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Hydroliennes : L’usine cherbourgeoise de DCNS opérationnelle en 2017

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Hydroliennes : L’usine cherbourgeoise de DCNS opérationnelle en 2017

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Le groupe naval français et les collectivités normandes préparent activement la création, à Cherbourg, d’un nouveau pôle industriel dédié aux hydroliennes. Après avoir vu son projet Normandie Hydro, porté avec EDF EN, retenu suite à l’appel à manifestation d’intérêt pour l’implantation de fermes pilotes dans le Raz Blanchard, au large du Cotentin, DCNS espère décrocher sa première commande début 2016. C’est ce qui déclenchera le top départ de la construction d’une nouvelle usine à Cherbourg, où DCNS concentrera son activité de production et d’assemblage d’hydroliennes. Le futur site sera dimensionné pour pouvoir sortir jusqu’à 50 machines par an. Le temps des procédures administratives et du chantier, l’usine devrait, si tout va bien, être prête à produire ses premières hydroliennes en 2017.

Premier accord commercial à Aurigny

En plus de 7 machines de 2 MW prévues dans le cadre de Normandie Hydro, DCNS vise surtout les premières fermes commerciales. Un accord a déjà été signé avec ARE, l’électricien d’Aurigny,  pour la construction d’une ferme de 300 MW, soit 150 hydroliennes, dont l’installation est espérée entre 2021 et 2025. Et d’autres projets sont à l’étude en Manche, notamment dans le secteur du Raz Blanchard, où le gisement hydrolien est estimé à plusieurs gigawatts. Dans les prochaines années, Français et Britanniques devraient, ainsi, autoriser l’implantation de plusieurs parcs de 200 à 300 MW chacun.

 

La barge de pose d'hydroliennes Openhydro Triskell (© MICHEL FLOCH)

La barge de pose d'hydroliennes Openhydro Triskell (© MICHEL FLOCH)

 

Les deux machines de Paimpol-Bréhat en cours d’assemblage à Brest

En attendant, DCNS poursuit le développement de cette nouvelle technologie, en s’appuyant notamment sur les bureaux d’études de sa filiale irlandaise OpenHydro. Le groupe travaille actuellement sur deux fermes de démonstration. Alors que deux machines vont être installées dans la Baie de Fundy, en Nouvelle-Ecosse (Canada), DCNS a commencé à Brest l’assemblage des deux hydroliennes qui seront implantées sur le site expérimental d’EDF EN à Paimpol-Bréhat. La première doit être finie d’assembler en octobre et la seconde un mois plus tard. L’installation en mer est prévue en décembre, suivant les conditions météorologies, la pose allant être effectuée par la barge OpenHydro Triskell, qui est actuellement dotée de nouveaux treuils suite aux problèmes rencontrés en 2014. EDF EN assurera pour sa part, d’ici la fin de l’année, le raccordement du site au réseau électrique terrestre. Pour des questions de coûts et d’objectifs techniques, on notera qu’il a été décidé de réduire ce parc expérimental à deux machines seulement, au lieu des quatre initialement prévues.

 

(© OPENHYDRO)

(© OPENHYDRO)

 

Des engins de 2 MW et 16 mètres de diamètre

Représentatifs des hydroliennes de série, ces engins présentent un diamètre de 16 mètres et une puissance de 2 MW. Leurs pales, qui constituent le premier centre de coût du projet, ont été réalisées par l’atelier composite du site DCNS de Lorient. Une part importante des composants et sous-ensemble a été achetée à l’étranger, au Royaume-Uni, en République Tchèque et en Pologne, où ont notamment été fabriquées les embases métalliques dont les éléments ont été acheminés par cargo à Brest. Le choix de réaliser ces structures en externe a été dicté, selon DCNS, par des problématiques économiques et surtout la capacité des chantiers d’Europe de l’Est à produire ces grands ensembles dans les délais impartis.

Des démonstrateurs aux fermes commerciales

Grâce aux fermes de démonstration, DCNS a pu créer sa propre technologie hydrolienne, en s’appuyant notamment sur les savoir-faire de ses différents sites. Après les démonstrateurs technologiques, qui permettent de développer des machines et valider les choix techniques comme le fonctionnement, viendra avec les fermes pilotes le temps de vérifier les performances industrielles et le modèle économique. Ce sera la dernière étape avant le lancement des fermes commerciales et la montée en puissance de la production en série. Avec, à la clé, la création de centaines d’emplois. 

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