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Ifremer : Le conseil d'administration annulé

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Ifremer : Le conseil d'administration annulé

Le conseil d’administration de l’Ifremer devait se tenir ce mardi matin. Il a été empêché par la mobilisation de l’intersyndicale, qui a bloqué les accès au siège d’Issy-les-Moulineaux.

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Programmé à 9 h, hier, au siège de l'Ifremer à Issy-les-Moulineaux (92), le conseil d’administration de l’Ifremer n’a pas pu se tenir.

Arrivés sur les lieux dès 7 h, une soixantaine de salariés avaient entrepris de bloquer les accès aux bâtiments, afin d’empêcher cette réunion, au cours de laquelle devait être abordée la question du déménagement vers Brest. Quittant les lieux peu après sans faire aucun commentaire, François Jacq, P-DG, devra attendre avant de relancer un dossier déjà passablement ralenti par la décision en suspens du Conseil d’Etat.

La Justice administrative risque fort, en effet, d’annuler les décisions de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls, qui s’étaient tous deux prononcés pour le déménagement du siège vers Brest en 2013 et 2014.

"Il n’avait jamais été question de déménager jusqu’à cette décision, qui est une décision purement politique", a rappelé Thierry Noël, délégué syndical central de l’Ifremer, venu du centre Méditerranée de l’institut soutenir ses collègues franciliens. "On était engagé dans un contrat d’objectifs 2014-2017 important, et cette décision vient tout bouleverser", a renchéri Jean-Bernard Donou, secrétaire du comité d’entreprise de l’Ifremer Bretagne.

"Fort risque de désorganisation"

Première incompréhension chez les salariés du siège : l’opportunité du transfert vers Brest de la partie administrative de l’institut. "Il y a là un fort risque de désorganisation pour un impact limité sur l’emploi brestois", a estimé Jean Tournadre, élu CFDT au conseil d’administration et salarié brestois.

Deuxième motif d’incompréhension : le coût du déménagement, estimé à environ 20 M€, soit 10 % du budget global de l’Ifremer ou encore 350 "années-chercheurs", selon les syndicats. "Si on avait affecté 50 chercheurs à Brest, on aurait compris cet effort, a assuré Jean-Bernard Donou. Mais là, alors qu’on constate une stagnation de l’effectif depuis plus de dix ans, c’est incompréhensible".

Le dialogue doit être renoué

Avec ce nouveau contretemps, le dossier du déménagement du siège de l’Ifremer se complique encore un peu plus. Entre une direction manifestement contrainte de mettre en œuvre des décisions politiques et une base farouchement opposée au projet, le dialogue doit être renoué.

Sur le plan judiciaire, la décision du Conseil d’Etat est également très attendue. Quelle que soit la décision de la haute juridiction administrative, celle-ci donnera, en effet, du poids aux arguments du camp vainqueur.

Après la réunion avortée de ce mardi matin, aucune date n’a encore été retenue pour la convocation d’un nouveau conseil d’administration de l’Ifremer.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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