Marine Marchande
Inquiétude sur l’avenir de la délégation de service public des îles morbihannaises

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Inquiétude sur l’avenir de la délégation de service public des îles morbihannaises

Marine Marchande
 
Moins de bateaux pour Groix, Belle-Ile, Houat et Hoedic ? C’est ce que craint le syndicat Bretagne-Océans CFDT, qui redoute les modalités du nouveau contrat de délégation de service public de desserte des quatre îles. Le Conseil général du Morbihan, propriétaire des navires ( Melvan, Enez Edig, Dravanteg pour les liaisons Quiberon- Houat/Hoedic ; Bangor, Vindilis et Kerdonis pour Quiberon-Belle-Ile ; Ile de Groix et Saint-Tudy pour Lorient-Groix), doit attribuer, à la fin de l’année, le contrat de DSP pour la période 2015-2021. Le cahier des charges et les consultations locales sont actuellement en cours. Et elles commencent à devenir houleuses, notamment entre les élus iliens et le Département.
 
 
Un important déficit sur la ligne depuis 2008
 
 
Le délégataire actuel est la Compagnie Océane, filiale de Veolia devenu Transdev, qui gère les lignes depuis le 1er janvier 2008. Elle a succédé à la Morbihannaise de Navigation. Et depuis, selon Claude Huchet, secrétaire général du syndicat, les lignes sont en grave déficit. D'Après les chiffres observés fin 2008 (et expertisés par un commissaire aux comptes à la demande des organisations syndicales) le déficit annoncé pour le contrat de DSP par la Compagnie Océane s’élevait à près de 2.8 millions d’euros. Là, où, toujours selon les syndicats, la Morbihannaise affichait, en 2007, un résultat net de 2 millions d’euros pour le contrat précédent. Que s’est-il passé ? « En 2008, Veolia était dans une politique de conquête des marchés publics de transport. Ils ont donc proposé une offre qui cassait les prix, en offrant notamment au Conseil général de baisser sa subvention annuelle de 1 million à 450.000 euros. A l’époque, la Compagnie Océane expliquait vouloir pratiquer d’importants efforts commerciaux pour faire progresser la fréquentation des touristes », affirme Claude Huchet, secrétaire général de CFDT Bretagne Oceans. Force est de constater que cela fut loin d’être le cas. Les chiffres 2012 font état d’un recul de 45.000 passagers et d’une perte nette de 1.2 million d’euros. 2011 avait déjà vu une perte de 600.000 euros. « Nous avons alerté le Conseil général à plusieurs reprises. Il nous paraît évident que la Compagnie Océane avait sous-estimé les frais d’exploitation ainsi que les frais d’entretien des navires ». Là où, auparavant, le délégataire n’était en charge de l’entretien courant des navires, Veolia a rajouté, à sa charge, le coût des gros travaux et arrêts techniques, un poste budgétaire important sur une flotte pour partie vieillissante. La construction d’un nouveau navire, évoquée de longue date, n’a d'ailleurs toujours pas été annoncée, la commande étant espérée en fin d'année.
 
 
Moins de rotations ?
 
 
La subvention du Département, elle, n’a pas augmenté et en cette période de disette pour les finances publiques, il serait sans doute optimiste de voir ce budget revu à la hausse dans la prochaine enveloppe consacrée à la DSP. D’où la crainte, anticipée, des syndicats de voir le service public de desserte des îles pâtir d'un éventuel tour de vis. Les réunions entre les représentants du Conseil général et les maires des quatre îles concernées se sont tenues récemment dans une atmosphère tendue. Pour conserver une enveloppe de subvention réduite et remettre les comptes à l’équilibre – condition qui sera posée au prochain délégataire - , il ne pourra, à l’évidence, y avoir énormément de solutions. Et la première est la réduction du nombre de rotations, notamment hors saison. « Ce qui risque de pénaliser les îliens, qui sont les premiers utilisateurs des lignes ». Le Conseil général du Morbihan devrait communiquer prochainement des éléments de réponse sur cette question.
 
Compagnie Océane