Marine Marchande
Inquiétudes des navigants CFDT de l'armement des Phares et Balises

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Inquiétudes des navigants CFDT de l'armement des Phares et Balises

Marine Marchande

L'armement des Phares et Balises va devoir changer de format dans les années à venir. C'est en tout cas la volonté de la direction des Affaires maritimes qui a demandé une réflexion sur la diminution et la restructuration de l'APB, suite à un rapport publié par le Conseil Général de l'Environnement et du Développement Durable en mars 2018. Pour mémoire, l'APB arme actuellement 36 navires (baliseurs, vedettes et bateaux de travaux) basés tout le long du littoral et emploie 260 marins. 

Suite à cette demande des Affaires maritimes, autorité de tutelle de l'APB, des études ont été menées sur le terrain pour évaluer les besoins et les évolutions possibles. Celles-ci ont débouché sur des propositions qui devraient être présentées incessamment sous peu à Paris. Mais les syndicats CFDT marins et officiers ne cachent pas leur inquiétude. « Nous avons l'impression que, dans cette réforme, la direction des Affaires maritimes ne prend pas bien le problème humain en compte. Nous savons qu'il faut évoluer, ce n'est pas la première fois dans l'histoire de notre armement, mais, là, c'est un très gros changement qui nous attend et on ne voit pas encore l'ombre de négociations », souligne Vincent Corfdir, représentant des personnels d'exécution. Dans les scénarios actuellement envisagés, ce serait une réduction de flotte de 7 à 9 bateaux et de 20 à 25% de marins qui se profilerait. Certains bateaux pourraient être retirés du service, d'autres remplacés. « Celà a des conséquences. Prenez par exemple le cas de Morlaix. Si l'on supprime le bateau, cela signifiera que tous les marins vont sans doute devoir aller travailler tous les jours à Brest, ce qui veut dire 120 kilomètres de trajet pour ceux qui ne peuvent pas déménager. Il faut se rappeler que ces marins ont signé un contrat de navigation côtière, pas de cabotage et qu'on leur avait donc recommandé de s'installer à proximité du port d'attache. Et puis il y a les perspectives de carrières, moins de bateaux, cela veut dire moins de possibilités d'évolution dans les postes. Et celà, ça soucie vraiment nos jeunes collègues aussi », poursuit le délégué syndical.

Pour l'instant, seuls les scénarios de rationalisation proposés par l'APB sont connus. « Et ceux-là sont réalistes, basés sur des données recueillies sur le terrain », détaille Christophe Roger, le représentant officier. Il craint que d'autres plans puissent être mis en place,  « basé sur un logiciel de gestion qui ne prendrait pas en compte la réalité maritime. Jamais on ne peut imaginer 350 jours de beau temps par an et faire un plan de gestion basé là-dessus ». 

Alors en attendant les réunions qui doivent se tenir dans les jours à venir, les représentants CFDT ont alerté de nombreux élus locaux et le ministère de l'Ecologie, autorité de tutelle de la direction des Affaires maritimes. « Il faut vraiment que cette réforme prenne en compte le problème humain et ses conséquences sur nos navigants ».

Voir notre article détaillé sur le plan d'optimisation de la flotte de l'APB