Défense
Inauguration des simulateurs des futurs SNA du type Barracuda

Fil info

Inauguration des simulateurs des futurs SNA du type Barracuda

Défense

Mercredi 25 mai 2016 à Toulon, le chef d'état-major de la Marine a inauguré les nouveaux bâtiments des simulateurs de sous-marins type « Suffren ». Cet événement coïncidait avec la célébration du centenaire de l’école de navigation sous-marine, fondée en 1916. En présence des représentants des forces sous-marines, du service d’infrastructures de la Défense (SID) et du commissariat à l’énergie atomique, les industriels DCNS et AREVA TA ont offert au CEMM une clé symbolisant la mise à disposition de ces simulateurs à la Marine.

Intégrés dès la conception au programme « Barracuda », les simulateurs permettront dans les prochains mois de procéder dans les meilleures conditions à l’armement du « Suffren » et de ses successeurs.

Le CEMM a rappelé que grâce au programme « Barracuda », la France disposera demain d’un outil aux performances accrues. Cet outil lui permettra de rester un acteur de tout premier plan dans la conduite des opérations en mer et vers la terre.

Le programme « Barracuda » s’inscrit dans le cadre du plan stratégique « Horizon marine 2025 ». Avec ce plan, la marine opère une transformation en profondeur dans l’ensemble des domaines qui la concernent : capacités, organisation, ressources humaines, soutien. L’amiral Rogel a rappelé que les marins étaient les principaux acteurs de cette transformation. Ils seront à l’origine de la mise en œuvre d’un outil modernisé, performant, adapté aux nouvelles menaces et aux nouveaux enjeux.

 

(© MARINE NATIONALE)

(© MARINE NATIONALE)

 

Les simulateurs Barracuda

En 2012 a été créé le Groupe des sous-marins (GSM) de Cherbourg, dont les membres sont destinés pour la plupart à constituer l’équipage d’armement du Suffren. Constitué de sous-mariniers expérimentés, le GSM a pour mission la prise en main des sous-marins en construction. Cette prise en main se décline sous trois volets :

Démarrage et prise en main des installations

Rédaction des consignes de conduite

Formation et entraînement à la conduite des installations

La 3ème étape prend la forme de cours théoriques délivrés par l’industriel et d’entraînements sur les simulateurs de l’ENSM-BPN à Toulon. Il y a 7 simulateurs, 5 qui ont été installés au cours du 2ème semestre 2015 et 2 qui le seront par la suite :

-2 simulateurs de sécurité plongée, Neptune et Triton

-1 simulateur de conduite normale de la propulsion, Mercure

-1 simulateur de conduite incidentelle de la propulsion, Vulcain

-2 simulateurs de conduite des opérations, Jupiter et Minerve (installation à venir)

-1 simulateur de mise en oeuvre des armes tactiques, Diane (installation à venir)

L’ENSM-BPN est naturellement directement impliquée dans la montée en puissance et l’utilisation des simulateurs Barracuda. Elle participe notamment à la relecture des consignes des nouveaux SNA, à l’élaboration en soutien de la division entraînement de l’escadrille des SNA des scénarii d’entraînement de l’équipage d’armement et à la rédaction des dossiers pédagogiques avec l’objectif de formations parées pour janvier 2017.

Les simulateurs Barracuda font partie d’un ensemble de simulateurs, « French Navy Proven » qui couvrent l’ensemble des activités de formation et d’entraînement pour les sous-marins et les bâtiments de surface. Après avoir livré le simulateur de plongée et de pilotage, DCNS livre aujourd’hui le simulateur de l’appareil propulsif des sous-marins nucléaires de type Barracuda. L’industriel assure par ailleurs le maintien en condition opérationnelle des simulateurs au sein des écoles de navigation sous-marine à Brest et Toulon.

 

(© MARINE NATIONALE)

(© MARINE NATIONALE)

 

La façade du bâtiment

Œuvre de l’agence Atelier 5, elle représente de façon stylisée un massif de sous-marin. Ses auteurs expliquent qu’« elle s’inspire des antennes radar et périscope du kiosque et symbolise toute la technologie de ces machines. Elle permet d’un seul regard d’identifier l’appartenance de ce bâtiment au corps d’armée des sous-mariniers ».

Le programme Barracuda

Lancé en 1998, le programme Barracuda a pour objet le remplacement des 6 sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) actuels de type Rubis, en réalisant une nouvelle série de 6 SNA.

Le contrat de réalisation du programme a été notifié le 22 décembre 2006 aux sociétés DCNS et Areva-TA. La livraison des nouveaux SNA s’échelonne sur une vingtaine d’années. Le premier SNA, le Suffren, sera livré en 2018 et le dernier devrait l’être en 2028.

Au même titre que la construction des sous-marins et l’adaptation des installations portuaires, la livraison des simulateurs et des bâtiments destinés à les accueillir fait partie intégrante du programme. Si leur réception définitive est prévue pour 2018, ils sont mis à disposition de la Marine qui peut ainsi dès maintenant former les marins et entraîner le premier équipage d’armement du Suffren en vue des essais à la mer.

Développer un nouveau sous-marin

Le programme Barracuda s’appuie à la fois sur l’expérience opérationnelle et technique acquise par la France dans la mise en oeuvre de sous-marins et sur la prise en compte du contexte international et de ses évolutions. Les travaux de conception de ce nouveau sous-marin se sont ainsi concentrés sur le développement de ses capacités opérationnelles, le développement de son aptitude aux déploiements longs et sous faible préavis, et sur l’accroissement de ses capacités à s’intégrer à des opérations interarmées. Ces nouveaux SNA respecteront aussi bien les normes environnementales actuelles et futures que la réglementation en matière de sûreté nucléaire.

