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Incendie du SNA Perle : les investigations se poursuivent
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Incendie du SNA Perle : les investigations se poursuivent

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Bientôt un mois après le grave incendie qui a ravagé la partie avant du sous-marin nucléaire d’attaque Perle, les investigations se poursuivent pour déterminer les causes de l’accident et, surtout, savoir si le bâtiment pourra ou non être réparé. Des prélèvements métalliques ont notamment été réalisés sur la coque épaisse dans la zone du sinistre et envoyés en laboratoire pour être testés. Les analyses ont débuté la semaine dernière. Il s’agit de connaitre l’impact que la fournaise a eu sur le métal, sachant que la partie avant du sous-marin a été en proie aux flammes pendant une douzaine d’heures, détruisant tout l’intérieur des tranches avant. L’accident s’est produit le 12 juin à Toulon, alors que le bâtiment était en cale sèche dans le cadre de son ultime arrêt technique majeur, qui visait à lui redonner du potentiel pour rester en service encore une dizaine d’années.

La ministre des Armées, Florence Parly, a demandé qu'un rapport d'étape sur les expertises et investigations en cours lui soient transmis d’ici la fin juillet. Sur cette base, et surtout les conclusions définitives qui ne sont pas attendues avant un certain temps, une décision sera prise quant à l’avenir de la Perle. Et, si le sous-marin est considéré comme irrécupérable, quelles mesures devront être prises pour limiter au maximum l’impact sur le contrat opérationnel de la Marine nationale. L’affaire est particulièrement sensible puisque la Perle, mise en service en 1993, est le plus récent des six SNA du type Rubis, sa sortie de flotte n’étant prévue qu’au moment de la livraison du sixième et dernier Barracuda, en 2029. Alors que le Saphir (1984) a été retiré du service en 2019, le Rubis (1983), qui devait tirer sa révérence en 2017 et a déjà été prolongé de trois ans, pourrait être poussé un peu au-delà de la fin 2020 comme prévu jusqu’ici et si techniquement cela est possible. Quant aux trois autres bâtiments de ce type, les Emeraude (1987), Casabianca (1988) et Améthyste (1990), ils doivent théoriquement être désarmés entre 2022 et 2027.

 

La Perle (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

La Perle (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Parallèlement, le premier de leurs six successeurs construits dans le cadre du programme Barracuda, le Suffren, est actuellement en essais et doit être livré d’ici la fin de l’année par Naval Group, avec trois de retard sur le calendrier initial (ce qui avait nécessité de prolonger le Rubis). Ses trois premiers sisterships, les Duguay-Trouin, Tourville et De Grasse, doivent suivre entre 2022 et 2025, alors que les deux derniers, qui reprendront les noms de Rubis et Casabianca, sont prévus pour être livrés en 2027 et 2029, conformément au planning d’origine, le retard étant normalement rattrapé dès le troisième sous-marin.  

L’escadrille des SNA de la Marine nationale va donc fonctionner à flux tendu à partir de 2021, et pour un moment que la Perle soit ou non réparée. Ce qui pourrait évidemment obliger l’état-major à faire pour une durée plus ou moins longue des choix dans les missions au moment où l’arme sous-marine est très sollicitée. L’affaire de la Perle pose aussi un gros problème pour Naval Group, qui a la maîtrise d’œuvre des arrêts techniques des SNA et pour lequel la facture pourrait être lourde si sa responsabilité est avérée. Mais au-delà du coût financier, l’industriel français doit aussi veiller à ce que cet accident ne ternisse pas son image, tant auprès de son principal client comme du marché export.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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