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Interpol se lance dans la lutte contre la pêche illicite

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Interpol se lance dans la lutte contre la pêche illicite

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Il s’appelle le Snake. Ou du moins, c’est comme cela qu’il s’appelait en juin dernier quand on l’a aperçu au large de Singapour. Il bat pavillon libyen après avoir été immatriculé en Mongolie, en Guinée Equatoriale, en Corée du Nord, au Honduras et au Togo. Il a changé 11 fois de nom et 9 fois de pavillon depuis 2003. Le Snake est un bateau de pêche de 70 mètres de long, construit au Japon en 1987 et équipé de filets maillants. Et tout porte à croire qu’il pratique une pêche illicite. Il est désormais dans le viseur d’Interpol, l’organisation internationale de coopération policière regroupant 190 états.

 

 

Un as de la dissmulation

 

 

Une grande première pour Interpol qui n’a encore jamais mobilisé son réseau pour des questions de pêche illicite. L’organisation a été saisie en juin dernier par l’administration des pêches norvégienne. Cette dernière, à l’instar de nombreuses administrations maritimes, surveille les activités de pêche dite INN, illicite, non déclarée et non règlementée. Elle a repéré le Snake depuis quelque temps. Elle le soupçonne de changer régulièrement de nom pour éviter de se faire mettre sur les listes noires des organisations régionales de gestion des pêcheries. La CCAMR (commission pour la conservation des ressources marines en Antarctique) l’a identifié depuis 2004 et blacklisté. La SEAFO (organisation des pêcheries de l’Atlantique du Sud Est) a fait de même en 2007.

Le Snake n’a pas de port d’attache, on ne sait pas à qui il appartient. Il change régulièrement d’aspect et de couleur de coque. Il aurait même usurpé le numéro MMSI (Maritime Mobile Service Identity – numéro d’identification des navires) d’un chimiquier pour ne pas se faire repérer. On le soupçonne actuellement de « partager » son numéro OMI et son indicatif avec deux autres navires, les Alfjar Almunir (IMO 8430586) et Al Nagm Al Sata (IMO 9036636).

 

 

Une photo relativement récente du Snake ( CCAMLR / INTERPOL)

Une photo relativement récente du Snake ( CCAMLR / INTERPOL)

 

 

 

Il pratiquerait activement la pêche à la légine depuis 10 ans. Une pêche particulièrement réglementée, notamment dans la zone économique exclusive française autour de Kerguelen où les quotas de pêche, pratiquée à la palangre, sont attribués par l’administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises. La zone est très surveillée, par satellite et par des patrouilles des frégates de surveillance de la Marine nationale.

 

 

Un « mandat pourpre » d’Interpol

 

 

Mais, pour l’instant, personne n’a réussi à l’arrêter. D’où, sans doute, l’initiative des Norvégiens qui inaugure peut être une nouvelle ère de coopération dans la lutte contre la pêche illicite. Interpol a lancé, dans cette affaire, un mandat pourpre. Celui-ci est diffusé à l’ensemble des services de police des états membres et vise à récolter des informations de toute nature sur l’objet du mandat.

« Les infractions en matière de pêche sont souvent pratiquées au niveau international et nous constatons que des réseaux criminels organisés en sont de plus en plus à l’origine. Il faut renforcer la coopération internationale pour combattre cette pêche illicite. C’est la raison pour laquelle la Norvège a décidé d’allouer des fonds à Interpol pour cette mission », a ainsi précisé Gerte Faremo, ministre norvégienne de la Justice.

 

 

Le même bateau avec une autre couleur de coque (CCAMLR / INTERPOL)

Le même bateau avec une autre couleur de coque (CCAMLR / INTERPOL)

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