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Reportage

Immersion dans les simulateurs de la Force d’Action Navale

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Les longues dunes de sable bordant le canal de Suez défilent devant les yeux des servants de mitrailleuses. Leur mission : neutraliser toute menace qui tenterait de s’en prendre au Charles de Gaulle. Le porte-avions français est bel et bien toujours en cale sèche dans les bassins Vauban, à Toulon, où sa refonte se poursuit. Mais son équipage, lui, continue de se maintenir à niveau et, pour cela, utilise notamment les outils de simulation de la division entrainement de la Force d’Action Navale.

 

(© MARINE NATIONALE)

 

La division entrainement de la FAN

Chargée de concevoir, organiser et conduire l’entrainement des unités de la FAN, cette division met à disposition des bâtiments de surface de la Marine nationale des équipes d’experts, avec 151 marins répartis entre Toulon et Brest. Ils sont chargés de gérer des stages ou exercices de différents niveaux, en particulier à la mer, mais s’appuient également sur des simulateurs. Complémentaires aux entrainements à la mer, ces outils offrent de nombreux avantages. Ils permettent notamment de s’affranchir des règles imposées lors des manœuvres au large, en particulier en matière de sécurité et de météo, d’économiser le potentiel des bâtiments et de conserver les savoir-faire individuels et collectifs lors des périodes d’indisponibilité des bateaux, comme c’est actuellement le cas avec le Charles de Gaulle.

Se confronter à des situations critiques en toute sécurité

Grâce à ces simulateurs, qui recréent de façon très réaliste des situations réelles, il est possible de confronter les marins à tous types de cas, y compris les plus improbables, dangereux et critiques, sans le moindre risque pour les personnels et le matériel. Les sessions peuvent de plus être répétées à volonté afin de multiplier les exercices avec des configurations et degrés de complexité divers. Les marins peuvent ainsi faire l’expérience de scenarii inédits, tout en acquérant et cultivant leurs réflexes. Un vrai plus dans un milieu maritime où, si la menace est souvent présente, les engagements sont rarissimes.

 

Briefing après une session au simulateur de défense à vue (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le simulateur de défense à vue (© MARINE NATIONALE)

 

Passerelle de défense à vue

Dans la base navale de Toulon, la division entrainement de la FAN exploite deux simulateurs. Le premier, sous un dôme, est dédié à la défense à vue. Equipé d’armes réelles légèrement modifiées (Famas, mini-guns, mitrailleuses de 12.7mm), il recrée l’environnement d’une passerelle de défense à vue. Pour plus de réalisme et d'efficacité, la plateforme est montée sur vérins hydrauliques afin de reproduire les mouvements du bâtiment à la mer. Attaques classiques ou menaces asymétriques, des situations proches de celles auxquelles peuvent être confrontés les marins sont projetés sur des écrans, qui offrent une vision continue à 270 degrés. Dans cet univers virtuel, les militaires s'entrainent alors à réagir aux imprévus, à gérer les difficultés et à dérouler les procédures d’ouverture de feu.

 

Le simulateur de défense à vue (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Destruction d'une embarcation rapide au simulateur de défense à vue (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Simulateur de navigation

Le centre dispose également d’un simulateur de navigation. Dédié à la conduite nautique, il est basé sur l’architecture des bâtiments de nouvelle génération et permet de simuler la conduite de tout type d’unités de la Marine nationale. Là aussi, les marins se retrouvent plongés dans différents scenarii permettant de leur faire vivre des situations exceptionnelles ou dangereuses, par exemple une évolution dans des conditions météorologiques très difficiles et/ou au sein d’un trafic maritime particulièrement dense dans des eaux resserrées, avec éventuellement des avaries pour corser l'exercice. Le but de ces entrainements est de développer et maintenir le savoir-faire des barreurs et navigateurs-timoniers. Ce simulateur, géré par un ou deux entraineurs, peut accueillir jusqu’à 15 marins.

 

 

Le simulateur de navigation (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le simulateur de navigation (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Lors d'une session au simulateur de navigation (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

La salle de contrôle du simulateur de navigation (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

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