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Ifremer: Des chaluts intelligents pour choisir le poisson

Concevoir des engins de pêche qui identifient les poissons et offrent la possibilité de refouler les « indésirables » en temps réel… C’est le défi qu’Ifremer, le Comité des pêches du Morbihan, des entreprises et des universitaires bretons ont décidé de relever d’ici trois ans.

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« Actuellement, la sélectivité des chaluts est passive. Notre projet est de passer à la sélectivité active », annonce Julien Simon d’Ifremer.

Depuis que les stocks halieutiques sont protégés, les pêcheurs ont fait évoluer leurs engins afin de permettre aux poissons non désirés de sortir. C’est ce que l’on appelle « le tri sur le fond et non sur le pont ». Une partie des chaluts est ainsi équipée de mailles carrées qui restent ouvertes et sont de taille suffisante pour que les petits poissons s’échappent. Mais rien n’assure au professionnel que ces captures prendront effectivement le large et qu’il ne les remontera pas à bord, avec l’obligation de les rapporter ensuite à terre. Le cauchemar des pêcheurs.

Ambitieux « Game of Trawls »

D’où le projet de recherche baptisé Game of Trawls, acronyme de « Giving Artificial, Monitoring intElligence tO Fishing Trawls » ou « Donner une intelligence artificielle à l’observation des chaluts », qu’on espère moins violent que la série télévisée. Un projet d’1,5 million d’euros financé par France Agrimer, France Filière Pêche et le Feamp (fonds européen) qui s’appuiera sur des capteurs installés dans et à l’entrée du chalut. De manière à identifier exactement et en temps réel les poissons capturés. Alors qu’actuellement, on n’identifie que des formes vivantes, pas plus.

Le deuxième volet de la recherche consistera à dessiner des trappes susceptibles d’être ouvertes par le pêcheur dès qu’il le souhaite. Pour mener à bien le projet très innovant, il faudra avoir recours à l’intelligence artificielle, l’imagerie sous-marine, l’acoustique et de puissants logiciels d’analyse.

Contribuer à la connaissance de l’environnement

D’où le casting élaboré pour Game of Trawls. Aux côtés des chercheurs d’Ifremer travailleront les enseignants-chercheurs du laboratoire Irisa (intelligence artificielle et informatique) de l’UBS, dont l’équipe Obélix (qui a dit que les scientifiques n’avaient pas d’humour ?). L’entreprise Marport, de Ploemeur (56), spécialisée dans les capteurs et la sélectivité des engins de pêche sera le partenaire industriel. Tandis que la société Wipsea (Rennes) apportera sa compétence dans le domaine de l’analyse des images des espèces menacées.

Quant aux pêcheurs, ils accueilleront à leur bord les différents essais de ce projet. Chacun des partenaires espère que Game of Trawls contribuera non seulement à préserver les espèces halieutiques mais aussi à faire des pêcheurs des contributeurs de premier plan à la connaissance de l’environnement grâce aux données collectées à l’avenir.

Un article de la rédaction du Télégramme