quand les moteurs ne tournent pas, ce qui contribue à améliorer le confort des passagers, surtout lors des escales de nuit. Ce concept va être progressivement développé, en commençant par les ports de Bergen, Trondheim et Tromso, qui seront les premiers équipés pour délivrer directement du courant électrique aux navires.

 

Le capitaine Asbjorn Dalan (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

 

Toute l’année, quelles que soient les conditions météo

En passerelle, le commandant présente les capacités du Kong Harald, qui peut atteindre la vitesse de 15 nœuds et affiche une puissance propulsive de 9000 kW grâce à deux moteurs diesels MAK 6M552C : « Nous avons deux lignes d’arbres avec deux hélices classiques, deux propulseurs d’étrave et un propulseur azimutal pour évoluer dans les ports. Nous sommes ainsi parfaitement autonomes pour les manœuvres portuaires et n’avons pas besoin de remorqueur ». Capitaines mais également pilotes, les commandants d’Hurtigruten connaissent parfaitement les chenaux et écueils de la côte norvégienne. Un littoral extrêmement découpé et dont leurs grands aînés ont, au fil du temps, appris à percer les secrets et éviter les dangers. C’est ce qui permet à l’Express côtier, dont les navires ont été spécifiquement conçus pour cet usage, de desservir quotidiennement 34 ports norvégiens, du sud au grand nord, en passant par cercle arctique.

 

A bord du Kong Harald (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Créée en 1894, ce service unique au monde, véritable ligne de vie et de communication de la Norvège, fonctionne toute l’année. En cette nuit arctique, il y a du vent et surtout une tempête de neige qui limite sérieusement la visibilité. Pour un néophyte, les conditions ne sont vraiment pas fameuses pour accoster au port suivant. Le commandant Dalan sourit. Rien d’anormal à cette saison, il a l’habitude et manœuvre parfaitement son bateau dans les bourrasques enneigées, comme si de rien n’était. « Il n’y a pas d’interruption du service, même en hiver. Nos navires sont taillés pour affronter de mauvaises conditions météorologiques et, si le temps est vraiment trop mauvais, nous sautons des escales et les passagers locaux, qui sont prévenus comme dans les aéroports par un système d’information, attendent le navire suivant ». Les passagers, mais aussi le cargo.

 

Chargement de fret sur le Kong Harald (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Transport de marchandises et service postal

Chaque bateau d’Hurtigruten dispose en effet d’un pont garage, de près de 1000 m² sur le Kong Harald. Il permet de transporter jusqu’à 45 véhicules et des marchandises. La ligne permet d’acheminer les habitants d’un point à un autre de cette Norvège dont les innombrables fjords rendent les temps de transport par la route très conséquents, sans compter les lieux inaccessibles par la terre, comme les îles Lofoten, le Trollfjord ou encore Hammerfest et le Cap Nord. En plus des personnes, il s’agit aussi d’importer et d’exporter des marchandises dans les zones les plus reculées. Ainsi, à chaque arrêt, les locaux montent et descendent de ce bus maritime, alors que les grandes portes latérales du garage s’ouvrent pour permettre la manœuvre des véhicules et des chariots élévateurs, qui chargent et déchargent les palettes, équipements et autres caisses de fret. Avec des durées d’escales très variables, allant de quelques heures à une quinzaine de minutes seulement. Juste le temps d’accoster, d’embarquer et de débarquement quelques passagers et marchandises, et voilà le navire reparti pour le port suivant. On notera que la délégation de service public confiée à Hurtigruten par le gouvernement norvégien comprend en plus la continuité du service postal. Ainsi, avant 1893, il fallait trois semaines en été et cinq mois en hiver pour faire parvenir une lettre de Trondheim à Hammerfest. Un délai que l’Express côtier a ramené à seulement quelques jours. Certes, l’arrivée d’Internet a, comme ailleurs dans le monde, réduit considérablement la correspondance épistolaire. Mais ces navires postaux demeurent essentiels pour la livraison des colis et courriers officiels ne pouvant être simplement envoyés par mail.

 

 

Navire postal (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Le développement des croisières

Et puis il y a les croisières. Très vite, lorsque l’Express côtier est né à la fin du XIXème siècle, des voyageurs étrangers ont emprunté la ligne afin de découvrir les splendeurs de la Norvège, accéder aux zones les plus reculées et partager la vie des habitants. Un engouement qui n’a fait que s’amplifier au fil des années, les croisiéristes représentant aujourd’hui une part importante des passagers d’Hurtigruten. C’est aussi pour cette raison que la compagnie norvégienne, reprise l’an dernier par un groupe britannique, a décidé de faire évoluer son produit et sa flotte. La rénovation du Kong Harald est le résultat de cette nouvelle stratégie, qui voit en parallèle se développer à bord de certains navires (Nordnorge, Nordlys, NordKapp) des équipes d’expédition pour accompagner les passagers et leur proposer un programme d’excursions grâce auquel ils peuvent s’immerger pleinement dans les régions visitées.

 

Chiens de traineau, ici au Spitzberg (© : HURTIGRUTEN) 

 

Un nouveau navire et quatre unités rénovées cette année

En plus du Kong Harald, trois autres navires de la ligne bénéficieront dès cette année des mêmes améliorations. Le Polardlys (1996), après sa refonte chez Fosen, reprend du service dès cette semaine, alors que les Nordkapp (1996) et Nordnorge (1997) sortiront de chantier d’ici la fin 2016. S’y ajoute le nouveau Spitsbergen, qui doit rallier la flotte d’Hurtigruten en mai. Initialement commandé par le gouvernement des Açores, ce navire de 97 mètres et 180 lits, construit sous le nom d’Atlantida par le chantier portugais Viano de Castelo, a été achevé en 2009.

 

Le futur Spitsbergen (© : HURTIGRUTEN) 

 

Repris l’an dernier par Hurtigruten, il a rejoint Fosen où il est en chantier depuis mai dernier. La refonte porte sur sa transformation en navire d’expédition et l’adoption du même design intérieur que le Kong Harald et des autres unités de l’Express côtier modernisées. Dans un premier temps, le Spitsbergen travaillera en doublon avec le Lofoten sur l’Express côtier, n’accueillant que des croisiéristes. Puis il remplacera à partir de septembre le Midnatsol, qui sera exploité en Antarctique l’hiver prochain en compagnie du Fram. La compagnie prévoit ensuite d’utiliser son nouveau navire pour des voyages d’exploration dans le grand nord arctique, avec en 2017 de superbes voyages vers le Spitzberg, le Groenland, l’Islande et le Canada. La transformation de l’ex-Atlantida et la rénovation des quatre autres navires représente un investissement global de 60 millions d’euros.

 

Le Trollfjord (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Constructions neuves à l’horizon

Alors que les deux navires les plus récents de sa flotte sont le Trollfjord (2002) et le Midnatsol (2003), Hurtigruten travaille en outre sur des projets de constructions neuves. Plusieurs solutions sont à l’étude, en particulier en matière de propulsion, l’armateur souhaitant réduire au maximum l’empreinte environnementale de ses futurs bateaux afin d’en faire des modèles de respect de la nature dans les zones sauvages qu’ils fréquenteront. Différentes options sont à cet effet envisagées, dont apparemment le recours à des piles à combustible, ce qui serait une première pour ce type de navires.  

 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Hurtigruten