Histoire Navale
Il y a 100 ans, le Saint-Laurent engloutissait l’Empress of Ireland en 14 minutes

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Il y a 100 ans, le Saint-Laurent engloutissait l’Empress of Ireland en 14 minutes

Histoire Navale

« Le plus grand naufrage du Canada en temps de paix », « le plus mortel » ou encore « une tragédie pire que le Titanic », comme s’il s’agissait d’une compétition morbide, la presse n’a jamais manqué de superlatifs et de sensationnel pour évoquer le naufrage de l’Empress of Ireland. Pour autant, il n’en demeure pas moins l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire. Un accident pourtant tout bête aux conséquences désastreuses, tombé dans un relatif oubli, rapidement éclipsé de l’autre côté de l’Atlantique par un attentat contre un archiduc autrichien moins d’un mois plus tard. La Grande Guerre, qui se profilait, ne faisait que commencer…

Mais alors que 100 ans plus tard, l’Europe n’a qu’un vague souvenir de ce drame humain, le Québec a organisé une importante semaine de commémoration. Il faut remonter un siècle en arrière pour revivre cette nuit du 29 mai 1914 durant laquelle 1012 personnes périrent dans les eaux glacées du fleuve Saint-Laurent.

 

 

L'Empress of Ireland éperonné par le Storstad (© MARINE ART GALLERY)

L'Empress of Ireland éperonné par le Storstad (© MARINE ART GALLERY)

 

 

Québec-Liverpool en six jours

 

 

Construits à Glasgow, en Ecosse, pour le compte de la Canadian Pacific, une des principales compagnies maritimes opérant sur l’Atlantic Nord, l’Empress of Britain et son sistership l’Empress of Ireland, effectuent leurs voyages inauguraux à un mois d’intervalle durant l’été 1906. Affectés à la ligne régulière Québec-Liverpool, ils effectuent la traversée en 6 jours, dont 4 pour la partie Atlantique puisqu’ils doivent remonter le Saint-Laurent pour rejoindre la capitale québécoise. Longs de 168 mètres pour une largeur de 20 mètres, ces paquebots de 14.191 tonneaux offrent à leurs 1536 passagers d’excellentes conditions de confort et de vitesse, appréciées par la clientèle.

 

 

Salle à manger de 1ère classe (© PEABODY ESSEX MUSEUM)

Salle à manger de 1ère classe (© PEABODY ESSEX MUSEUM)

 

Salle à manger de seconde classe (© PEABODY ESSEX MUSEUM)

Salle à manger de seconde classe (© PEABODY ESSEX MUSEUM)

 

 

Sur le plan de la sécurité, ils répondent parfaitement à la réglementation en vigueur jusqu’au naufrage du Titanic, en avril 1912. L’ampleur de la catastrophe et le retentissement médiatique de celle-ci imposent immédiatement un durcissement des normes de sécurité imposées aux navires à passagers. L’Empress of Ireland, construit de manière à rester à flot lorsque deux des onze compartiments étanches sont inondés, embarque des chaloupes repliables supplémentaires et davantage de gilets de sauvetage. Il reçoit