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Ile de Sein : L'ancien canot SNSM va avoir une deuxième carrière

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Ile de Sein : L'ancien canot SNSM va avoir une deuxième carrière

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Après 36 années au service de la SNSM de l'île de Sein, le canot de sauvetage "Ville de Paris" va connaître une nouvelle carrière. Il a été acheté aux enchères par Olivier Meslin-Le Bail qui souhaite en faire un navire de recherche.

Le Ville de Paris, mythique canot de sauvetage de la station SNSM de l’île de Sein, a été remplacé il y a dix mois, après 36 ans de service. Depuis, il attendait dans le Port-Rhu, à Douarnenez, que son sort soit fixé.

Sur les pontons du Port-Rhu, attisant les curiosités, une équipe s’affaire sur le Ville de Paris, amarré là depuis des mois face à la place de l’Enfer. Ses blasons et sa couleur orange caractéristique sont en train de disparaître sous une épaisse couche de blanc. 

Un canot de sauvetage, à l’instar des véhicules de la police ou des pompiers, s’ils sont revendus pour un nouvel usage, doivent impérativement être défaits de ce qui les rend reconnaissables à dessein sur l’espace public. 

Acheté 20.000 euros aux enchères 

Le nouveau propriétaire du bateau s’appelle OIivier Meslin-Le Bail, patron d’une entreprise de transport et travaux maritimes, STO Logistique, basée à Dieppe, en Seine-Maritime. Il a acheté ce bateau en l’état, pour la somme de 20.000 euros, le 14 juin dernier. Le siège parisien de la SNSM l’avait mis en vente aux enchères sur un site spécialisé sur internet, comme elle le fait pour tous ses bateaux de réforme. Olivier Meslin-Le Bail était le seul enchérisseur. 

Comme le Ville de Paris, Olivier Meslin-Le Bail a eu, lui aussi, une première carrière. Fils d’armateur du Tréport, il a été marin pêcheur, puis patron avant de prendre un virage, la quarantaine venant. Mais sans s’éloigner du monde de la mer. Il fonde son entreprise en 2011, après avoir été sollicité par un bureau d’études pour emmener en mer une équipe de chercheurs. 

Au service de la recherche en mer 

En s’y intéressant de plus près, le marin se rend compte qu’il n’existe quasiment pas d’entreprise maritime prestataire dans ce domaine. Il connaît la Manche et la mer du Nord comme sa poche et un grand marché se profile, celui de l’éolien offshore. STO Logistique sera donc capable de fournir navire et équipage pour tout type d’opération en mer ou portuaire. Prélèvement d’eau ou de sédiments pour des bureaux d’études, recherche d’épaves en plongée, récupération de bouées, recherche d’explosifs, études avifaunes avec des universitaires… Ses clients sont aussi variés que ce que l’on peut être amené à faire en mer ou sur le littoral. 

Un bateau rassurant 

En cinq ans, STO a grandi. Il lui arrive d’être sollicité en Atlantique, voire en Méditerranée. Le Ville de Paris – car il va garder ce nom – va venir compléter l’armement de l’entreprise, qui sera donc fort de trois navires. Deux marins devraient également venir renforcer l’équipage actuel de trois hommes. Une équipe permanente qui s’étoffe de contractuels en fonction des chantiers. 

«L’intérêt de ce bateau pour nous, c’est sa taille, sa capacité, ses performances. Le fait qu’il soit un canot tout temps, insubmersible, c’est rassurant pour les clients. Mais nous n’avons pas vocation à les emmener en mer dans des conditions extrêmes», précise Olivier Meslin-Le Bail. 

Du travail pour les chantiers locaux

 Pour l’heure, il faut que le bateau retrouve le droit de naviguer. «Il a déjà un contrat de trois mois à honorer début 2017», se réjouit son nouveau propriétaire, qui va investir autour de 80.000 euros pour rénover ce navire de 17,60 m, construit en bois et polyester en 1980, à Saint-Nazaire. Équipé de deux moteurs de 300 CV, d’un système complet de navigation et d’un radar, il doit être caréné et remis en état de marche, avant de demander le renouvellement de ses certificats de navigation. Des travaux qui seront forcément faits par des entreprises de Douarnenez. Il pourra alors rejoindre son nouveau port d’attache, en Haute-Normandie, où il recevra des aménagements intérieurs adaptés à ses nouvelles missions. Et d’après son nouveau patron, «il peut faire encore au moins vingt ans de service ! ». 



Un article de la rédaction du Télégramme