Défense
Intempéries dans le Var : Le remarquable travail des armées

Actualité

Intempéries dans le Var : Le remarquable travail des armées

Défense

Armée de Terre, Marine nationale et Armée de l'Air ont réalisé un remarquable travail suite aux intempéries qui ont ravagé le Var la semaine dernière. Vendredi encore, par moins de 850 militaires étaient toujours mobilisés pour porter assistance aux populations sinistrées et travailler au nettoyage et au déblaiement des zones touchées. Mardi dernier, un phénomène météorologique d'une ampleur exceptionnelle a frappé le Var, provoquant de gigantesques inondations, notamment autour de Draguignan. Les trombes d'eau ont provoqué la mort de 26 personnes et fait des dégâts considérables. Le soir même, des familles entières se réfugiaient sur les toits de leurs maisons pour éviter la noyade. L'accès terrestre à ces zones étant très difficile, voire impossible, l'officier général de la zone de défense Sud (OGZD - Sud) a coordonné une importante opération aérienne pour porter secours aux habitants. Marine nationale, armée de Terre, armée de l'Air, Gendarmerie, Sécurité civile, Douane... Pas moins de 11 hélicoptères militaires (7 marine, 3 AT et 1 AA) ont été mobilisés, permettant de sauver 400 personnes, notamment par hélitreuillage ou en stationnaire au ras des toitures. Entre les nombreux hélicoptères engagés, il a fallu une coordination très précise, les plans de vol n'étant pas déterminés à l'avance puisque les chefs de bord décidaient d'intervenir en fonction des appels à l'aide qu'ils repéraient. Malgré la difficulté de l'opération, tout s'est dans l'ensemble parfaitement déroulé.

 (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

Puma de l'ALAT (© : MARINE NATIONALE)
Puma de l'ALAT (© : MARINE NATIONALE)

L'équipage d'un Puma de l'école d'application de l'avion légère de l'armée de terre (ALAT) du Luc en Provence s'est particulièrement distingué. L'appareil fut, en effet, le seul à intervenir dans la nuit de mardi à mercredi, malgré des conditions particulièrement difficiles. « Ce Puma a fait des vols de nuit dans des conditions extrêmement périlleuses mais il fallait le faire, car il y avait des vies à sauver », explique-t-on à l'état-major de l'OGZD - Sud. Proche de la zone sinistrée, la base d'aéronautique navale de Hyères a, également, été très sollicitée. Ainsi, les flottilles 31F, 35F, 36F et 22S ont engagé un Lynx, deux Panther, deux Dauphin Pedro et deux Alouette III pour effectuer des missions de sauvetage et de reconnaissance. En tout, ces machines ont réalisé 37.5 heures de vol, permettant de secourir 268 personnes, ainsi que 13 chiens. Le sauvetage des canidés peut paraître anecdotique mais, pour les naufragés des intempéries, il était de la plus haute importance. « Pour une petite mamie, sauver son chien c'est lui sauver doublement la vie. Même les très jeunes sont extrêmement attachés à leur animal de compagnie, qu'ils ne conçoivent pas de laisser derrière eux », explique un militaire. Dans un décor apocalyptique, des discussions complètement improbables se sont donc engagées entre un hélicoptère de la marine et des sinistrés refusant d'embarquer sans leur chien. Surréaliste dans le contexte d'urgence du moment, la demande a été acceptée par le pilote, qui a ramené tout le monde sain et sauf. « Les équipages sont vraiment très fiers d'avoir accompli cette mission Il y a eu une véritable mobilisation pour secourir et prendre en charge les rescapés, dont certains étaient dans une situation de grande détresse face au choc de voir leur maison submergée ou de ne pas avoir de nouvelle d'un proche », explique-t-on à l'armée de Terre et à la marine.

 (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

 (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

A terre, l'école d'application de l'artillerie (EAA) à Draguignan a été choisie pour l'installation des postes de commandement avancés de la préfecture et du SDIS (Service départemental d'incendie et de secours). Un centre d'hébergement d'urgence équipé par le 21ème régiment d'infanterie de marine (200 lits picots, eau et nourriture) y a également été ouvert. L'EAA a, également, mobilisé 8 camions de transport pour ravitailler en eau et en nourriture les villages aux alentours de Draguignan. Ainsi, vendredi matin, pas moins de 150.000 bouteilles d'eau avaient été distribuées. Dans le même temps, les moyens du 1er régiment de chasseurs d'Afrique et du 2ème régiment étranger du génie étaient mobilisés pour participer aux opérations de déblaiement. Une quinzaine de véhicules (tracto-pelles et camions bennes) travaillaient au déblaiement des axes routiers afin de rétablir la circulation sur les itinéraires, permettant ainsi l'acheminement des secours et les évacuations de population. Ainsi, vendredi, pas moins de 850 hommes étaient sur le terrain.

Hélicoptère de la gendarmerie (© : MARINE NATIONALE)
Hélicoptère de la gendarmerie (© : MARINE NATIONALE)

Les gendarmes étaient aussi sur le pont. Mobilisés dès le 15 juin à 19 heures et jusqu'au lendemain 17 heures, heure à laquelle la dernière personne en difficulté a été évacuée, les hélicoptères du Groupe des Formations Aériennes de la Gendarmerie (GFAG) Sud, renforcés par un hélicoptère du Groupe Instruction Sécurité des Vols (GISV) déplacé à Briançon, ont oeuvré pour assister par hélitreuillage ou appui patin 631 personnes sinistrées. En tout, 6 machines (3 EC-145, 2 Ecureuils et un EC-135) ont été engagées. « L'événement, dramatique sur le plan humain et matériel, a cependant confirmé après la tempête Xynthia la capacité de reconfiguration des hélicoptères de la gendarmerie qui ont apporté une aide déterminante aux autorités dans la phase initiale de secours à personne. Par ailleurs, la coordination régionale des moyens réalisée entre le commandant du GFAG Sud et son homologue de la sécurité civile a permis d'associer efficience dans l'action et sécurité des vols dans un espace pourtant confiné », souligne la Gendarmerie nationale.

Atlantique 2 (© : MARINE NATIONALE)
Atlantique 2 (© : MARINE NATIONALE)

Le BSAD Ailette (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le BSAD Ailette (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Côté marine, en déhors des hélicoptères, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 a réalisé un vol au dessus de la zone, vendredi après-midi, afin de réaliser une cartographie. Cette mission avait pour but de fournir aux autorités civiles les éléments nécessaires à la ré-articulation du dispositif en fonction de l'évolution de la situation. Dans le même temps, le bâtiment de soutien, d'assistance et de dépollution (BSAD) Ailette était en mer, traquant les débris flottant en surface. Le navire a, notamment, récupéré plusieurs bouteilles de gaz, et même une cabane de jardin. Pour les objets trop volumineux ou irrécupérables, comme des caravanes, la position était indiquée au CROSS, qui diffusait aussitôt un avis aux navigateurs pour éviter toute collision.
Enfin, si cet article se focalise sur les moyens militaires mis en oeuvre, il convient de saluer la mobilisation de centaines de pompiers, de membres de la Sécurité civile, de gendarmes, de médecins et d'infirmière, sans oublier les équipes techniques chargées dans l'urgence de remettre en état les réseaux électrique, de téléphone ou d'eau potable. Eux, aussi, ont accompli un incroyable travail.

 (© : EMA)
(© : EMA)

 (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

 (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

Aéronavale Marine nationale