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Hydrolienne Sabella D10 : Retour sur la pose du câble sous-marin

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Hydrolienne Sabella D10 : Retour sur la pose du câble sous-marin

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Bourbon a achevé la semaine dernière la pose du câble électrique sous-marin allant relier l’hydrolienne Sabella D10 à l’île d’Ouessant. Pour mener à bien cette opération, le groupe maritime a mobilisé l’Argonaute, qui sert habituellement de bâtiment de soutien, d’assistance et de dépollution (BSAD) au profit de la Marine nationale et a été affrété pour cette mission commerciale complémentaire. Le navire embarquait un robot sous-marin (ROV) du type Falcon, léger et très mobile, spécialisé dans le support aux travaux de plongée et dans les inspections visuelles en eaux peu profondes. Il y avait également, à bord, l’ensemble des équipements nécessaire à la pose, l’atterrage et l’ensouillage du câble (treuil, flotteurs, accastillage, systèmes de positionnement sous-marins, engins, etc.) Une équipe de plus de 30 personnes, dont des ingénieurs, marins et pilotes de ROV, était sur le pont.

 

A bord de l'Argonaute (© BOURBON)

A bord de l'Argonaute (© BOURBON)

L'Argonaute posant le câble (© BOURBON)

L'Argonaute posant le câble (© BOURBON)

Le ROV (© BOURBON)

Le ROV (© BOURBON)

Sur le pont de l'Argonaute pendant les opérations (© BOURBON)

Sur le pont de l'Argonaute pendant les opérations (© BOURBON)

Déploiement du câble (© BOURBON)

Déploiement du câble (© BOURBON)

 

2 km à travers le Fromveur et jusqu’à 60 mètres de fond

« Après 2 semaines de préparation en étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs du projet (client, constructeur du câble, plongeurs, société de travaux publics, etc.), la pose du câble électrique, opération complexe, s’est déroulée avec succès du 23 au 26 mai 2015 dans une fenêtre météo favorable. Le faible coefficient de marée à cette période a permis d’éviter les forts courants. D’autre part, les conditions de vent et de houle ont été propices au travail des plongeurs ainsi qu’au positionnement précis du navire pour déposer le câble dans un corridor étroit », explique Bourbon. Le groupe a, ainsi, réalisé dans le passage du Fromveur, sur une distance de 2 km et par des fonds allant de 0 à 60 mètres,  l’atterrage, la pose et l’ensouillage de 30 tonnes de câble d’un diamètre de 68mm.

Chez Sabella, on se félicite du franchissement de cette nouvelle étape. « Cette pose de câble est une étape essentielle du projet Sabella D10 : elle permet de relier l’hydrolienne au collecteur à terre C’est une opération délicate étant donné les très forts courants dans cette zone. Nous avons pu nous appuyer en toute confiance sur l’expertise et le savoir-faire des équipes de BOURBON », explique Fanch Le Bris, directeur général de la société bretonne.

 

L'hydrolienne Sabella D10 (© MICHEL FLOCH)

L'hydrolienne Sabella D10 (© MICHEL FLOCH)

 

Mise à l’eau de l’hydrolienne prévue à la fin du mois

Celle-ci prépare désormais la mise à l’eau de l'hydrolienne. Prévue fin juin, mais soumise à la météo, cette opération doit être effectuée par le Palembang, un navire de l'armement Combi Lift, spécialisé dans la manutention de charges lourdes.

Il faut dire que la machine est imposante, avec ses 17 mètres de haut pour une masse totale de 450 tonnes. D’une puissance de 1 MW, ce démonstrateur doit permettre de fournir, pendant un an, 15% des besoins énergétiques d’Ouessant. L’objectif de Sabella, qui a déjà testé un prototype (Sabella D03) en 2008, est de valider les performances et le fonctionnement de l’engin en conditions réelles. Installé fin mai près de la plage de Pors Arlan, le collecteur-redistributeur servira non seulement à alimenter le réseau électrique terrestre, mais aussi au pilotage de la machine et à la collecte des données de fonctionnement. Cela, grâce à des fibres optiques intégrées au câble posé par Bourbon, ainsi qu’à des instruments de mesures et capteurs internes placés dans l’hydrolienne. Selon Sabella, les techniciens « pourront gérer la vitesse de rotation, la mettre en marche ou l’arrêter. L’état de santé de la mécanique et de l’électronique pourra également être consulté, grâce à une batterie de capteurs internes vérifiant la tension électrique, la pression hydraulique, la température interne... »

Une instrumentalisation disposée sur la machine permettra de récolter des informations environnementales autour de l'hydrolienne. La vitesse des courants marins et l'émergence acoustique que pourrait induire l'hydrolienne pourront être étudiées, ainsi que le comportement de la faune aquatique grâce à des caméras. Des renseignements précieux pour Sabella qui pourra, dès lors, analyser les performances et l'impact environnemental de l'hydrolienne.

Ferme pilote à l’horizon 2017

Les données recueillies doivent permettre, si elles sont concluantes,  de produire en série de nouvelles hydroliennes plus puissantes, qui seraient installées d’ici 2017. Une ferme pilote de trois machines de type Sabella D15 associées à un système de stockage d’énergie couvrirait alors 70 % des besoins en électricité d'Ouessant.

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