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Hydrolien : le Suédois Minesto va tester sa technologie à Bréhat en 2022

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Hydrolien : le Suédois Minesto va tester sa technologie à Bréhat en 2022

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Le site d’essais hydrolien de Paimpol-Bréhat créé en 2009 se pérennise. Les premiers essais menés par Openhydro, filiale de Naval Energies, avaient débuté en 2010 et trois générations de machines s’y étaient succédées jusqu’en 2017. Depuis avril 2019, il connaît un renouveau en accueillant l’hydrolienne d’HydroQuest qui a profité du câble sous-marin connecté au réseau existant. Après dix-huit mois d’essais sans la moindre avarie, cette hydrolienne devrait rester en place jusqu’à l’été 2021. Mais ce ne sera pas la fin des essais sur le site, pour autant. En 2022, le turbinier suédois Minesto, déjà présent en Irlande et au Pays de Galles, lui succèdera, a annoncé la région Bretagne après un bilan d’étape du site d’essais réunissant le groupe de liaison constitué de représentants de la Région, d’EDF (le concessionnaire) et des parties prenantes du territoire.

 

Aux îles Féroé (© MINESTO)

Aux îles Féroé (© MINESTO)

 

Créé en 2007, Minesto est une émanation de Saab. Il a développé la technologie Deep Green, une sorte de cerf-volant sous-marin sous lequel est placé une turbine et un générateur. Cette sorte de planeur sous-marin, dont l'envergure varie de 4 à 24 mètres, pour une masse de 1 à 35 tonnes, selon les modèles, est retenu au fond par un câble par lequel transite l’électricité produite. Equipée d’un gouvernail, l’aile se déplace sous l’eau, formant des huit, soulevée par le courant de marée, non sans évoquer les loopings que peut réaliser un cerf-volant. Cette manœuvre permet à l’appareil de se déplacer plus vite (entre 1.2 et 2.4 m/s) que le courant et d’accélérer le mouvement de l’eau sur la turbine. Grâce à la vitesse acquise, il produit nettement plus d’électricité que pour une turbine stationnaire. Ainsi, Minesto veut générer de l’électricité même dans des zones à faible courants de marée.

 

 

Minesto est accueilli dans le cadre du programme européen TIGER (Tidal Stream Industry Energiser) lancé sur cinq sites en Manche il y a un an et doté de 46.8 millions d’euros. Ce projet vise à stimuler la croissance dans le domaine des énergies hydroliennes en développant la capacité de sites en Manche. Il s’agit d’aider l’industrie à réduire ses coûts de production pour l’hydrolien en passant de 300 euros MW/h actuels à 150 euros MW/h en 2025. L’UE souhaite atteindre les 100€/MWh pour 2030. Pour cela, le projet TIGER cherche à fédérer les initiatives en matière d’hydrolien et à intégrer différents opérateurs industriels au projet, dont les turbiniers. TIGER permet d’envisager sereinement l’avenir du site. Ainsi, selon la Région Bretagne, « dans la décennie à venir, Paimpol-Bréhat, site d’essais de premier plan au niveau européen, permettra de tester une grande diversité de technologies qui, à terme, pourront contribuer à l’autonomie énergétique de territoires isolés comme les îles, tout en offrant des solutions réplicables et exportables dans le monde entier ».

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