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Installation à Paris du Centre opérationnel de la fonction garde-côte

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Jeudi dernier, le nouveau centre opérationnel de la fonction garde-côte a été officiellement installé par le ministre de l'Ecologie. Jean-Louis Borloo s'est rendu dans les locaux du CoFGC, situés à l'état-major de la marine, à Paris, afin de s'immerger dans ce nouvel outil et comprendre son fonctionnement. Issue du Grenelle de la Mer, la fonction garde-côte doit rendre plus efficiente l'action de l'Etat en mer. Le CoFGC est un élément fondamental de cette évolution. L'idée est simple: il s'agit de mieux coordonner les administrations qui agissent en mer. Elles vont mutualiser leurs informations et leurs moyens. Concrètement, les douanes, les affaires maritimes, la gendarmerie nationale, la sécurité civile, la police, la Marine, la gendarmerie maritime détachent des personnels qui vont travailler ensemble pour une action de l'État en mer, plus efficace. Derrière leurs écrans, douaniers, marins, gendarmes vont avoir l'oeil ensemble. L'objectif: observer tout ce qui se passe sur les mers du monde et analyser tout ce qui peut paraître suspect, repérer les trafics en tous genres, les risques aussi. «Chacun conserve son savoir-faire mais la réponse est unitaire», explique le Secrétaire général de la Mer, Jean-François Tallec.

«Observer tout»

Le CoFGC n'a pas vocation à se substituer à ce qui existe déjà: les Centre Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) sont toujours au coeur du dispositif de l'action de l'Etat en mer et les préfets maritimes, plus que jamais chargés de mettre les moyens en oeuvre en cas de pépins. «Observer tout, toujours, tout le temps sur la terre entière!»: Jean-Louis Borloo est emballé par ceux qu'il appelle «les garde-côtes à la française», ceux qui sont, selon lui, «les sentinelles mondiales des océans». Le ministre parle d'«une mutation profondément historique» car, selon lui, «la mer, c'est l'enjeu du XXIe siècle» et, ajoute-t-il, «l'un des eldorados de notre pays».
Centre à vocation interministérielle, le CoFGC est armé par une douzaine dépend directement des services du premier ministre. Ce centre n'a pas de vocation à conduire des opérations, mais doit contribuer à la tenue d'une situation maritime mondiale et au suivi de crises (ORSEC Maritime, lutte contre l'immigration illégale, lutte contre les pollutions...) Il constitue un outil permanent de présentation de la situation maritime d'intérêt national, d'information des autorités politiques et administratives, et d'analyse. Il participera également à l'animation des réseaux national, européen et international, tout en étant chargé d'alimenter les centres nationaux interministériels de gestion de crise (CIC Beauvau, CPCO du ministère de la défense ou centre de crises du ministère des affaires étrangères et européennes).

Efficience et économie des ressources

Actuellement, le dispositif français de l'Action de l'Etat en Mer repose sur la coordination des administrations disposant de compétences et de moyens en mer. Placée directement sous l'autorité du Premier ministre, elle est assurée par le Secrétariat général de la mer, et déclinée régionalement par les préfets maritimes et les délégués du gouvernement pour l'AEM. Même si le dispositif actuel a fait ses preuves à de multiples reprises, le contexte économique et les problématiques opérationnelles ont poussé l'Etat à vouloir rendre l'AEM plus efficiente. Dans cette perspective, la fonction garde-côtes doit permettre de renforcer la coopération interministérielle et inter-administration, pour en accroître l'efficacité. Elle s'intéresse à l'ensemble des domaines impactés par l'action étatique en mer : personnels, matériels, dispositifs législatifs et réglementaires, coopération internationale, ... « Fondée sur des critères d'efficience et d'économie des ressources, cette adaptation doit faciliter un pilotage plus performant d'une organisation qui a fait ses preuves sur le terrain. Elle constitue dans le même temps l'essentiel de la réponse française au développement de la politique maritime intégrée de l'Union européenne », explique le SGMer.

Catherine Magueur, Le Télégramme et Vincent Groizeleau, Mer et Marine.