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Hydrogène renouvelable : la région Bretagne met l’accent sur le maritime

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Hydrogène renouvelable : la région Bretagne met l’accent sur le maritime

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La Région Bretagne a dévoilé, la semaine dernière, sa feuille de route pour le déploiement de l’hydrogène renouvelable à horizon 2030. Elle entend notamment tirer parti de ses atouts dans le domaine maritime. Ainsi, en plus des smart-grids (réseaux électriques intelligents), elle veut miser sur les applications navales et les énergies maritimes renouvelables.

Pour illustrer cette volonté, la feuille de route a été présentée au Chantier Bretagne Sud (groupe Acti), à Belz. A cette occasion, ce dernier a présenté un catamaran à propulsion électrique en construction, qui recevra une motorisation hydrogène. Il s'agit d'un navire en aluminium de 12 mètres et 13 tonnes qui devra être livré ce mois-ci au Yacht-club de Monaco. Il est destiné à la surveillance scientifique et au comité de course pour les Jeux Olympiques 2024. Selon nos confrères du Télégramme, il s'agit du premier d'une série de 24 déjà en commande. Ce nouveau navire fait partie de la dizaine de projets identifiés par la région dans le domaine de l’hydrogène, dont cinq relèvent du naval et du maritime.

Ports, navires et offshore

Parmi les « objectifs quantitatifs structurants » dans le domaine maritime fixé d’ici 2030, la Région veut voir émerger « trois écosystèmes portuaires utilisant l’hydrogène renouvelable entre 2023 et 2030 » avec une production allant jusqu’à 1 tonne de dihydrogène par jour et par site, « soit 5.800.000 litres de carburant et diesel marin économisés et 15.000 tonnes de CO2 évitées par an ». Les écosystèmes portuaires doivent être des hubs énergétiques, interfaces où se produisent les ruptures de charges dans les modes de transports et pourraient aussi être des voies d’acheminement de la production d’hydrogène offshore. La Région estime l’investissement nécessaire à 45 millions d’euros financés par des fonds publics et privés.

Autre objectif, créer une « première flottille de 10 navires pilotes (desserte passagers, cabotage de fret, manutention, pêche), à chaîne propulsive électro‐hydrogène, sur une gamme de puissance s’étalant de 500 kW à 6 MW ». Là, l’investissement nécessaire serait de 150 millions d’euros.

Enfin, la Bretagne veut accompagner la recherche et le développement industriel d’un démonstrateur de production d’hydrogène offshore pour 2025. L’idée étant que les futurs champs éoliens en mer puissent produire de l’hydrogène entre 2040 et 2050.

Stratégie

Pour y parvenir, le plan d’action, qui prévoit aussi des applications terrestres (comme atteindre 2800 véhicules d’ici 2030), s’articule autour de trois axes. Tout d’abord, pour les infrastructures et usages, il s’agit de développer des boucles locales pour amorcer l’usage de l’hydrogène renouvelable, avec le lancement d’un appel à projets annuel de 2020 à 2023. Ensuite, dans le cadre du développement et de l’innovation, la région veut « positionner la filière bretonne dans ses domaines d’excellence » en soutenant les entreprises ou en aidant aux études sur les nouveaux procédés de production et applications de l’hydrogène renouvelable. Enfin, la collectivité territoriale veut lancer un plan structurant d’investissements collectifs en lançant « des appels à innovation sur son patrimoine portuaire ou aéroportuaire, ses voies navigables et ses flottes de véhicules terrestres et maritimes », animant et fédérant « les armateurs et gestionnaires de flottes publics et privés aux enjeux de conversion H2 » et engageant « les études nécessaires pour qu’à compter de 2022, le renouvellement de ses propres flottes puisse être décarboné et, chaque fois que possible et pertinent, en privilégiant le développement de la filière hydrogène ».

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