Science et Environnement
Immersion dans les profondeurs du bassin d'essais des carènes

Reportage

Immersion dans les profondeurs du bassin d'essais des carènes

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Au coeur de la campagne normande, près de Rouen, un impressionnant centre d'essais s'étale sur une vingtaine d'hectares. C'est là, à Val-de-Rueil, que se sont progressivement concentrés, depuis 1996, les moyens du bassin d'essais des carènes. Cet, outil unique en Europe, exploité par la Délégation Générale pour l'Armement (DGA), vient de fêter ses 100 ans d'existence. A l'occasion de ce centenaire, le Bassin, d'ordinaire très discret, nous a ouvert ses portes, à la découverte d'un univers aussi passionnant que stratégique pour la construction navale, qu'elle soit civile et militaire. Comme souvent, c'est néanmoins l'armée et, en l'occurrence, la Marine nationale, qui sera à l'origine de la naissance de ce précieux outil. Nommé directeur de la section technique de la marine en 1896, Emile Bertin soutien la création d'un bassin d'expériences, destiné « à faire bénéficier aux navires en construction des résultats obtenus par les expériences sur modèle ». L'ingénieur se fonde, notamment, sur les travaux de Reech, ancien directeur de l'Ecole Nationale du Génie Maritime, ayant démontré en 1852 qu'il était théoriquement possible de prédire la résistance d'un navire à partir de mesure sur modèle. Spécialiste de la propulsion et des questions de stabilité, à l'origine de nombreuses avancées techniques dans le domaine naval, Bertin devra déployer des trésors d'énergie pour convaincre l'Etat et la marine d'investir dans une telle installation, déjà opérationnelle dans de nombreux pays, en Grande-Bretagne, Allemagne, Russie et Etats-Unis notamment. Finalement, le 9 juillet 1906, le père du bassin assistera à l'inauguration du BEM, long de 160 mètres et construit boulevard Victor, à Paris. Dotée de matériels anglais pour la plupart, la nouvelle installation fera preuve d'une endurance remarquable, puisque certains équipements, comme la machine à tailler les modèles, ne prendront leur retraite qu'en 1962 !

Un développement au fil des découvertes techniques

S'étendant progressivement, au fil des découvertes techniques et des besoins militaires, le bassin d'essais parisien réalisera, en moyenne, une soixantaine de

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