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Inde : Du missile de croisière naval au missile balistique ?

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Inde : Du missile de croisière naval au missile balistique ?

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L'Inde a procédé, la semaine dernière, au lancement d'un missile tiré depuis un tube immergé. D'une portée donnée à 700 kilomètres, le K-15, ou « Sagarika », est un missile de croisière pouvant être doté d'une tête nucléaire. Présenté comme un succès par New Delhi, le tir expérimental réalisé dans le golfe du Bengale doit permettre la mise au point du missile, en vue de son embarquement sur le premier sous-marin nucléaire d'attaque de construction indienne. Ce bateau, mis sur cale en 2002 aux chantiers de Vishakhapatnam, mesurerait, selon les informations de Flottes de Combat (*), 104 mètres de long pour 14 mètres de large. Son déplacement estimé serait de 5000 tonnes en surface et 6500 tonnes en plongée. Dérivé du type Victor III de la marine russe, l'Advanced Technology Ship (ATS), dont la mise en service n'interviendra pas avant 2010, pourrait disposer de 6 tubes de 533 mm et 12 tubes verticaux pour missiles Sagarika.

Un SNA du type Victor III (Photo : Marine russe)
Un SNA du type Victor III (Photo : Marine russe)

Un SNLE à l'horizon 2017 ?

Dans la continuité du K-15, premier missile indien tiré depuis une plateforme immergée, l'Inde souhaiterait se doter, dans une dizaine d'années, de missiles balistiques mis en oeuvre depuis sous-marins. Pour l'heure, seuls cinq pays disposent de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) : Les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne et la Chine. Ce type de navire, qui constitue l'engin le plus complexe fabriqué par l'homme, repose sur une technologie que seuls les Etats-Unis, la Russie et la France semblent pleinement maîtriser de façon autonome. Dotés de plusieurs ogives nucléaires, les missiles des SNLE peuvent atteindre, suivant les modèles, de 5000 à 12.000 kilomètres. L'Inde n'en est, évidemment, pas encore au stade technologique lui permettant de développer de telles armes. Mais la volonté politique serait là et les Indiens ont prouvé qu'ils n'étaient pas de mauvais ingénieurs, loin s'en faut. C'est pourquoi, la marine indienne espèrerait disposer de son premier SNLE à l'horizon 2017.

L'Inde réalisera six Scorpène en transfert de technologie (Photo : DCNS)
L'Inde réalisera six Scorpène en transfert de technologie (Photo : DCNS)

Un premier Akula loué par la Russie

Avant d'y parvenir, l'Inde doit déjà maîtriser la technologie de la propulsion nucléaire embarquée. La miniaturisation des réacteurs a, d'ailleurs, été le principal obstacle à la réalisation de l'ATV, un projet lancé dès la fin des années 80. Après avoir loué entre 1988 et 1991 un sous-marin nucléaire d'attaque russe du type Charlie I, New Delhi a obtenu de Moscou une nouvelle location de SNA. Le Nerpa, mis sur cale en 2002 et en service depuis 2007, doit être intégré le 15 juin prochain à la flotte indienne sous le nom de Shakra. D'une longueur de 110 mètres pour un déplacement de 9100 tonnes en plongée, il mettra en oeuvre 48 torpilles et missiles. Pour maîtriser l'armement d'un tel navire, 300 sous-mariniers indiens ont reçu une formation, en 2006, à Saint-Pétersbourg. La location d'un second SNA par la Russie est envisagée. Le Kuguar, un sous-marin du type Akula II, non encore achevé, est évoqué. Ce ou ces navires permettront aux indiens de se familiariser avec le mode opératoire des SNA, très différent de celui des sous-marins classiques, et d'appréhender une technologie très pointue. Pour développer ses futurs projets de sous-marins, New Delhi compte sans doute sur une aide technique russe mais, également, sur le retour d'expérience du programme Scorpène. Six sous-marins classiques de ce type ont été commandés en 2005 à DCNS et Navantia. Tous seront réalisés aux chantiers Mazagond Docks de Mumbai, en transfert de technologie.
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(*) L'édition 2008 de Flottes de Combat sera disponible début avril.

Marine indienne