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Incertitudes autour du missile ANL

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Incertitudes autour du missile ANL

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Il n’est plus certain que la France et le Royaume-Uni coopèrent sur un programme de missile antinavire léger. « Nos priorités sont sensiblement différentes en matière de missiles. C’est une question de calendrier, pas de contenu. Nous allons discuter sur la possibilité, ou pas, d’harmoniser nos calendriers. Je ne sais pas si nous allons pouvoir trouver une solution », a expliqué hier Jean-Yves Le Drian, en marge de l’inauguration du salon Euronaval. Le ministre de la défense doit évoquer le sujet vendredi avec son homologue britannique sur le porte-avions Charles de Gaulle, engagé dans l’exercice Corsican Lion réunissant le groupe aéronaval français et la force amphibie de la Royal Navy. Ces manœuvres sont la première étape du projet de création d’une force  expéditionnaire conjointe, initiée suite à la signature des accords de Défense de Lancaster House, fin 2010. Le développement en coopération du missile antinavire léger ANL/FASGW était également l’un des points forts de ces accords. Il s’agit même du seul projet industriel concret prêt à voir le jour. Mais la France, face aux contraintes budgétaires, estime que le lancement de ce programme peut attendre. N’ayant plus de missile antinavire depuis de longues années, les hélicoptères de l’aéronautique navale peuvent bien attendre encore un peu, estime-t-on à Paris. A l’inverse, les Britanniques souhaitent que le FASGW voie le jour au plus vite afin de remplacer le Sea Skua dont sont équipés les hélicoptères de la Royal Navy. Les Britanniques pourraient donc se lancer seuls dans l’aventure. Quant aux Français, s’ils prennent plus tard le train en marche, les retombées industrielles dans l’Hexagone risquent évidemment d’être bien moins importantes, le programme ANL se résumant éventuellement à l’achat sur étagère d’armes britanniques. Mais, dans une phase d’importantes restrictions budgétaires, Londres pourrait aussi décider d’ajourner, ou même simplement d’abandonner le FASGW. Une telle décision serait un coup dur pour MBDA, qui compte bien sur ce programme pour faire travailler ses bureaux d’études.

 

(Photo : MBDA)

(Photo : MBDA)

 

Quant à la coopération franco-britannique, après l’annonce d’une réorientation vers une solution franco-allemande pour les drones de surveillance MALE, il ne reste guère plus (en dehors de la mutualisation de moyens d’expérimentation dans le domaine de la dissuasion) que les études sur les futurs drones de combat (UCAV) et le projet de développer en commun un nouveau système de guerre des mines. Deux dossier sur le moyen et le long terme.

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