Marine Marchande
Hydrogène liquide : un démonstrateur CMA CGM, Engie et Arianegroup
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Hydrogène liquide : un démonstrateur CMA CGM, Engie et Arianegroup

Marine Marchande

Un navire CMA CGM à l’hydrogène liquide en 2025. C’est l’objectif du projet mené par l’armateur aux côtés d’Engie et d’Arianegroup. « L’enjeu de l’hydrogène, c’est la liquéfaction. Si l’on veut pouvoir développer des solutions pour la mobilité lourde, comme l’aviation ou le transport maritime, il faut augmenter la densité énergétique et seul l’hydrogène liquide permet d’offrir une autonomie suffisante pour ces futurs usages », explique à Mer et Marine Frédéric Legrand, responsable du lab liquéfaction des nouveaux gaz du Centre de Recherche et d'Innovation dans le Gaz et les Energies Nouvelles, récemment ouvert par Engie à Stains, en région parisienne.

 

Frédéric Legrand (DROITS RESERVES)

Frédéric Legrand (DROITS RESERVES)

 

Actuellement, les solutions hydrogène sont souvent construites à partir de gaz compressé, qui a l’inconvénient d’être relativement encombrant. Et donc, d’en limiter les possibilités d’embarquement sur les navires. L’hydrogène liquide offre un bien meilleur ratio énergétique, ce qui le rendrait compatible pour la propulsion, via une pile à combustible, de navires hauturiers.

Mais sa liquéfaction est un processus particulièrement compliqué. « Il nécessite d’atteindre la température de -250°, soit juste à 20 degrés du zéro absolu », détaille Frédéric Legrand. Compliqué, énergivore et évidemment couteux. « Actuellement, liquéfier un kilo d’hydrogène liquide coûte 2 euros. La rentabilité pour les mobilités comme l’avion ou les navires se trouve aux alentours d’1 euro par kilo. C’est notre objectif. Et le tout en utilisant des énergies renouvelables avec le processus d’électrolyse. Notre hydrogène liquide sera vert ».

Le Crigen, dont les 200 chercheurs travaillent depuis plusieurs années sur les nouveaux gaz, s’est alors rapproché du plus gros consommateur français d’hydrogène liquide. « Arianegroup qui l’utilise pour l’alimentation du propulseur Vulcain. Et qui dispose, à Vernon, du plus grand site de gestion d’hydrogène liquide européen ». Les spécialistes de la liquéfaction et ceux de l’équipement très spécifique nécessaire à l’hydrogène liquide se sont donc rejoints, aux côtés de CMA CGM dans un IPCEI (Important Project of common european interest), « autour duquel nous voulons fédérer de nombreux partenaires industriels, comme par exemple des motoristes, et universitaires ».

Pour les chercheurs, l’objectif est de mettre au point un liquéfacteur d’ici 2024 et d’équiper un navire pilote en 2025. « Nous allons commencer avec un démonstrateur de petite taille, qui nous permettra de démontrer la viabilité de toute la chaîne : de l’électrolyse à la liquéfaction puis à l’usage en mer ». Alors que l’hydrogène est désormais au centre de toutes les attentions -entre le plan hydrogène du gouvernement ou encore Airbus qui annonce des avions utilisant ce combustible dans la décennie à venir - il s’agit pour le consortium d’industriels d’inscrire l’hydrogène liquide vert dans des projets de développement « locaux, régionaux, l’échelle pourra s’adapter aux usages ». Et de permettre à tous types de navigation d’envisager des constructions neuves utilisant ce combustible. « Nous sommes également conscients de la nécessaire évolution du contexte règlementaire. C’est quelque chose que nous anticipons ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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