 

Barracuda (© DCNS)

Barracuda (© DCNS)

 

Les acteurs du programme

▪ Côté étatique

La maîtrise d’ouvrage du programme est confiée à la DGA. Le CEA est responsable de la conception et de la qualification de la première chaufferie nucléaire ainsi que de la fourniture des coeurs nucléaires. Le service de soutien de la flotte (SSF) est également pleinement associé à la préparation du système de soutien logistique pour lui permettre d’assurer dans les meilleures conditions le soutien des sous-marins dès leur mise en service opérationnel.

L’expertise technique et la conduite des essais sont assurées par la direction de l’expertise technique et la direction des essais de la DGA.

▪ Côté industriel

La réalisation de ce programme a été notifié à DCNS et Areva-TA.

o DCNS assure la maîtrise d’oeuvre d’ensemble ainsi que la responsabilité d’architecte

d’ensemble du navire ;

o DCNS est responsable du navire et de son système de combat hors chaufferie

nucléaire, et réalise l’intégration finale dans son établissement à Cherbourg ;

o AREVA-TA est responsable de la maîtrise d’oeuvre de la chaufferie nucléaire ;

o DCNS fabrique les principaux composants du réacteur nucléaire.

Le Suffren, un SNA pour la marine « 3+1 »

Véritable rupture technologique par rapport à ses prédécesseurs, le SNA de type Suffren offre des capacités accrues permettant d’élargir ses possibilités d’emploi.

▪ Le « dry deck shelter », sorte de hangar amovible posé sur le pont du SNA et communicant avec l’intérieur, permettra d’en accroitre les capacités de mise en oeuvre de forces spéciales.

▪ Le missile de croisière naval (MdCN) dotera le SNA d’une capacité de frappe en profondeur contre la terre.

Caractéristiques

▪ Déplacement en surface : 4 650 tonnes

▪ Déplacement en plongée : 5 100 tonnes

▪ Longueur : 99 m

▪ Diamètre : 8,8 m

▪ Propulsion : un réacteur à eau pressurisée de la famille K15

▪ Vitesse : supérieure à 23 noeuds en plongée

▪ Immersion : supérieure à 350 m

▪ Equipage : 60 personnes dont 12 officiers.

Missions

▪ soutien à la dissuasion

▪ protection d’une force aéronavale

▪ recueil de renseignement

▪ mise en oeuvre de forces spéciales

▪ frappe contre objectif en mer

▪ frappe contre la terre

La forte autonomie apportée par la propulsion nucléaire permet de répondre à l’ensemble des missions concourant à la maîtrise des espaces maritimes.

Les sous-marins de type Suffren seront basés à Toulon, assurant la suite des SNA de type Rubis.

 

L’école de navigation sous-marine et des bâtiments à propulsion nucléaire

1916 – 2016 : du sous-marin d’instruction aux simulateurs

L’école d’application de navigation sous-marine est créée à Toulon en septembre 1916. En 1923, elle prend le nom d’école de navigation sous-marine. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, des sous-marins affectés à l’ENSM sont dédiés spécifiquement à la formation : la pratique constitue en effet la forme privilégiée de l’instruction délivrée à l’école. Un autre principe régit depuis son origine son organisation : chaque sous-marinier doit posséder une connaissance sur l’ensemble des domaines du sous-marin.

A sa réouverture en 1949, l’école de navigation sous-marine ne possède plus de sous-marins dédiés mais les escadrilles en mettent à sa disposition. Mais dès 1973, ce sont des simulateurs qui viennent remplacer les sous-marins tout en préservant une instruction pratique délivrée aux sous-mariniers. Le premier est un simulateur de sécurité-plongée pour les sous-marins de 800 tonnes.

 

En 1949 l'ENSM s'installe sur le porte-avions Béarn (© MARINE NATIONALE)

En 1949 l'ENSM s'installe sur le porte-avions Béarn (© MARINE NATIONALE)

 

Petit à petit, l’arrivée des simulateurs structure la construction de l’école. En 1995, celle-ci prend son nom actuel suite au rattachement de la structure dédiée à la formation et à l’entraînement à la conduite des installations de propulsion du Charles de Gaulle. Aujourd’hui elle fête 100 ans d’existence, marqués par les évolutions technologiques et la constance dans ses principes de fonctionnement.

Une double vocation : former et entraîner

L’ENSM-BPN a pour double mission la formation des futurs marins embarqués (50% de l’activité) et l’entraînement des équipages (50% de l’activité). Chaque simulateur fonctionne entre 1300 et 1800 heures par an.

▪ Le cours de pré-embarquement, centré sur la formation sur simulateur, est délivré aux sous-mariniers destinés à embarquer sur SNA ainsi qu’aux marins atomiciens travaillant sur une des deux chaufferies du porte-avions. Les marins formés et qualifiés sont directement prêts à être intégrés aux équipes de quart des équipages.

▪ En soutien à l’entraînement et à la qualification des équipages de SNA et du porte-avions, les simulateurs sont également mis en oeuvre par les instructeurs de l’ENSM-BPN, sur la base de scénarii émanant des divisions entrainement de leurs états-majors d’appartenance.

750 marins sont ainsi formés chaque année dans 58 formations différentes grâce au concours des 77 marins composant l’école.

Source : Marine nationale

 

Marine nationale