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Hyères : l’aéronautique navale célèbre 100 ans d’innovation

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Hyères : l’aéronautique navale célèbre 100 ans d’innovation

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Les 100 ans du premier appontage français d’un avion en mer, les 60 ans du premier harponnage d’un hélicoptère embarqué et le premier appontage d’un drone aérien sur un bâtiment de la Marine nationale il y a une décennie. Hier, la base d’Hyères, près de Toulon, et plus particulièrement le Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale (CEPA 10S), célébraient un siècle d’innovation. Pour cause de crise du Covid-19, la cérémonie a été moins importante que prévu initialement, mais moyennant un nombre réduit de participants et un strict protocole sanitaire, la marine française a tenu à la maintenir. Et si l’évènement n’avait pas l’ampleur initialement souhaitée, ce fut tout de même un beau moment, avec la présence notamment d’anciens appareils de l’aéronautique navale conservés et portant toujours fière allure. Il y avait en particulier des avions Morane-Saulnier MS 760 (appareil de liaison ayant servi de 1954 à 1997),  Fouga CM-175 Zéphyr (avion de formation et d’entrainement en service de 1959 à 1994 et qui fréquenta les ponts d’envol des porte-avions Arromanches, Clemenceau et Foch) et Bréguet Br.1050 Alizé (1956-2000) conçu pour la lutte anti-sous-marine et qui fit partie des groupes aériens embarqués des anciens Clemenceau et Foch. Alors que ces trois appareils, préservés et mis en œuvre par l’association Cocardes Marines, ont participé à un défilé aérien en compagnie notamment de Rafale Marine actuellement mis en œuvre sur le Charles de Gaulle, d’autres appareils étaient présentés au sol, comme un Super Etendard (1978-2016) et un hélicoptère Super Frelon (1966-2010).

 

Cérémonie jeudi 15 octobre sur la BAN d'Hyères (© FRANCIS JACQUOT)

Cérémonie jeudi 15 octobre sur la BAN d'Hyères (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

Cérémonie jeudi 15 octobre sur la BAN d'Hyères (© FRANCIS JACQUOT)

Cérémonie jeudi 15 octobre sur la BAN d'Hyères (© FRANCIS JACQUOT)

MS 760 (© FRANCIS JACQUOT)

MS 760 (© FRANCIS JACQUOT)

Alizé (© FRANCIS JACQUOT)

Alizé (© FRANCIS JACQUOT)

Alizé, Fouga Zéphyr et MS 760 en vol hier (© FRANCIS JACQUOT)

Alizé, Fouga Zéphyr et MS 760 en vol hier (© FRANCIS JACQUOT)

MS 760 avec quatre Rafale Marine lors du défilé aérien d'hier (© FRANCIS JACQUOT)

MS 760 avec quatre Rafale Marine lors du défilé aérien d'hier (© FRANCIS JACQUOT)

 

Pour mémoire, le premier appontage en France d’un avion sur un bateau s’est déroulé le 20 octobre 1920. C’est le Lieutenant de vaisseau Paul Teste qui, aux commandes d'un Hanriot monoplace, décolle du Palyvestre (site de l’actuelle base d’aéronautique navale d’Hyères) et se présente au-dessus du port de Toulon, où l’attend le Béarn. Long de 183 mètres, ce bâtiment, mis sur cale pendant la première guerre mondiale en tant que cuirassé, avait été lancé six mois plus tôt. Alors que la construction des quatre autres unités de la classe Normandie avait été abandonnée, il fut converti en porte-avions, concept né quelques années plus tôt au Royaume-Uni. C’est avec ce bateau que le commandant Teste va marquer l’histoire de la flotte française.  « Ayant repéré le pont du Béarn, balisé d'une bande blanche, il descend au ras des mâts, effectue une première approche, puis s'aligne dans l'axe du bâtiment, coupe les gaz à 50 cm d'altitude et réussit un appontage parfait en moins de 30 mètres », explique la Marine nationale. C’est le début d’une grande aventure et surtout d’une longue gestation, les grands amiraux d’alors préférant toujours le canon à cette nouvelle arme aérienne qui s’imposa cependant sans équivoque face aux cuirassés pendant la seconde guerre mondiale.

La cérémonie d’hier avait donc pour but de rendre hommage à ces pionniers de l’aéronautique navale, à l’exploit de Paul Teste il y a un siècle, mais aussi à d’autres innovations plus récentes portées par le CEPA. Ce fut le cas notamment, il y a 60 ans, du premier harponnage d’un hélicoptère. Une opération qui s’est déroulée en 1960 avec un hélicoptère Alouette II doté d’un prototype de harpon développé par le CEPA. L’appareil s’était posé avec succès sur l’escorteur d’escadre Cassard, équipé pour l’occasion d’une grille d’appontage carrée. Le système, destiné à sécuriser les manœuvres des hélicoptères embarqués face aux mouvements de plateforme, fut ensuite généralisé et se retrouve toujours sur les frégates de nouvelle génération.

Enfin, on célébrait ce jeudi le 10ème anniversaire (ou presque) du premier appontage d’un drone aérien à voilure tournante sur un bâtiment de la Marine nationale. C’était à bord de l’ex-patrouilleur hauturier L’Adroit (vendu l’an dernier à l’Argentine) avec un Camcopter S-100 (testé dès 2008 avec la frégate Montcalm). Un nouveau développement technologique piloté depuis le CEPA 10S avec deux drones de ce type, qui permettent de poursuivre les expérimentations, en attendant l’arrivée dans les années qui viennent des futurs systèmes de drones aériens de la marine (SDAM) développés sur la base du VSR700 d’Airbus helicopters.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

 

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