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Il y a dix ans, la fin des essais nucléaires en Polynésie

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Le 27 janvier 1996, la France mettait fin à ses essais nucléaires. Entre le 13 février 1960 et le 27 janvier 1996, la France a fait exploser 210 bombes nucléaires. Parmi elles, 17 ont été tirées dans le Sahara, le reste dans l’océan Pacifique, dont 46 essais aériens ou en surface. En Polynésie française, une commission d’enquête a été constituée et poursuit ses investigations pour déterminer les conséquence, réelles ou supposées, sur les populations et l’environnement. L’ultime campagne, décidée par Jacques Chirac, avait provoqué un vaste mouvement de protestation des Etats riverains. Depuis, le pays a ratifié le traité d'interdiction totale des essais nucléaires. Les sites Mururoa et Fangataufa ont été démantelés et sont placés sous surveillance constante, tant des milieux physiques que géologiques. Après cette dernière campagne d’expérimentation, les travaux relatifs à la fiabilité des armes sont effectués par la simulation, conduite au CESTA, près de Bordeaux. La prochaine génération sera réalisée grâce au programme Simulation. Il s’agit de reproduire, par le calcul, les différentes phases de fonctionnement d’une arme nucléaire. En l’absence de tirs réels, la validation de chaque étape est obtenue par la mise au point de modèles prédictifs destinés à obtenir des modélisations très fines de tous les phénomènes mis en jeu afin d’en déduire les conséquences.

Super ordinateur

Pour prendre en compte ces modèles, les ingénieurs français mettent au point, depuis 1995, l’outil numérique nécessaire. La puissance réclamée est de plus en plus importante, tant au niveau de la mémoire que de la rapidité de calcul. Fin 2001, une machine de 5 téraflops a été mise en service. Sa capacité était 100 fois supérieure à celle dont disposait la Direction des Applications Militaires, en 1996. Ce n’était toutefois pas suffisant et, à l’horizon 2010, la génération des ordinateurs parallèles devrait permettre d’obtenir une puissance 10.000 fois plus importante qu’à la fin des essais physiques. La validation des logiciels sera apportée de manière expérimentale. « Cela implique un grand nombre d’expériences en laboratoire et la réalisation des moyens expérimentaux permettant de valider plus globalement certaines étapes du fonctionnement de l’arme », explique Alain Delpuech, directeur des applications militaires au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA). Pour y parvenir, deux engins sont en cours d’élaboration. La machine de radiographie AIRIX, opérationnelle depuis 2000, installée à Monrovilliers, en Champagne, permet de valider les différents modèles relatifs au début du fonctionnement de l’arme, dans sa phase non nucléaire ; et le laser mégajoule, indispensable pour simuler le fonctionnement de l’arme nucléaire. Il sera installé au CEA du CESTA et sera en service en 2011. A cette date, la majeure partie des équipes ayant connu les essais du Pacifique aura passé la main à la génération « simulation ». Sur les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), les têtes TN 75 (150 kilotonnes) seront remplacée en 2015 par des têtes TNO. La durée de vie des armes atomiques est d’une vingtaine d’années.