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Inde : Le « PA2 » en bonne place sur le stand DCNS à Defexpo

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Inde : Le « PA2 » en bonne place sur le stand DCNS à Defexpo

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Le dernier design de porte-avions développé par DCNS se trouve en bonne place sur le stand du groupe naval au salon indien de l’armement Defexpo, qui ouvre ses portes aujourd’hui à New Delhi. Jusqu’à dimanche, le gratin indien de la Défense sera présent à cet évènement, qui attire aussi de nombreuses délégations internationales. L’occasion pour DCNS de mettre notamment en valeur ses capacités dans la conception et la réalisation de grands porte-avions, un savoir-faire particulièrement rare. Le design présenté n’est pas nouveau. Il s’agit de la dernière version étudiée dans le cadre du projet PA2, qui devait permettre à la France de disposer d’un second porte-avions mais qui a été annulé en raison de restrictions budgétaires.

 

 

Le design présenté en 2010 par DCNS et STX France (© : MER ET MARINE)

Le design présenté en 2010 par DCNS et STX France (© : MER ET MARINE)

 

 

Un modèle dévoilé en 2010

 

 

Le modèle, flanqué sur son îlot du numéro « RXX », a été présenté pour la première fois en octobre 2010 au Bourget, à l’occasion du salon Euronaval. Après l’abandon de la coopération franco-britannique en 2008, DCNS et STX France, libérés des contraintes de l’architecture développée outre-manche, ont imaginé un nouveau design de porte-avions plus optimisé. Un bâtiment de 272 mètres de long pour 70 mètres de large, affichant un déplacement de 59.000 tonnes et capable de mettre en œuvre 40 aéronefs, dont 35 avions lancés au moyen de catapultes et récupérés via des brins d’arrêt.

 

 

Rafale Marine sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Rafale Marine sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

 

L’ombre du Rafale

 

 

Le fait que DCNS remette en avant ce modèle à l’occasion de Defexpo s’explique de plusieurs manières. Sur le marché local, il s’agit de rappeler aux Indiens que le Rafale existe également en version navalisée et que l’industrie française a prouvé l’efficacité de cette variante, mise en œuvre sur le Charles de Gaulle. Cela, alors que Dassault Aviation est en négociations exclusives avec New Delhi pour la vente de 126 appareils à l’armée de l’air indienne, un contrat géant qui pourrait aboutir cette année. Pour l’heure, les Indiens ont opté pour le MiG-29K afin d’équiper leurs nouveaux porte-avions, mais l’appareil russe semble présenter des capacités limitées du fait de son lancement via un tremplin, qui consomme beaucoup et fatigue les réacteurs. La solution Rafale pourrait donc se révéler à terme intéressante pour l’aéronautique navale indienne.

 

 

L’inde mais aussi le Brésil

 

 

En dehors de l’Inde, la France est également très intéressée par le projet des nouveaux porte-avions que souhaite construire le Brésil. Ce pays entend, en effet, accroître sa puissance géopolitique et protéger ses intérêts stratégiques qui sont en grande partie maritimes. Alors que l’unique porte-avions brésilien, le Sao Paulo (ex-Foch de la Marine nationale mis en service en 1963 et racheté à la France en 2000) arrive en bout de course, les Français seraient prêts à nouer une coopération majeure avec le Brésil pour lui permettre de disposer de bâtiments de nouvelle génération. Et, là encore, se pose la question de l’aviation. Car, si Brasilia a finalement opté pour le Gripen afin de renouveler les moyens de ses forces aériennes, le chasseur-bombardier suédois n’existe pas en version navalisée. Même si Saab a dévoilé en 2010 un modèle de ce type, le Sea Gripen, il n’existe qu’à l’état d’image et l’avion n’a de toute façon pas été conçu pour cette application, qui nécessite une structure spécifique renforcée pour supporter les contraintes de l’appontage. Dans le cadre de la succession future des Skyhawk de l’aéronavale brésilienne, le Rafale peut donc avoir encore une chance, étant avec le F/A-18 américain le seul candidat véritablement sérieux pour renouveler la chasse embarquée de la marine brésilienne.

 

 

FREMM, BRAVE et RXX (© : DCNS)

FREMM, BRAVE et RXX (© : DCNS)

 

 

Sous-marins, frégates, corvettes et autres patrouilleurs…

 

 

La maquette du « RXX » n’est bien entendu pas la seule à être exposée sur le stand de DCNS à Defexpo. Le groupe naval français présente, comme dans tous les grands salons internationaux, ses différents produits, à commencer par sa gamme de sous-marins et de bâtiments de projection et de commandement (BPC), la frégate multi-missions (FREMM) et ses différentes variantes, les corvettes et patrouilleurs de la famille Gowind ou encore le bâtiment logistique Brave. Sans oublier les services, du maintien en condition opérationnelle à l’assistante à la conception et la réalisation de bases et chantiers navals.

Pour DCNS, l’Inde est en tous cas un marché très important puisque le groupe est impliqué dans plusieurs programmes, notamment celui des six sous-marins conventionnels du type Scorpène réalisés en transfert de technologie aux chantiers Mazagon Docks, près de Bombay. Alors que l’industriel français est en compétition pour une nouvelle série de six sous-marins, il livre également les berceaux réducteurs des nouvelles corvettes indiennes de la classe Kamorta (type P28). 

 

 

Sous-marin du type Scorpène (© : DCNS)

Sous-marin du type Scorpène (© : DCNS)

Naval Group (ex-DCNS)